PARTIE RETROSPECTIVE
siège grec.
lastre à chapiteau existait aussi bien à Delphes qu'à Persépolis.
Quandon rapproche, pour les étudier, les styles primitifs, on se demande comment il put se faire que des peuples qui n'eurent entre eux aucune relation, qui vécurent sous des ciels absolument différents, aient apporté dans la construction de leurs demeures et dans Tornementation de leurs meubles un principe décoratif identique.
Lorsqu'on y réfléchit, la raison se dégage toute simple, affirmant une fois de plus cette vérité précédemment exprimée que nos créations ne sont que des suggestions.
En effet, à Texception de TÉgypte, qui ne connut au commencement que la pierre, tous les peuples eurent des maisons en bois. Des troncs d'arbres soutenaient le toit de ces constructions primitives. Afin d'empêcher ces troncs de se fendre sous l'action des pluies, on les cercla du haut et on les couvrit d'une pierre plate. Voilà la colonne et le chapiteau : colonne monolithe d'abord, un seul tronc; un cha-
piteau saillant et tout uni. Par la suite, les édifices plus grands exigèrent des supports plus résistants.
On accoupla plusieurs colonnes et le chapiteau s'orna. Des arcades relièrent les colonnes, et la courbe élant gracieuse, de décoration facile, Tarcade fut partout employée. Elle relia les pieds des fauteuils aussi bien que les portiques des temples. Sa vogue a survécu : les meubles à arcatures sont toujours de fabrication courante.
Le chapiteau se couvrit de sculpture et varia ses formes. En Asie, il s'orna de têtes d'animaux; en Grèce, de fleurons et de feuilles délicatement contournés.
Mais nulle part, il ne fut aussi beau qu'à Corinthe.
Je me souviens d'avoir eu pour professeur un vieil homme au cœur excellent qui se plaisait à nous faire entendre à Tàge où l'on a plus d'ambition que de moustaches, qu'il est malaisé de réussir ici-bas, d'atteindre un but élevé. Par goût professionnel, il aimait les citations, se régalait des métaphores et no manquait jamais de terminer ses petites mercuriales par un adage latin, qui prétend sagement (ju'il n'est pas donné ;\ tout le monde d'aller à Corinlho. Jo TontiMids encore :
« Ah ! jiunirs gens, jeunes gens, vous voyez devant vous 1(^ sentier de la vie boixlé de roses. Pa-