X NOTICE SUR ANTONIO DINIZ
lées, les recherches sur le poète ont été nombreuses, la tâche qui nous est échue est devenue facile. En détachant de nos études sur la littérature portugaise ce court fragment, nous n'avons qu'un seul regret»
c^est que le spirituel académicien ait été privé des sources auxquelles nous avons puisé. Les lacunes ne sont point toutes remplies, mais déjà Diniz n'est plus complètement inconnu.
DU TRADUCTEUR
Les Portugais instruits regardent Dîniz comme un excellent poëte; il est même, de Tavis de quelques-uns, le plus grand poëte du siècle dernier; tous s'accordent à dire que le Goupillon est un chef-d'œuvre, dans le genre héroï-comique.
Il m'a semblé qu'une traduction de ce poëme pouvait offrir
de rintérêt, surtout en France, où la langue portugaise n'est point cultivée, et où le Camoëns seul a, jusqu'ici, fait quelque fortune.
Déjà, dans le Mercure étranger de i8i3, feu M. Sané avait donné une notice sur Tauteur et sur Touvrage, et fait du premier chant une traduction abrégée. Mais ce morceau, enseveli dans un journal assez peu répandu, ne put exciter beaucoup la curiosité publique, et ne procura, parmi nous, au nom de Diniz et à ses vers aucune celébrité. J'espère que ma traduc-
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tion servira un peu mieux sa réputation. Elle va le montrer, ilestvrai, dépouillé du charmede la versification et de cette mélodie d'une des plus belles langues méridionales par qui sont cachés, dans l'original, et, pour ainsi dire, voilés, quelques graves défauts; mais pourtant, si je ne m'abuse, on y pourra retrouver encore Tinvention, la verve, l'imagination, qui sont les vraies marques auxquelles un poëte se fait toujours reconnaître.
Le goupillon de Téglise d'Elvas a été, comme le pupitre de
la Sainte r Chapelle de Paris, Toccasion d'une grave querelle, et le poëme de Diniz rappellera parfois au lecteur le Lutrin de Boileau. Il était difficile que la conformité d^s sujets n'amenât pas quelques détails pareils; mais ces traits de ressemblance sont rares, et il y aurait de Tin- . justice à refuser au poëte portugais le mérite de Toriginalité.
Ces ridicules et graves, débats entre des hommes sacrés. ont été plus communs qu'on ne le pense, et plus d'un procès fort scandaleux a dû naissance à des questions de préséance , à des
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coups d'encensoir exigés et refusés, à d'autres semblables bagatelles. Les bibliothèques sont encombrées de paperasses qu'ont fait naître les vives et longues disputes des doyens et chanoines de Sens^ de Reims ^
. d'Angers, de Rouen,' d'Alais, contre leurs archevêques , évoques ou promoteurs, et les prétentions de certains moines con-*
. tre les archevêques de Paris et de Tours. Il serait fastidieux d entrer ici dans de plus longs détails, et je n'ai d'ailleurs point envie de tirer ces absurdes disputes de Toubli qu'elles méritent. Je rie puis toutefois m'em-
pêcher de rappeler en quelques mots la prétention plus qu'étrange d'un M. de Cl. T. qui était, à la fin de ravant-demier siècle, évêque de Noyon. Ce prélat, le plus vain des homnaes^ et de qui Ton connaît cent traits d'un orgueil ridicule*, exigea qu'un chanoine lui portât la queue aux processions et dans les autres cérémonies. Le chapitre, justement offensé, plaida au Parlement, et l'on cite encore le début de l'avocat Fourcroy, parlant pour les chanoines :
1. Voyez l'Apologie de François de Cl. T., dans le tome II des Eloges de d'AUmberi; les Opuscules de Fréron, tome II, page 92 ; etc.
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« Messieurs, la queue de M. de « Noyon est une comète dont « la maligne influence va se ré- « pandre sur toute TÉglise galli- « cane^ si la Cour n'y apporte « un prompt remède »