I. Bûileau, dans le Lutrin, ch. Il
Où vas-tu, cher époux ? Est-ce que tu me fuis ? As-tu donc oublié tant de si douces nuits ^ Quoi ! d'un œil sans pitié vois-tu couler mes larmes? Au nom de nos baisers, jadis si pleins de charmes..., ' Diffère au moins d'un jour ce funeste départ.
« ne va pas, cruel à toi-même, cruel à « mon repos, me priver d'une triste « vie. Ne me donne pas la douleur de « t'entendre excommunier par les cara refours, de te voir saisi par les serres a cruelles d'un huissier homicide , « comme un faible ramier par les on- « gles acérés d'un rapide vautour.
« Prends pitié de mes larmes et des « longues années de mon amère èxis- « tence ! »
Un profond soupir interrompit ses plaintes, et sa voix s'arrêta, glacée par la douleur.
Cependant l'héroïque et intrépide Gonsalves, plein à la fois de courage et d'amour, console et ranime en ces mots sa timide compagne :
tt Douce amie, sèche tes douces « larmes ' répandues sans motifs , et
I . Il y a la même répétition dans le texte : Enxuga beîlo pranto,o bella sposa.
a qui ébranlent ma vertu '. Je ne vais (f point combattre un géant; je n'ai « point Tamerlan pour ennemi : je « vais faire mon devoir. Je n'ignore « pas à quoi je m'expose et ce que je « hasarde j mais que dirait le monde, « si Ton me voyait aujourd'hui éviter « le péril? Au reste, tu es la seule « cause de ma témérité. Pourrais-je « autrement, ma chère âme, acheter « pour toi jupe et mantelet, peigne, « éventail , rubans? Les temps sont M durs, et je ne dois pas dédaigner un a profit que nous offre un hasard heu - « reux et peu commun. Les censures, a le Prélat et sa baguette , sont de a vains épouvantails dont mon cœur