‹ Le Goupillon (o Hyssope)Chapitre 28 sur 36 · I . Voyez ta dernière note du quatrième chant · texte numérisé non relu

I . Voyez ta dernière note du quatrième chant

CHANT YI. 149

précédaient le carrosse , et ouvraient la marche lente et paresseuse. Dans les hauts clochers, les frères lais et les sœurs converses carillonnaient, selon • Tusage, des airs joyeux.

Cependant l'habile greffier se tenait à l'affût, semblable à un rusé chasseur qui, plein d'une joie cruelle, attend le gibier à l'entrée de la garenne. Il s'approche de la litière, et présente au Prélat , d'une façon respectueuse , un papier sur lequel l'appel incivil se lisait écrit en lettres grossoyées.

Le confiant évêque sourit en prenant ce papier rempli d'un mortel poison (ah ! qu'il est loin de le soupçonner!), et il donne au greffier sa saiAte bénédiction. Puis il déchire l'enveloppe, et il se met à lire en épelant et non sans effort. Mais à peine a-t-il compris le sens de l'écrit per-

fide, que tout son corps frissonne , et la requête téméraire échappe à ses tremblantes mains. Non ! si j'avais cent bouches et cent langues, et une voix de fer, je ne pourrais dire quel fut Texcès de sa rage ' . La Colère , rimpatience, POrgueil, la Vengeance, et dix autres Furies lentourent , Tagitent, le transportent. Son visage est enflammé, et, de ses yeux gonflés d'un sang noir, jaillissent des éclairs.

Il écume, il gémit, il crie, il grince des dents. L'infortuné qu'un chien furieux a mordu, quand le poison brûlant qui circule en ses veines pénètre jusqu'à son cœur et le dévore, éprouve un frisson moins affreux, une

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