‹ Le goût dans l'ameublementChapitre 109 sur 115 · PARTIE PRATIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE

dehors. Ceci explique comment tant de femmes, qui seraient d'ailleurs jolies et agréables, nous paraissent, quand elles sortent de leur élément naturel et se transplantent sur notre continent, dépourvues d'agrément et de goût. Autre chose est de les voir chez elles, présidant la table de la famille ou le salon amical dont elles font un lieu de délices. Il y a du bon dans ce système, si Ton sait éviter Tabus ; c'est affaire de tact, simplement, et partant d'éducation.

Ce livre contribuera peut-être, je le souhaite, à développer quelque peu le tact et l'éducation artistique, science et qualité sans lesquelles on ne saurait montrer du goût en ameublement. Il n'a pas la prétention d'établir des règles absolues, mais seulement d'imprimer à l'esprit une direction générale.

L'éducation, quelle qu elle soit, est avant tout personnelle, et ses règles doivent s'adapter à chaque tempérament, à chaque caractère, afin d'arriver à l'originalité. Les goûts non plus que les intelligences ne sauraient être coulés dans un moule identique. On dit : tous les goûts sont dans la nature. Il faut les cultiver tous et de façon à leur faire porter des fruits abondants, sans s'arrêter aux dissemblances qui parfois nous surprennent.

Attachons-nous par-dessus tout à bien voir, à nette-

ment comprendre selon nos sentiments propres et les convenances de notre situation.

Nous avons en France une façon de comprendre et de voir qui fait justement notre originalité de race. Gardons-la, soyons très personnels et très simples.

Le vieux Caton ne se lassait pas de crier : « Il faut détruire Carthage > .

Je ne me lasserai pas de répéter : « Il faut être simple et personnel >; et c'est, en suivant ce conseil, que vous parviendrez à bâtir le nid agréable où s'abritera le bonheur.

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Tout ce que nous avons dit dans ce livre doit se compléter par des indications techniques permettant à une maîtresse de maison de faire elle-même les plus utiles des riens charmants qui mettront dans son home comme une caresse, un sourire aimable, un air de bien-être, qui le rendront plaisant à habiter.

TENTURES ET PORTIERES.

Nous avons d'abord à parler des portières, des draperies.

Couvrons les murs, puisque telle est la mode et que rhygiène n'a rien à y voir, à condition d'enlever fréquemment les tentures pour leur faire subir un nettoyage à fond.

L'andrinople, les tissus de coton imprimés, cretonne, toile de Jouy, sont d'un bel effet et d'un prix modeste.

Les lés d'étoffes , coupés à la hauteur des murs , sont assemblés à petits points en raccordant les dessins, et cloués à l'aide de « semences » sur de minces lattes de

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bois placées sous la corniche et au-dessus de la plinthe.

La tension doit être régulière, c'est essentiel. Une bordure imprimée encadre chaque panneau, si le tissu est uni; autrement, la bordure de teinte foncée se fait en velours de lin ou en peluche.

Plus pratique encore : sur les bords supérieurs et inférieurs de chaque lé d'étoffe, cousez un fort galon et de petits anneaux espacés de dix centimètres. Aux lattes fixez des clous dont le crochet, en haut, regarde le plafond, en bas, le plancher. Clous et anneaux se correspondent, cela va de soi, et le côté libre de ceux-ci s'engage dans le crochet de ceux-là. Grâce à ce système que j'emprunte à la Mode Illustrée^ on enlève aisément les tentures pour les battre aussi souvent que besoin.

Les portières se placent de la même façon. Si la porte s'ouvre en dehors de la pièce, une simple tringle suffit; si elle s'ouvre en dedans, deux lattes sont clouées aux deux côtés de la porte qu'elles dépassent de quelques centimètres et réunies par une troisième. Disons une fois pour toutes que les lattes sont, dans tous les cas, recouvertes d'étoffe. Sur celle qui forme traverse se pose la portière, qui peut suivre alors tous les mouvements de la porte.

Cette sorte de charpente se recouvre d'une étoffe unie; l'écart compris entre elle et la porte est par ce moyen dissimulé.

Les portières se relèvent élégamment de mille façons. Prenez, par exemple, le milieu de la largeur et formez avec le tissu un gros chou laissant retomber les plis au hasard. Une portière parallèle se drapera en formant deux choux placés un peu haut et de chaque côté de la porte.

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