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CHAPITRE XI

LA MORT DES ÉTATS

Bluntschli explique la décadence et la mort des États par une phrase qui exprime une idée généralement reçue, mais qui me paraît vide de sens. Il en voit la vraie cause dans la grande loi de tous les organismes ici-bas : « le temps les développe et le temps les dévore. »

Cette loi ne s'applique pas aux sociétés, parce qu'elles ne sont pas des organismes comme une plante ou un animal. A chaque génération, elles se renouvellent intégralement. Elles sont donc composées de îorces toujours jeunes. Comment découvrir dans une association politique composée d'éléments toujours nouveaux, une cause nécessaire de mort?

L'anarchie prolongée, l'émigration, la conquête par l'étranger, l'annexion à un autre État ne sont que des transformations, non la mort. Où je vois des États morts, c'est là seulement où le désert a remplacé l'existence d'un peuple jadis prospère, comme le long du Tigre et de l'Euphrate.

Cette mort des peuples est produite par des causes économiques : nous les avons vues à l'œuvre dans les régions de l'Asie centrale et dans les Khanats. Avant leur conquête récente par la Russie, les Turkomans nomades, molestaient, pillaient les agriculteurs qui, étant trop faibles pour se défendre, s'enfuyaient, disparaissaient, et la terre fertile se convertissait en désert. Si les Turkomans s'étaient simplement soumis les agriculteurs, en leur imposant un tribut, ils auraient pu vivre oisifs des fruits des travailleurs, et une société nouvelle se serait constituée, comme en Europe dans la féodalité.

LA FORMATION DES ÉTATS

Les Turcs, par l'excès du mauvais gouvernement, ont agi de même dans une grande partie de l'Asie mineure.

La décadence et même la mort des États s'expliquent par ce tait que dans leurs lois politiques ou civiles se trouvent des principes injustes etineptes qui, en se développant, arrêtentle travail en le décourageant, et provoquent ainsi la misère et La dépopulation : l'esclavage, la centralisation, les latifundia, l'excès des mauvais impôts. (V. L. Y, ch. il)

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