PARTIE RETROSPECTIVE
paternel et familier, si, après l'avoir nourrie, il ne
lui avait pas donné le lotus, — esclave du ciel, du
désert, de la mer et
des dieux, l'Egypte ^ ^
aurait eu la force
sans la grâce. Les
pyramides existeraient
mais on n'y découvn
rait pas de précieux
scarabées et de rares
parures.
Par bonheur, 1 E gypte hiératique s'humanisa sous la caresse du fleuve bienfaisant Elle goûta le parfum de la fleur de ses eaux et dans les cortèges des Pharaons glorieux, le
peuple en marche sut tempérer la rigidité des attitudes, la pesanteur du nombre, par la douceur du rythme.
A l'intérieur des temples et des palais grandioses et froids, il y eut des meubles et des bijoux délicats.
Dans ces meubles et ces bijoux, il faut chercher ce
Siège et tabouret; Egypte-
que fut rÉgypte intime, celle qui nous attire et nous retient.
Nous y trouvons d'abord nettement affirmée cette influence de l'ambiance qui est dans tout et toujours, car rindépendance et l'initiative de l'homme sont des chimères, filles de son orgueil. Nous sommes rigoureusement esclaves de notre temps, de notre climat. Nos productions ne sont que des suggestions. L'homme s'agite et Dieu le mène, dit le sage. Les méchants disent aussi: l'homme s'agite et la femme le mène. Cela s'entend des petites choses, non des grandes, quoique parfois... Mais cela nous entraînerait trop loin. Retenons seulement ce principe affirmé et démontré tant de fois par Taine dans la Philosophie de l'art : l'influence du cadre, des circonstances environnantes, est sur nous souveraine; ce qui, à tout prendre, corrobore indirectement, mais avec éloquence, cette pensée de Pascal, « que rien n'arrive sans raison et que le hasard est la résultante de causes qui nous sont inconnues. »
Cette influence déterminante du milieu nous la retrouverons sur les rives de l'Euphrate, comme au pied de l'Hymette, aussi bien que sur les flancs du Vésuve. Je la signale une dernière fois; nous n'y reviendrons plus.
Par l'effet de cette influence, le mobilier égyptien