L'ANCIENNE CONSTITUTION COMMUNALE DE GAND
nomination des vingt-six échevins, laquelle eut lieu dorénavant le 10 mai. Les échevins devaient être pris parmi les notables de la ville.
A Bruges, dès le commencement du xive siècle, on divise tous les métiers en neuf sections ou membres et neuf des treize échevins leur sont attribués. A Bruxelles, après la révolution communale de 1421, les métiers sont aussi divisés en neuf nations qui exercent des droits politiques.
Les corporations forment, chacune, une compagnie militaire ayant son costume distinctif, ses armoiries, ses armes.
La Keure accordée à Bruges par Philippe de Thiette, après la bataille de Courtrai (1304), limite l'autorité du prince et constitue l'autonomie de la commune. Le prince, à son avènement, prête serment devant cinq échevins de respecter les Keures et de ne « tenir la ville que par la loi des échevins ». Les représentants du prince, le bailli et Técoutete prêtent le même serment. Le prince est tenu de promulguer les ordonnances des échevins; eux seuls peuvent les retirer ou les amender. De concert avec «les bonnes gens», ils lèvent les impôts et en «disposent, sans autorisation du souverain ». Ils rendent la justice ; les cas réservés au prince ont disparu; mêmes privilèges accordés à Courtrai, en 1324, par Louis de Nevers. En 1361, les Brugeois déchirent publiquement la charte de Louis de Maie, restreignant certains privilèges de la commune.
Les communes flamandes qui étaient arrivées au xvie siècle à se gouverner elles-mêmes, à prendre en mains la direction de leurs relations extérieures, à traiter avec le roi d'Angleterre, tentèrent, dans le traité conclu en 1339 entre les délégués flamands et brabançons, de fonder ainsi une fédération comme en Suisse.
Si cette fédération réalisée par le Grand- Privilège de Marie de Bourgogne, avait pu s'établir, elle aurait épargné aux Pays-Bas cette lamentable série d'épreuves qui leur coûta leur liberté en même temps que leur unité : oppression, persécution, dépopulation, guerres incessantes, pertes de l'indépendance et de parties du territoire, anéantissement du commerce et de l'industrie.