‹ Le Goupillon (o Hyssope)Chapitre 7 sur 36 · Voyez Curso eUmentarde Utteratura naciçnal · texte numérisé non relu

Voyez Curso eUmentarde Utteratura naciçnal

liv NOTICE BIOGRAPHIQUE

ma modeste opinion y. PHyssope est le plus beau fleuron de la couronne poétique d'Antonio Diniz, et^ mieux encore que ses odes pindariques^ ce poème peut désormais transmettre son nom à la postérité. En suivant les traces de Boileau , il a surpassé son maître 1 »

M. Rebello da Sylva enfin, dont le ju-* gement est d'une si grande autorité dans son paysi et qu'on sait apprécier en France, non-seulement partage l'opinion des deux écrivains cités tout à l'heure, mais il établit la part glorieuse qui échoit à Diniz dans la littérature du dix-huitième siècle, par une remarquable série d'articles consacrés à notre poète, où il se montre critique plein de goût. Là encore c'est VHys-

pelû contgo doutor Joaquim Caetano Fernandes PinhtîrOy professer de rhetorica^ poetica e litteratura nacional no impérial collegio de Pedro //. Rio de Janeiro, 1862, in-8, p. 376.

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sof€ qui l'emporte sur les odes et les autres poèmes (i).

. Nous pourrions aisément grossir cette liste et multiplier les citations laudatives; mais disons franchement que nous n'a<^ mettons pas celles qui accordent à Diniz la supériorité sur Boileau. Cette série d'apologies, hâtons-nous de le dire, reste muette sur la vie intime du poète et sur les faits importants de sa biographie. En 1*28, époque à laquelle le Goupillon parut pour la première fois en français, on ne possédait absolument rien sur l'œuvre de Diniz, et l'on n'avait aucun des jugements critiques, si nombreux aujourd'hui, qui lui assignent un rang si éminent dans la littérature portugaise (2).-

1. Voyez Panorama^ jornal litterario, i86î, tome XII et tome XIII, publiés en 1866.

2. Bien peu de gens savent aujourd'hui que c'est au savant prodigieusement modeste auquel on attribue avec raison une' collaboration soigneuse à la

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Les études que nous venons de signaler ici justifient, on ne saurait le nier, le choix que fit, il y a quarante ans, lé docte Boissonadé, lorsque, dans une de ses heures dérobées à de graves travaux, il demanda

splendite édition de Camoens imprimée en 1817. chez les Didot, qu'on doit aussi les premières impressions de PHyssope, Comme son nom n'a été introduit jusqu'à ce jour dans aucune biographie accréditée, nous ne terminerons pas cette notice sans lui consaaer quelques mots. Timothée Lecussan Verdier était né à Lisbonne en 17 H- (Nous adoptons sans hésitation la date fournie par M. Inocencio da Silva.) Son père était Français, sa mère était Portugaise. Il fit de brillantes études, et sa science profonde dans les littératures grecque et latine ne l'empêcha pas de se distinguer par des écrits perdus pour nous aujourd'hui, mais empreints d'une véritable originalité. Ami du poète portugais célébré par Lamartine, il partageait ses opinions littéraires; comme lui il fut exilé, comme lui aussi il passa la meilleure partie de sa vie en France; mais, moins mal partagé du sort sur un seul point, il alla mourir où il était né le 10 novembre de l'année 1831; il faisait tout pour rester inconnu, nul de ceux qui l'ont connu ne l'a oublié.

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aux idiomes modernes une distraction à ses' recherches presque exclusives sur Pantitjuité. Le docte helléniste, qui était aussi 4in homme d'infiniment d^esprit (les nombreux ieaeurs du Journal des Débats ne l'ont pas oublié) (i), fit alors passer dans notre langue, avec une rare fidélité, l'œuvre d'Antonio Diniz, et, bien que ce. petit volume ne portât pas le nom du spirituel académicien, la traduction dont on admire l'élégance fut acceptée avec empressement ; les journaux même s'en occupèrent beaucoup et se gardèrent bien de respecter toujours l'anonyme qu'avait gardé le traducteur (2). Ce n'était pas la première fois

I. Les articles littéraires de M. Boissonade ont été recaeillis après sa mort, et publiés par les soins de son fils et de M. F. Colincamp. Us forment deux .beaux volumes sous ce titre : Critique Uttir aire sous Upremier Empire. PàiiStDiditt, 1863.

2.. Nous indiquerons, entre autres articles dans lesquels ie voile est soulevé, ou peu s'en faut, celui

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'que le collaborateur au Thésaurus grec a linguœ et le savant éditeur des Anecdota grmca faisait trêve à d'immenses travaux philologiques et d'érudition pour s'occuper d'oeuvres purement littéraires dont l'étude était regardée par lui comme uû simple délassement. On l'avait déjà vu se livrer aux soins minutieux qu'exigeait une édition de Bertin (Paris, 1824) dont la parenté avec les anciens Tavait séduit ; c'était â lui qu'on devait encore l'excellente édition du Télénu^ue publiée par Lefebvre. Une foule d'autres écrits remarquables, mais qu'il serait oiseux d'énumérer ici, prouvent à quel degré le sentiment littéraire s'unissait chez le savant infatigable à l'amour des recherches les plus

que l'auteur des Templiers consacre au Goupillon dans le Journal des Savants, avec le sentiment de haute érudition que le digne Raynouard mettait à ses travaux. Voyez l'année 1828 de ce vaste recueil, pages 51 j à 524.

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ardues. Aussi a-t-on pu dire de Boissonade que si ses commentaires aux auteurs anciens formaient comme un enseignement perpétuel, le charme de ses autres écrits expliquait la faveur durable dont jouit toujours cet enseignement.

On Ta dit avant nous, le traducteur du Goupillon n'était resté étranger à aucune des littératures de PEurope, si peu connues il y a moins d'un demi-siècle. Nous Pavons entendu nous-même déplorer l'indifférence qu'on remarquait alors en France pour ce genre d'étude qu'il recommandait parfois à ses nombreux auditeurs avec une verve pleine de passion. Tout en admirant les vers de l'Hyssope et en faisant une traduction élégante, il regrettait vivement, et il l'a laissé deviner dans sa courte préface, qu'tme seule voix n'eût pas vengé Diniz de l'oubli absolu dans lequel on le laissait. Les voix endormies se sont réveil-

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