PARTIE RETROSPECTIVE
ces peuples si divers est nettement marquée par les attitudes des sujets empruntés à la nature.
Les ouvriers égyptiens donnent aux pieds des meubles la rigidité des membres d'un animal arrêté debout. En Asie, ces mêmes pieds sont lourds, ramassés comme ceux d'une bête paresseusement couchée. En Grèce, au moins pendant les temps héroïques, les supports inspirés de la forme animale sont [fins comme en Egypte, mais fortement arqués pour donner à Tœil l'impression de la course, du mouvement, de la vie.
Le lit où l'on dort, le lit proprement dit , car il y a aussi le lit où Ion cause, est entre tous le meuble curieux. Il a
Couchettes de nuit avec ouol, chevet mobile servant d'oreiller; Egypte.
GOUT DANS l'ameublement. 5
primitivement Taspect d'un animal, sans tète à Athènes, avec la tête servant de chevet à Memphis. En Egypte, le lion du désert triomphe, et sur ses i^eins puissants, ses jambes nerveuses, il supporte la couche moelleuse où s'étend la fille des Pharaons, le chef soutenu par VouoL sorte de support très dur, habituel oreiller, qui n'en est pas un, des peuples que la chaleur du climat oblige à reposer en laissant lair circuler autour de la tête.
Point de rideaux dans toute l'antiquité. A la queue de la bête s accroche une moustiquaire d'étoffe fine comme la gaze de soie.
Que dites-vous de ce lit, Madame? Vous lui préférez le vôtre? Il est plus long et plus large, en un mot plus commode. Affaire de goût. Une Ég^ptionne d'antan n y dormirait pas à Taise. Elle s effraverait do votre sommier à ressort. Le matelas de sa t^ouoho est tendu sur une sorte de filet fait de n^atioivs flexibles qui n a pas Tinconvénient de n^jHuuliv î\ h\ moindre pivssion par des sonorités hunentables.
Nous no sommes pas houivux. Nous dormons dans dos lils tintanuunvsquos, dos lits qui no ressouiblonl ni è\ tlos lions ni ù dos banUs. Nous pniH>us» il ost vrai, los osptvosdo ohariots scms rv^ues, où s\voulonl nos nuits, do drajvrios ôlôgantos. Ces