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L'AUTONOMIE DE L'ILE DE MAN

Il n'est point nécessaire que les États, les cantons ou même les puissances faisant partie de la confédération aient la même étendue. On peut citer, en Suisse, le demi-canton d'Inner-Rhoden, qui compte 13,000 habitants (1888), tandis que celui de Berne en a 540,000, el, en Angleterre, File de M an, qui jouit d'une autonomie locale presque complète. Les lois votées par le Parlement anglais ne s'appliquent à cette île que quand cela est spécifié, ce qui est rare. Le corps législatif, appelé Tkynwald, Tingwalla dans le Chronicon Manniœ, est évidemment l'ancienne assemblée populaire, le Thing Scandinave et germanique. On constate son existence dès le xe siècle, et il remonte aux temps les plus reculés.

Le Thynwald-court se compose du gouverneur, du conseil et de la Chambre des Keys. Il faut l'assentiment de ces trois membres du pouvoir législatif pour qu'une mesure proposée devienne loi. Le gouverneur est nommé parle souverain du Royaume-Uni. Le conseil, toujours présidé par le gouverneur, est formé des plus hauts dignitaires civils et ecclésiastiques au nombre de neuf, tous nommés par la couronne : il constitue la Chambre haute. Les Keys étaient appelés autrefois « les hommes les plus considérables du pays ». La Chambre des Keys compte vingt-quatre membres, trois pour chacun des •six comtés. Ils sont nommés pour sept ans et doivent posséder dans l'île une propriété d'un revenu annuel de 100 livres sterling. Pour être électeur, il faut ou être propriétaire d'un bien de 8 livres sterling ou locataire d'un bien de 10 livres sterling

LA FORMATION DES ÉTATS

de revenu dans les comtes et de 4 livres sterling dans les villes. Les femmes non mariées ét les veuves ont le droit de voter aux mêmes conditions (jus les hommes.

Le 5 juillet de chaque année, le Thynwald-court se réunit, en présence de tout le peuple rassemblé, au centre de l'île,, sur un monticule qu'on dit être formé de la terre rapportée des seize paroisses de File, et on y lit à haute voix les lois volées durant Tannée précédente. C'est un souvenir du temps ou les chefs de maison, les Keys, votaient eux-mêmes les lois.

L'île jouit d'une très grande prospérité. Sur 145,000 acres, 07,000 sont en excellent état de culture. Des routes bien entrele nues et un chemin de fer réunissent les localités principales situées sur les côtes du nord, du sud, de l'est et de l'ouest. Des ports et des môles permettent rembarquement facile des voyageurs et des marchandises. La pêche est très productive. L'aisance est générale. Les habitants sont moraux, religieux, économes, très laborieux et entreprenants. Les crimes sont rares et les prisons presque toujours vides. Il existe cinquante sociétés commerciales et quatre banques. 11 est parfaitement pourvu aux besoins de l'instruction. Le budget des recettes s'élevait en 1886 à 55,552 livres sterling, laissant un surplus employé en travaux publics. Tous les impôts réunis ne montent qu'à 1 p. 1000 du capital mobilier et immobilier. La capitale, Douglas, présente l'aspect élégant d'une petite cité opulente.

Il n'est guère de communauté plus heureuse que celle-ci.

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