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Élection des capitaines, ou chefs militaires

5. Choix des collecteurs de la taille, qui avaient à rendre compte.

C'est une glorieuse histoire que celle de la cité de Liège1. On y admire avec quelle vaillance, avec quelle persévérance et au prix de quels sacrifices, les Liégeois ont combattu la tyrannie de leurs princes, qui sans cesse tentaient de leur ravir leurs privilèges si chèrement payés! Ce n'est pas eux qui, à la moindre crainte fondée ou non, pour leurs intérêts matériels, auraient demandé protection au bras d'un sauveur, en lui sacrifiant leurs libertés. Parfois vaincus, leurs maisons détruites, leurs biens confisqués, leurs chefs exilés ou décapités, toujours ils reviennent à la charge. A peine ont-ils repris quelque force, qu'ils marchent à l'assaut du despotisme, pour lui arracher la reconnaissance et le respect de leurs droits politiques. Si l'on veut faire des Belges un peuple libre, voilà l'école où il faut instruire la jeunesse.

Ces histoires d'une ville sont, à mon avis, singulièrement instructives 2, parce qu'elles retracent le développement organique d'un corps politique, de même qu'une biographie raconte celle d'un homme.

L'histoire de Liège abonde en leçons utiles à recueillir pour la vie politique actuelle.

Dans un article bien fait : The Growth of Cornmonwealths, Fortnighlly Review, octobre 1873, « la croissance des Répu-

(1) Histoire du pays de Liège, par Ferdinand Hénaux, 3e édition.

(2) Je citerai encore comme exemple l'histoire de la ville de Lierre, par Anton Bergmann, De Geschiedenis der Stadt Lier.

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bliques », M. Edward Freeman démontre, l'histoire de tous les pays à la main, cette importante vérité que la liberté politique ne s'improvise pas, qu'elle est le résultat d'efforts et de traditions séculaires, et que quand on veut l'implanter par décret, elle ne prend pas racine. Elle met peut-être ses symboles et ses devises sur le frontispice des monuments, mais elle n'existe pas dans les institutions ni dans la pratique journalière.

A Liège, comme à Athènes, à Rome, à Florence, dans les cantons suisses et en Angleterre, les institutions libres sont nées successivement, se greffant sur les institutions anciennes, et les transforment sans les abolir. Telle est la loi naturelle de l'évolution dans le monde physique et telle elle doit être dans le monde politique. Natura non facit saltus. Les nations veulent parfois avancer par « sauts et par bonds », pour parler comme Bossuet, ou par des « écarts absolus », comme disait Fourrier; mais ces tentatives prématurées ne réussissent point, parce que les éléments indispensables et « le milieu » nécessaire font défaut.

Le développement de la liberté et de la démocratie à Liège a suivi une marche toute semblable à celle que nous retrace l'histoire politique de Rome. A l'origine, la cité contient deux classes : les hommes libres ou Francs, et les serfs. Les uns étaient les habitants primitifs les Lignages, c'est-à-dire les familles collectives l, les cognationes hominum des Germains ou des Gaulois, possédant le sol. Les serfs étaient les leti ou les gens de la campagne, qui étaient venus mettre leur travail à l'abri des murs de la cité.

Liège était une ville libre vis-à-vis de son évêque et de l'empereur. Elle se gouvernait elle-même; mais le gouvernement y était aristocratique, car le pouvoir législatif, administratif et même judiciaire, était exercé par le Sénat des quatorze échevins, qui se recrutait par son propre choix. Les autres villes du pays de Liège, Huy, Saint-Trond, Dinant, Tongres, etc., constituaient aussi des États indépendants qui se donnaient des lois, s'imposaient des contributions, organisaient leurs forces armées et contractaient des alliances. Le serf lui-même au xc siècle a déjà presque les privilèges de l'homme libre. Il

(1) Voir mon livre : La Propriété primitive, 4° édition, chap. XIII.

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n'est pas mainmoriabîe^ c'est-à-dire que la propriété et l'hérédité existent pour lui.

En L225, première conquête sur les privilèges aristocratiques de la bourgeoisie. A côté des échevins, un gouvernement annuel est institué; il est composé de deux Maîtres du peuple, délégués par les échevins et de douze jurés élus par tous les Citains. En 1253, des mouvements populaires se terminent par une nouvelle victoire de l'esprit démocratique. A l'avenir, les deux Maîtres du peuple seront élus par tous les Citains et non plus choisis par les échevins.

Les droits politiques des Vinàves datent aussi de cette époque L'origine des Vinàves remonte évidemment aux propinquitates dont parleTacite : « Non casusnec forluita conglobatio turmam aut cuneum facif , sed familix et propinquitates. » (Germania, ch. vu.) C'est le Geburscip allemand et flamand, le Vicinium de la basse latinité, le Vaysiné ou Visnet de la France au moyen âge, les lihoden du canton d'Appenzell. Le Vinâve était pour ainsi dire l'unité élémentaire, la molécule administrative, économique et militaire, et la réunion de ces molécules constituait la eommunuteit. La cité même était une fédération de quartiers, comme le corps humain est un assemblage de molécules vivantes. Il y avait à Liège six Vinàves formant chacun un Dur g séparé, dont les entrées étaient fortifiées et défendues par des pontslevis. Chaque Vinâve avait sa bannière, sa milice et son cri de guerre, et après 1253, chacun de ses quartiers eut le droit d'élire vingt Citains, et la réunion des cent vingt Citains élus par les six Vinàves formait le Grand Conseil. Ces réformes ne furent définitivement acquises qu'après de longues luttes entre l'évêque et les échevins, d'un côté, et les Citains ou « gros bourgeois », de l'autre. Ici encore comme à Venise et dans les républiques italiennes, on voit la Cité, l'État se former par la voie de la fédération.

Mais bientôt les « petits bourgeois, » c'est-à-dire les anciens serfs, se lèvent à leur tour. Ils s'étaient enrichis par l'industrie et le commerce; ils étaient devenus les égaux des Citains par leur richesse et leur instruction, et ils se lassaient de payer des tailles dont ils ne contrôlaient pas l'emploi. Ils demandèrent que tous les habitants fussent soumis aux mêmes charges et eussent les mêmes droits. Ils étaient organisés en

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confréries ou métiers, qui constituaient aussi des unités économiques et militaires, prêtes à entrer en lutte contre les anciens Lignages.

Les Grands pour maintenir leurs privilèges, contractèrent une alliance avec le comte de Flandre. Les Petits s'appuyèrent sur le clergé local. La lutte éclata en 1302, à propos d'une maltote établie sur les vivres. Les Grands furent vaincus. La victoire des métiers fut consacrée par la Lettre de Saint-Barthélémy (mai 1303). Les petits eurent aussi le droit de choisir un Maître du peuple et vingt jures. Désormais, il fallut l'assentiment exprès des métiers : 1° Pour établir toute espèce de taxe ; 2° pour contracter des emprunts; 3° pour la jouissance des revenus et des locaux communs ; 4° pour accorder des dons gratuits au prince-évêque ; 5° enfin, pour déclarer la guerre ou faire la paix. Ces droits populaires sont si étendus que même aujourd'hui les peuples les plus libres, sauf la Suisse, ne les possèdent pas.

A Florence, la lutte entre les Petits et les Grands, entre le peuple gras elle peuple maigre commence vers la même époque. Et fuit prselium inter populum macrum et grassum, dit un chroniqueur, à l'année 1257. La première grande victoire du peuple eut lieu à Liège en 1253. Mais, vers la fin du xive siècle, les Petits succombent à Florence dans la révolution des Ciompi en 1378, tandis qu'ils triomphent définitivement à Liège en 1384. Ce parallélisme des dates est curieux.

Les Grands essayèrent à différentes reprises d'enlever au peuple les droits qui lui avaient été reconnus. Ils s'allièrent à cet effet avec la noblesse féodale et même avec le duc de Brabant, mais ils furent toujours vaincus.

La Paix de Seraing (1307) et la Paix d'Angleur (1313) con- "sacrent définitivement les conquêtes démocratiques des métiers. Les dernières prérogatives des anciens lignages sont abolies. Les Grands sont confondus avec les Petits; il n'y a plus qu'un seul peuple, et même pour être nommé maître ou juré, il faut être affilié à l'un des vingt-cinq bons métiers. Les métiers étaient véritablement souverains : ils luisaient la paix ou la guerre, établissaient les impôts, arrêtaient les règlements et surveillaient l'administration. Chaque année, le 23 juillet, les maîtres sortants rendaient compte de leur gestion; le len-

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dem&in, «m procédait à une nouvelle élection. La plupart des administrateurs étaient nommés par le peuple : ainsi les Receveurs qui géraient Les finances, les Tenants de la violette, qui contrôlaient les dépenses, les six Ferme tiers, qui veillaient à l'entretien des ponts, des murailles, du pavage, les Jurés des Vinâves, qui jugaient les contraventions légères.

Tous les habitants ont la même capacité légale, jouissent de libertés identiques, exercent des droits analogues. Ils sont tous électeurs et éligibles à tous les offices publics, en qualité de membres des métiers, pourvu qu'ils aient un domicile régulier dans la cité et qu'ils participent à ses charges.

L'organisation municipale a pour base l'exercice des différentes branches du travail, car elle est la représentation des trente-deux métiers locaux.

Les plus humbles professions comme les plus importantes, ont même droit de participer à la gestion des affaires publiques. Journaliers, vignerons, cultivateurs, cordonniers, maçons sont appelés à s'en occuper aussi bien que les drapiers, les orfèvres ou les marchands les plus opulents.

Chaque association, quel que soit le nombre de ses membres, a son vote garanti dans les décisions communales. Dans les scrutins des métiers on procède au suffrage par tête; la majorité fait loi ; et celle des corporations est considérée comme exprimant la volonté de la population.

Y a-t-il un projet ou une proposition à discuter, les métiers sont convoqués et la question leur est soumise avec cette formule : « Allez vous conseiller ». Alors chacun d'eux se retire dans la maison du métier pour en délibérer.

Les résolutions, une fois prises, sont portées au conseil de la cité, dont la composition est la suivante : à sa tête se trouvent deux maîtres remplissant les fonctions de gérants responsables' sous le contrôle de soixante-quatre jurés; ce grand conseil de surveillance subit lui-même celle des soixante-quatre gouverneurs des bons métiers.

L'organisation municipale de Liège n'est que la reproduction de ce qui se passe en petit dans les trente-deux métiers. Chacun d'eux a sa « chambre d'assemblée », ses deux gouverneurs, ses syndics, ses prud'hommes, sa « boëte » ou caisse, ses propriétés, ses archives, sa bannière, son sceau, ses jetons

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de présence, son hôpital, sa chapelle, son bureau des pauvres de l'association, son marché, sa maison.

Les assemblées se tiennent dans les environs de la grand'place, quartier général des corporations. Les jours de solennité, elles rivalisent d'éclat dans la décoration de leur local, dans l'organisation des cortèges, dans l'agencement des spectacles, dans l'ordonnance des manifestations religieuses.

Ce pouvoir communal possède un ensemble complet d'institutions et de juridictions conformes à tous les besoins de la population. Justice, police, assistance, milice, tarification des denrées, taux des salaires, réglementation du travail sont exclusivement de son ressort, avec le concours des trente-deux métiers.

Maîtres et jurés se chargent de régler tout ce qui concerne le maintien de la tranquillité publique, l'observation des lois, le respect des personnes.

Us forment également un tribunal central d'arbitrage en dernier ressort. Le premier appartient pour les litiges d'affaires aux prud'hommes de métiers. Les trente-deux métiers ont leur assistance mutuelle. À chacun ses pauvres, telle est la tradition des corporations.

Paroisses, chapelles, communautés, associations de tout genre, profanes ou religieuses, ont également leur « boëte » ou bourse particulière au service des orphelins, des femmes, des vieillards, des malades et de tous les invalides du travail. Le pouvoir communal leur vient en aide, toutes les fois que leurs ressources sont insuffisantes pour soulager des infortunes ou porter secours dans le cas de calamités publiques.

On le voit, la démocratie s'établit à Liège comme à Rome, par les conquêtes successives des plébéiens, dépouillant peu à peu les patriciens de tons leurs privilèges. La similitude est complète.

En 1315, la Paix de Fexhc, consacre les libertés générales et fonde un véritable régime constitutionnel pour le pays de Liège tout entier. A partir de ce moment, un lien fédéral réunit les diverses parties du pays: il y a une nation et un pouvoir central. D'une part, l'évêque est reconnu comme chef justicier. D'autre part, les trois ordres, le clergé, les nobles et les bourgeois des bonnes villes constituent le Parlement, le sens du

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pays, qui, seul à l'exclusion do révoque, a le droit de faire les lois générales et de prendre toutes les mesures qu'exige l'intérêl commun. Tour faire une loi, il fallait l'assentiment unanime des trois États; chacun avait un veto absolu. C'est la conséquence de la notion primitive de l'indépendance complète de l'individu. Nul ne peut être lié par une loi, ni forcé à payer un impôt, sans son consentement. L'homme libre ne doit obéir qu'à ceux qui le représentent.

Le souverain exerce le pouvoir exécutif et la haute justice, mais, conformément aux lois. « La liberté civile est soigneusement sauvegardée, dit M. Henaux; nul ne peut être arrêté qu'en flagrant délit, nul ne peut être jugé que par ses juges et suivant la loi. La justice ne peut être ni refusée, ni différée. La confiscation des biens est prohibée dans tout le territoire. Enfin, il est défendu au prince de trafiquer du droit de grâce. »

Si le prince excède, en quelque manière, les pouvoirs qui lui sont accordés, si ses officiers, dont il est déclaré responsable, enfreignent quelque droit public ou privé, il lui est fait sommation de réparer le dommage, et s'il s'y refuse, il doit y être contraint. Dans ce cas, l'insurrection devient légitime; c'est au chapitre de la cathédrale qu'il appartient de la proclamer.

Ainsi on retrouve ici, dès le xive siècle, ce grand principe de la responsabilité des fonctionnaires, qui est la base de la liberté anglaise et que la France réclame en vain.

Par la Paix des Vingt-Deux (1374), arrachée à l'évêque Jean d'Arckel, « le Sens du Pays » établit un tribunal composé de vingt-deux personnes pour juger les fonctionnaires. En 1384, l'égalité politique des Petits ayant été de nouveau contestée, l'antique bourgeoisie des Lignages est obligée de renoncer définitivement à ses droits. Désormais, pour être électeur et éligible, il suffit d'être affilié à l'un des trente-deux bons Métiers.

Chaque bon Métier nomme ses deux gouverneurs et ses deux jurés. Les soixante-quatre jurés forment le Conseil des jurés, qui élit les deux Maîtres du peuple. Jl est contrôlé par un autre conseil composé des soixante-quatre gouverneurs. Au sein des métiers, dans cette démocratie absolue, le peuple se gouverne directement. Les suffrages étaient donnés à haute Vjix ou parfois au scrutin. La majorité des voix formait la

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résolution du bon métier et la volonté de la majorité des métiers faisait la loi.

Tous les métiers, quoique inégaux en puissance et en richesse, avaient un droit égal. Ils formaient autant de corps politiques indépendants, dont la fédération constituait la cité, l'Etat. Les métiers votaient les impôts qui étaient légers. Ils constituaient aussi des corps militaires distincts; chaque bourgeois était tenu d'avoir ses armes en bon état, et, au premier signal, il marchait sous la bannière de sa corporation. C'était le service personnel, comme en Suisse aujourd'hui.

Chose remarquable, l'organisation politique reposait sur l'organisation de l'industrie. Les hommes s'étaient instinctivement groupés par métier, parce qu'effectivement rien n'établit une plus grande conformité d'intérêts, d'habitude et de manière de voir que l'identité du travail. Ces corporations étaient comme des milieux où l'individu trouvait appui et force dans les difficultés de l'existence.

On voit ici en exercice le système de la représentation des intérêts dans toute la force du terme.

Ainsi, au xive siècle, la cité de Liège constituait une vraie démocratie semblable à celles de la Grèce, avec cette différence capitale que les démocraties antiques reposaient sur l'esclavage et la démocratie, au moyen âge, sur l'organisation du travail.

Si, comme le dit Stuart Mill, il faut juger de l'excellence des formes de gouvernement par le développement qu'elles provoquent chez les hommes, je suis tenté de croire que ces démocraties organisées du moyen âge étaient supérieures à nos démocraties modernes, évidemment encore à l'état chaotique.

Ces gens des métiers du xive siècle n'avaient aucun des moyens de culture qui abondent aujourd'hui, ni l'imprimerie, ni la vapeur, ni les machines, et cependant, considérez-les de près, et vous trouverez qu"ils avaient plus d'instruction réelle, plus de sens politique et surtout infiniment plus de vigueur, plus de constance et de dévouement à la liberté que nos populations urbaines actuelles. Comme dans les démocraties grecques, c'était le gouvernement direct qui leur donnait cette forte trempe et cette supériorité morale. Voyez quelle intelli-

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gence el quelle admirable valeur ils déploient dans les batailles, j>ar exemple dans celle de Yottem (134G), où ils écrasent une Jarmée nombreuse qui comptait dans ses rangs plus de 7,ooi> chevaliers couverts d'armures complètes, ou dans celle cTOthée (1408), où ils luttent avec le courage du désespoir, 15,000 contre 35J000 hommes de troupes féodales.

Malgré les changements profonds introduits dans la constitution politique de la cité, l'échevinat avait été conservé, mais il mécontentait le peuple par son caractère exclusif et par le trafic qu'il faisait de ses pouvoirs judiciaires. En 1386, on lui enleva le privilège de se recruter lui-même. La nomination des échevins fut attribuée au souverain, mais tous les bourgeois pouvaient être nommés. C'est ainsi que, par des réformes graduelles, la démocratie finit par s'établir définitivement à Liège, vers la fin du moyen âge. M. Michaïelovskï, professeur d'histoire à l'Université de Moscou, voulant écrire l'histoire des libertés municipales en Europe, avait pris pour type la ville de Liège, parce que leur développement y avait été plus régulier qu'ailleurs, même qu'à Florence, Gand ou Londres. Il affirmai t, avec raison, que le fameux dogme de la souveraineté du peuple était pratiqué d'une façon plus complète et plus directe à Liège au moyen âge que chez aucun peuple aujourd'hui, sauf en Suisse.

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