RIDEAUX ET DRAPERIES
Tout est permis dans le drapé d'une fenêtre, si Toriginalité se joint au bon goût.
La draperie à Titalienne permet de tirer parti d'une seule paire de rideaux quand on a deux fenêtres à garnir.
Une bande de 30 centimètres de tapisserie ou en tissu façonné s'harmonisant avec les rideaux, forme bandeau en haut et tombe droite, à gauche. Le rideau fixé sous ce lambrequin se relève de biais par une longue embrasse, qui va de l'angle droit à la partie supérieure de la fenêtre.
Le drapé se complique à volonté, suivant les goûts personnels. Voici deux modèles fort élégants :
I. Cette draperie se fait avec du granité de soie ou de laine, ou du damas Renaissance. Une cordelière très longue, fixée à l'extrémité supérieure de la fenêtre, relève une première fois le rideau large; deux autres cordelières servent d'embrasses. Un volant à tête cache la galerie de la fenêtre. Dans chaque pli, un cornet de grosse toile très raide.
II. Grand rideau drapé deux fois. Un rideau plus étroit, pas drapé du tout, retombe droit, quelque peu relevé" en haut et laissant voir la doublure.
Les cordelières seules. En haut, draperie sous laquelle
on fhe d'un côté un pan plissé, de l'autre un écusson tranchant sur le rideau.
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\"ou3 plalt-îl de confectionner vous-même les draperies de votre lit? Rien de plus facile.
Je suppose un lit à trois faces, au milieu de la chambre
ou en angle. Faire un châssis à peu près aussi large et
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presque aussi long que le lit; le recouvrir d'une soie plissée de teinte claire, d'une satinette ou d'une cretonne
fleurie. De ce baldaquin, faire descendre deux rideaux droits repris très haut contre le mur et laissant Tair circuler librement.
Autre manière : deux draperies larges du haut descendent en pointes jusqu'au chevet.
Le granité, la bourrette aux tons effacés sont des étoffes riches qui se drapent bien et se nettoient aisément. Le reps aux cassures sèches, disgracieuses, n'est plus à la mode; le damas de laine le remplace avantageusement. La cretonne claire, à frais dessins, s'emploie surtout à la campagne, dans les chambres d'enfants et les cabinets de toilett^.
Lorsque les fenêtres ont un store de tulle ou de mousseline brodée, la même blancheur dépassant sous les rideaux du lit est d'un charmant effet.
STORES ET RmEAUX DE VITRAGE.
On a beau aimer le soleil, le clair soleil, il faut tamiser parfois ses rayons éclatants, et les stores sont indispensables. Il va de soi qu'ils seront élégants et ne mettront pas une note discordante dans l'ordonnance d'un appartement. On peut les choisir bleus, blancs ou roses, à volonté.
Le store est fixe ou mobile.
Dans le premier cas, il se fait en satinette spéciale, sur une largeur et une hauteur plus grandes que les dimensions à obtenir;. un tiers en plus environ. Au bas de cette
bande droite, cousez une petite frange à boules en fil ou en soie. Dans le haut, un rempli un peu plus large recouvert d'un lacet solide où s'attachent de cinq centimètres en cinq centimètres de petits anneaux qui glisseront sur une tringle. La bande est séparée également dans le sens de la largeur en trois, quatre, cinq parties, à volonté, et froncée du haut en bas sur trois rangées, en serrant, pour donner à la draperie la hauteur voulue.
Lorsqu'il s'agit d'un store mobile, l'étoffe est coupée beaucoup plus longue qu'il ne faut. Les rangs de fronces se font sur un lacet bien tendu formant des coulisses terminées en haut et en bas par un anneau de cuivre. Dans ces coulisses passe une ganse solide. La dernière coulisse du côté droit est prise dans une poulie qui tient à la tringle, et fixée en bas par deux pitons. En tirant un des lacets de cette coulisse, on fait remonter ou descendre le store.
Vous remplacerez coquettement ces stores par des rideaux de grosses perles de couleur enfilées en brins d'une longueur déterminée, tous ces brins fixés à un galon de laine et cloués à la boiserie.
Cette mode japonaise est charmante.
Les stores se posent même devant des vitraux.
Des vitraux! allez-vous dire. C'est un luxe qui n'est pas permis à toutes les maîtresses de maison. Si fait. Je ne parle pas, bien entendu, des œuvres d'art pur, mais en ce genre le progrès est tel que même les imitations sont jolies. Une sorte de gélatine peu coûteuse et facile à poser soi-même joue à s'y méprendre les dessins et les coloris artistiques.
Quelques personnes préféreront toujours les rideaux de
vitrage. On peut les faire très beaux sans grands frais.
Dans une salle à manger, par exemple, du tulle de soie vieil or et brodé sans envers avec de la soie rouge produit grand effet. Les chimères, les feuillages et les fleurs se détachent, superbes, sur la finesse du tissu. Ce travail ne demande qu'un peu de patience et d'adresse.
On fabrique aussi des rideaux en étamine écrue, fine et tout unie, faisant alterner des bandes d'étamine avec des bandes de soie rouge, ayant, celle du milieu 35 centimètres de largeur, les autres 15 centimètres. Les bandes d'étamine s'ourlent à jour des deux côtés.
De beaux carrés de filet brodé, entourés d'une broderie Richelieu en cordonnet de soie blanche sur taffetas or, composent un ensemble des plus élégants.