‹ Le gouvernement dans la démocratie (volume 2)Chapitre 98 sur 147 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

EN RÉPUBLIQUE L'INSTRUCTION UNIVERSELLE DOIT PRÉCÉDER LE SUFFRAGE UNIVERSEL

Les uns prétendent que voter est un droit naturel, et que nulT * par conséquent, ne peut en être privé. Les autres soutiennent que c'est un mandat que quelques-uns doivent exercer dans L'intérêt de tous. Ce n'est ni l'un ni l'autre.

Voter n'est pas un mandat ; car, à coup sûr, les foules privées du suffrage n'ont pas donné aux électeurs privilégiés la mission de voter pour elles.

Le mandataire doit exécuter scrupuleusement la volonté du mandant : or, dans les pays à suffrage restreint, ceux qui ont le droit de voter doivent-ils obéir aux injonctions de ceux qui ne votent pas et qu'on a écartés du scrutin pour cause d'incapacité? Le capable devrait alors suivre les ordres de l'incapable,, ce qui est absurde. Évidemment, le suffrage n'est pas un mandat.

Est-ce un droit naturel? Mais à qui faut-il reconnaître ce droit ? A tous ceux qui ont un visage humain ? En ce cas, pourquoi le refusez-vous aux femmes, aux enfants, aux aliénés, aux criminels? Parce qu'ils sont indignes ou incapables d'exercer leur droit, répondez-vous. Je l'admets, et j'en conclus que,, si l'incapacité est un motif d'exclusion, la capacité est le titre d'admission au suffrage.

Écartons ce terme de droit naturel qui peut égarer. Il n'y a pas deux sortes de droits : des droits naturels et des droits non naturels.

Tout ce qui est conforme à la justice, à l'ordre général, tout

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