‹ Le Goupillon (o Hyssope)Chapitre 36 sur 36 · Voyez l'Argument · texte numérisé non relu

Voyez l'Argument

<c trouvent un refuge contre la vîo- (c lence; les ministres de la Déesse a sont pleins de zèle pour son culte a et pour son sanctuaire ; ils suivent a attentivement les traces de l'illustre « monarque qui, donnant au sacer- « doce et au sceptre la part qui leur « est due, tient entre ces deux pouf.

« Yoirs les balances ^ales; et leur « prompte vigilance maintient les « justes droits de la juridiction royale.

« Un arrêt de ce tribunal révéré obli- « géra TÉvéque à .donner les raisons « de son injuste conduite. A ce coup « inattendu , le Prélat consterné sera « assez faible, assez vil (action bien « digne de cet indigne personnage I), c( assez faux, pour faire effacer du « registre les amendes imposées, pour « en nier Texistence. Au besoin, il « renierait Jésus -Christ lui-même.

« Plein d'effroi , il se désistera dç ses « droits, de son autorité prétendue, et « changera sa peau de loup contre « une peau d*agneau. »

Il dit, et le Doyen, que ce discours enchante, rend mille grâces aux Des- .tins , et mille au sorcier, mille encore à'Ja vieille qui lui a servi de guide.

Déjà l'Aurore, quittant à la hâte le lit glacé de l'infirme Tithon, s'était élancée sur son char orné de perles , et sa. main, armée d'un bouquet.de roses, animait la course de ses chevaux pies, qui , rongeant leur frein de diamant, lançaient par les yeux et par les naseaux des flammes dont les rayons tremblotants » éclairaient au loin Tho-

I . Tremulos raios. Vaï hasardé le mot tremblotants j d'après ces vers du fameux clair de lune de Lumière :

Du disque de Phébé la lumière argentée

En rayons tremblotants sous ces eaux répétée.

rizon réjoui, quand la gouvernante et le Doyen , laissant le fameux Abracadabro et sa caverne, reprirent la route du logis , pour s'y reposer des fatigues de cette longue nuit.

Il était midi, et la ville d'Elvas retentissait du son joyeux des cloches , quand le Doyen, que réveille le bruit, appelle ses valets et leur demande la cause de ce grand carillon. Le cuisinier, la larme à l'œil, lui conte que le Prélat avait gagné le grand procès quil avait avec Sa Seigneurie; qu'un courrier venait d'en apporter la nouvelle, et qu'il n'y avait pas dans toutes les églises d'Elvas une cloche, une clochette, une crécelle, qui ne carillonnât en signe d'allégresse.

Le fidèle serviteur, en achevant sa triste harangue, pousse un profond soupir Mais le Doyen, consolé par

l'image d'une vengeance future, reçoit sans émotion cette mauvaise nouvelle.

Nous donnerons, dans cette note finale , la bibliographie des œuvres du poète aussi complète qu'il a été possible de le faire; elle est extraite du grand ouvrage de M. Innocencio da Sylva.

Il paraît certain que Diniz ne fit imprimer, durant sa vie, que le morceau intitulé : Ode ao condt da Lippe, puis une autre ode qui portait au titre : A inauguraçao da statua équestre em 1775. On cite également, comme ayant été éditées de son vivant, plusieurs pièces de circonstance. Idylio pastor'il aos desposorios do S. éernardo de Mello e Castro em 1 77 ï , Di-

thyrâmbo em aplaaso ao Marquez de PomhaL Il eut, pour ce dernier Dithyrambe, un collaborateur; ce fut, en 1774, Theotonio Gomez de Carvalho. Il faut dire cependant que, du vivant du poète, nombre de poésies eurent une demipublicité; peut-être même, à l'insu de Pauteur, elles circulaient de main en main, manuscrites, et cela durant plusieurs années. Diniz put prévoir, sans doute, ce que serait un jour sa répu> tation, mais il n'en put jouir. Ses premières poésies ne parurent qu'au XI X^ siècle, sous ce titre : Poesias de Antonio Diniz daCruzee Sylva, va Arcadia de Lisboa^ Elpino Nonacriense, tome I^r^ Lisboa, na typographia Lacerdina, 1807, in-8, de 347 p. Ce premier volume contient trois centuries de sonnets suivis de notes et de variantes.

Le tome II, imprimé seulement en 181 1, in-8, et renfermant XXXVII 1-3 2 2 pages, contient les églogues et les idylles. Ces poésies charmantes sont précédées d'une dissertation lue dans une séance de l'Académie arcadienne.

L'auteur y examine quel est le style le plus convenable à adopter pour ce genre de composition.

Le tome III, qui porte la date de 1812 et

se compose de 3 1 6 pages, renferme les poésies lyriques, c'est-à-dire les dithyrambes, les odes anacréontiques ou imitées d'Horace, lesépithalames et ces divers morceaux particuliers à la littérature portugaise, qu'on désigne sous le titre de Çançôes.

Le tome IV, publié en 18 14, a 396 pages; il comprend quelques sonnets omis dans le tome l^^, des épigrammes, des apologues, des élégies, des métamorphoses (ce qui n'est point la portion la moins originale du volume), puis une comédie intitulée : falso heroismo. Ce même tome renferme (ce qui paraîtra assez bizarre aux lecteurs français) la traduction de \*Iphigéme de Latouche, dont bien peu de gens se souviennent parmi nous.

Le tome V fut publié en 181 5 seulement, à l'imprimerie impériale de Lisbonne, qui, depuis, s'est élevée à un degré de perfection qu'on était bien loin d'avoir atteint à cette époque ; il a XXiii-309 pages. On trouve là réunies les 16 odes pindariques. Les dernières, celles que n'a pu contenir ce volume, remplissent le tome VL Ces morceaux, presque tous remarquables,- vont du chiffre 17 au chiffre 44.

Cette édition, aujourd'hui^ complètement

épuisécy fut publiée sous la direction de Francisco-Manuel Trigoso, Tun des membres les plus méritants de l'Académie des sciences de Lisbonne, qui Ta enrichie de préfaces, d'observations et de notes philologiques dont chaque volume est accompagné, à l'exception des tomes V et VI, qui reçurent des adjonctions du poète lui-même. L'édition entière a été faite aux frais du libraire Manuel Pedro de Lacerda.

Dans la Bihliothua lusitana escoïldda (bibliothèque choisie des auteurs portugais) que dirigeait Salgado , on ne trouve indiqués que trois volumes des poésies de Diniz. Cela vient sans doute de ce que Salgado ignorait l'existence des tomes IV, V et VI publiés après 1812. Le point de bibliographie qu'on soulève ici demeure, du reste, fort obscur.

Les odes pindariques posthumes d'Elpino Nonacnense (qui n'était autre que Diniz, on le sait) furent publiées à Coîmbre, dès l'année 1801, à rimprimerie de l'Université, en un vol. in-i6 de 258 p., puis réimprimées sous ce titre nouveau : Odes pindaricas de Antonio Diniz da Cruz e Sylva^ chamado entre os pastores de Arcadia portugueza Elpino Nonacriense. Lon-

dres, imp. de T.-C. Hansard, 1820, gr, in-ia de vi-224 pages.

Ces deux éditions des. odes diffèrent peu entre elles ; la seconde se recommande par la netteté de l'impression ; elles sont néanmoins toutes deux incomplètes» puisqu'elles renferment à peine 34 odes, au lieu de 44 qui se trouvent dans l'édition donnée par Trigoso.

En les comparant entre elles, on voit que dans la dernière on a fait des additions aux odes 1 , 12, 15, 19, 27, 40, 41, 43 et 44. Toutefois la leçon des odes dans les éditions de Coîmbre et de Londres est, en général, préférable à celle qu'on a adoptée dans celle de Lisbonne ; parce que l'éditeur de cette dernière, nonobstant son érudition vantée, n'a pas été toujours heureux dans l'examen des variantes et a choisi parfois les moins bonnes.

hyssope, poema heroycomico [cm oito cantos), Londres, 1802, in-8. Cette édition, faite en réalité à Paris, et qui fut la première de ce poëme célèbre, ne mérite aujourd'hui aucune estime si on la compare à celles qui lui ont succédé. •

Nova ediçao , corn variantes^ prefacio e notas. Paris, imprimerie de Bobée, 1817, in- 12 de

XXIV- 1 37 pages. Bien que supérieure en tout à la précédente, elle le cède néanmoins à la suivante.

Nova ediçào, revista, correcta e ampUada de notaSj Paris, imp. de Rougeron, i82i,in-i2 de XXX- 198 pages. Une gravure (nous ne partageons pas ici PappréciatioiT artistique du savant bibliographe) accompagne cette édition comme les deux précédentes. Les deux réimpressions que nous signalons ici ont été dirigées par Timothée Lecussan Verdier, qui en a fourni le prologue et les notes.

Nous avons connu personnellement ce philologue spirituel, si passionné pour la littérature portugaise. C'est lui, on le peut affirmer, qui a popularisé Tœuvre d'Antonio Diniz ; nous nous arrêterons un moment aux détails qui se rattachent à son intelligente coopération; il avait tous les droits possibles à entreprendre un pareil travail, qui fut pour lui la plus innocente des distractions.

Lecussan Verdier était, comme son nom l'indique, d'origine française; il avait fait une étude approfondie de la la^ue de Camoëns, et il était si bien apprécié, sous ce rapport, par ses contemporains, qu'il dirigea, en grande partie,

iÉL

l'impression de la magnifique édition des Lusiades donnée par M. de Souza. Ce fut également à ses soins persévérants qu'on dut la belle réimpression publiée chez Didoten 1847. Cet excellent travail, préférable à celui qui l'avait précédé, porte le titre suivant : Os Lusiadas poema epico de Luiz de Camôes nova ediçao correcta, c dada a laz, conforme a ^^ 1 8 1 7, i/1-4, por dom Jozé de Souza- Botelhé morgado de Matteus, socio da Academia Real das sciencias de Lisboa, in-8. A cette époque, les judicieuses corrections proposées par Mablin n'avaient pas encore paru, et Ton doit dire, sans qu'on puisse être taxé d'exagération, que cette édition in-8, encore recherchée, fut préférable à toutes les autres. Celle de M. Francisco Freire de Carvalho, donnée en 1843, ne brille pçint par le luxe de la typographie, mais elle a effacé, par les notes critiques dont elle est accompagnée, celles qui ont été publiées antérieurement, et, selon toute probabilité, elle sera effacée à son tour par la splendide édition du vicomte de Juromenha, en voie d'impression aujourd'hui.

Pour compléter nos indications bibliographiques sur le texilfcoriginal du Goupillon , il ne nous reste plus qu'à indiquer l'édition donnée

2l6 NOTE BIBLIOGRAPHIQUE.

par M. Fonseca, en 1834, chez J.-P. Aillaud.

Elle se trouve dans le petit volume in-p publié sous ce titre : Satyricos PortuguezeSy collecclo seUcta de pocmas illustrada corn notas. Sous la même date, on en trouve une détestable de Nunes'Esteves. Le savant Innocencio dâ Sylva promet une nouvelFe édition de VHyssopCj et ce sera certainement la meilleure

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