CHAPITRE XVI
CE LA DIFFICULTÉ D'ÉTABLIR LES LIBERTÉS NÉCESSAIRES CHEZ CERTAINS PEUPLES CATHOLIQUES
On voit chez certaines populations catholiques régner d'une façon stable et paisible des institutions très démocratiques et très libres, par exemple, dans le Tyrol et au Canada. Elles obéissent en tout au prêtre ou plutôt elles n'ont pas à lui obéir; elles partagent ses idées et ses sentiments. Ainsi, quand on a construit un temple protestant à Méran, ce n'est pas le clergé seul mais le peuple tout entier qui a protesté contre cet attentat à l'unité de la foi et à la sainteté du sol tyrolien.
Au contraire, dans les pays catholiques où cette opinion si répandue qu'on appelle le libéralisme s'est mise en lutte contre l'influence de l'Église, l'établissement de la liberté rencontre •des difficultés, traverse des crises, subit des éclipses et paraît toujours menacé. En France, la Révolution, d'abord saluée avec transport par le bas clergé, ne tarde pas à lui déclarer une guerre furieuse qui se poursuit jusque sous nos yeux. Les héritiers de la Révolution combattent les amis de l'Église et ceux-ci le leur rendent.
« Le cléricalisme, voilà l'ennemi. » Ce mot célèbre reste le mot d'ordre de la République officielle. Aussi, deux fois la liberté succombe, parce que c'est une grande cause de faiblesse pour tout gouvernement d'avoir contre lui la religion dominante et la plupart de ses ministres. Une situation semblable se retrouve avec des traits particuliers chez les an lies nations latines : en Italie, opposition irréconciliable du Vatican, imposant au pays des dépenses écrasantes par les alliances et les
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armements que rendent nécessaires, croit-on, les revendications de la papauté; en Espagne, efforts persévérants du clergé pour maintenir son autorité contestée ; en Portugal, on va jusqu'à interdire l'existence de toute corporation religieuse;, même au Brésil, l'hostilité contre le prêtre éclate dans la révolu lion récente, quoiqu'il ait souvent appuyé les idées radicales.
C'est dans les républiques hispano-américaines qui ont adopté le régime démocratique qui avait si bien réussi aux États-Unis, que s'est surtout manifestée la difficulté de faire fonctionner régulièrement un régime qui n'est pas en rapport avec les formes du culte. Aux États-Unis, le gouvernement républicain sortait naturellement des institutions populaires du Township et des Églises puritaines où tous les pouvoirs émanent directement des fidèles. Les anciennes colonies espagnoles avaient toujours été gouvernées despotiquement et en outre l'esprit et le régime de l'Église catholique était autocratique. Elles n'étaient donc nullement préparées à pratiquer la forme du gouvernement qu'elles adoptaient et qui était en opposition complète avec celle du gouvernement ecclésiastique. Écoutons Tocqueville à ce sujet : « On s'étonne, en apercevant les nouvelles nations de l'Amérique du Sud s'agiter, depuis un quart de siècle, au milieu de révolutions sans cesse renaissantes. Le peuple qui habite cette belle moitié d'un hémisphère semble obstinément attaché à se déchirer les entrailles ; rien ne saurait l'en détourner. L'épuisement le fait un instant tomber dans le repos et le repos le rend bientôt à de nouvelles fureurs. Quand je viens à le considérer dans cet état alternatif de misères et de crimes, je suis tenté de croire que pour lui le despotisme serait un bienfait. »
Cette remarque n'est-elle pas trop confirmée par l'affligeant spectacle que nous offre, en ce moment, le Chili si longtemps tranquille et prospère : la guerre civile déchaînée, deux partis dans la flotte et dans l'armée aux prises, des villes bombardées, des prisonniers fusillés, tant de richesses anéanties, le crédit ruiné et des citoyens d'une même patrie plus acharnés à s'entre-détruire que ne le feraient les plus cruels ennemis.
Considérons de plus près cette lutte entre l'Église et la
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société laïque, d'où dépend l'avenir de la liberté chez les nations catholiques.
Le sentiment religieux est indispensable à l'exercice régulier de la liberté; mais quand ce sentiment sert d'instrument politique entre les mains d'un parti qui veut asservir les hommes à l'omnipotence du prêtre et porter atteinte aux conquêtes de l'esprit laïque et de la civilisation moderne, un germe de dissentiments profonds et de luttes acharnées est semé dans la société.
Tocqueville, ce grand et clairvoyant esprit, qui a admirablement décrit les périls qui menacent les sociétés modernes, n'a pas vu celui-là. Il constate la haine furieuse de la révolution française contre l'Eglise; mais il l'attribue à l'alliance que celle-ci avait contractée avec l'ancien régime et, cette alliance ayant cessé, il pense que l'hostilité cessera en même temps. En ce point, il s'est trompé ; l'antagonisme n'a fait que grandir, s'envenimer et s'étendre. Il était borné à certains groupes d'hommes; il a envahi tous les pays soumis à Rome, et même récemment les pays catholiques allemands, qui en avaient été complètement préservés jusqu'à ce jour. Faut-il s'en étonner? Rome a déclaré que la civilisation et les libertés modernes étaient des fléaux, une peste qu'il fallait extirper. Ces anathèmes sont devenus des dogmes depuis que le pape a été proclamé infaillible. Les peuples se laisseront-ils arracher ces libertés qu'il ont conquises au prix de leur sang et d'un séculaire effort? Peut-être, mais non sans lutte. De là cette guerre à mort entre l'Église et l'esprit moderne. Tocqueville ne l'a point vu, parce que, comme beaucoup de cœurs généreux, il refusait de croire qu'il y eût incompatibilité entre l'Église et la liberté. Aujourd'hui malheureusement l'illusion n'est plus possible. Montalembert etLacordaire sont morts désavoués, le Père Hyacinthe et Dollinger ont été naguère excommunie^. Yeuillot exprimait la véritable doctrine romaine sanctionnée par l'autorité infaillible du pape quand il dit : « Il n'y a, il ne peuf y avoir de catholicisme libéral. Les catholiques libéraux qui sont vraiment catholiques ne sont pas libéraux, et ceux qui sont vraiment libéraux ne sont pas catholiques. »
Le même auteur disait aux libéraux et aux États prolestants : « Quand vous êtes les maîtres, nous réclamons pleine
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Liberté pour nous, parce que vos principes l'exigent, et nous vous la refusons quand nous sommes les maîtres, parce qu'elle osl contraire à nos principes. »
L'Ëglisé vise à reprendre la direction suprême de la société civile et les raisons qu'elle invoque paraissent décisives, si on admet son point de départ. La société civile, l'État, reposent sur certaines notions de droit et de morale. Si vous punissez le meurtre, le vol, l'attentat aux mœurs, c'est que vous considère/, ces faits comme mauvais et criminels. Si vous établissez la propriété, l'hérédité, la sainteté des contrats, c'est en vertu de certains principes de justice : mais ces principes du juste et de l'injuste, du bien et du mal, la raison si faible, si incertaine de l'homme n'arrive pas à les découvrir, sans les lumières de la révélation. Les opinions humaines, toujours variables et ordinairement contradictoires, ne peuvent décréter ces lois immuables, qui seules doivent servir de base stable à la société. Pour les trouver, il faut recourir à la raison divine, perpétuellement manifestée par l'organe de son vicaire infaillible. C'est donc le pape qui est le juge suprême des lois civiles et politiques : lui seul peut décider souverainement de ce qui est bien et juste; conséquemment tous les chefs d'État, assemblées, présidents ou rois, lui doivent obéissance. Les nations qui méconnaissent son autorité tomberont dans une irrémédiable anarchie. Si l'on admet ces prémisses, d'une part l'impuissance de la raison humaine pour découvrir ce qui est juste et bien, de l'autre l'infaillibilité papale, je ne crois pas qu'il y ait rien de sérieux à répondre. Le fidèle, à moins qu'il ne s'insurge contre l'autorité de l'Église, est ainsi logiquement conduit à reconnaître la souveraineté suprême du pape et de ses délégués les évêques, même dans les affaires civiles.
Un ancien professeur de l'Université de Louvain, écrivain de talent et correspondant de l'Institut, M. Charles Périn, a exposé ces idées dans une étude intitulée les Libertés populaires, où il cherche les conditions de salut des sociétés contemporaines. « Ce que Dieu prescrit, dit M. Périn, et ce qu'il interdit, voilà le devoir et le fond obligé de toutes les lois. L'infaillibilité du pouvoir établi de Dieu pour promulguer et interpréter sa loi donne les garanties essentielles de toute liberté sociale,
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tandis que l'infaillibilité des pouvoirs humains expose à toutes les servitudes. Si peu de part que prenne l'homme, en vertu d'an droit qui lui serait propre, dans la détermination des principes qui constituent Tordre spirituel, et l'autorité de ces principes sera amoindrie... Ou bien, à raison de l'incompétence des pouvoirs civils en matière morale, il faudra renoncer à rien réprimer, et ce sera la licence, ou bien il faudra réprimer au nom de la majorité et de sa seule autorité, et ce sera l'arbitraire. » Ainsi, c'est entendu, les laïques et la société civile qu'ils constituent sont incompétents en fait de morale. Il s'ensuit qu'ils ne peuvent ni décréter le droit, ni punir le crime sans les lumières et le contrôle du chef infaillible de l'Église. Le pape est donc bien effectivement le souverain des peuples et des rois, et tous doivent lui obéir. C'est la pure doctrine du Syllabus. Il ne faut point s'étonner qu'on l'enseigne dans les établissements d'instruction catholiques, puisqu'elle est devenue un dogme.
Au moyen âge, dans sa lutte mémorable avec l'Empire, la papauté n'a pas réussi à faire reconnaître sa souveraineté universelle. Aujourd'hui, dans les pays catholiques, elle a toute chance d'y arriver, sans violence, simplement, en tirant un parti habile des libertés qu'elle condamnait naguère. Si le clergé, au moyen du confessionnal, parvient à faire nommer aux fonctions électives les hommes de son choix, il se rend maître de tous les pouvoirs, et par son intermédiaire c'est vraiment le pape qui gouverne, ainsi que le veut M. Périn. En Belgique, le but est presque atteint. Les électeurs de l'opinion catholique obéissent aux ordres des curés, les curés aux ordres des évêques, et les évêques aux ordres du pape. Les représentants catholiques ne sont ainsi que les délégués de l'épiscopat, et le primat de Belgique, l'archevêque de Malines, est le vrai souverain, puisqu'il peut faire agir à son gré la majorité du Parlement, qui fait les lois, désigne [es ministres et gouverne.
Sans une réforme religieuse affranchissant les consciences de l'autorité de Rome, le libéralisme aboutit à une contradiction qui lui communique une irrémédiable faiblesse. Cette fièvre d'irréligion qui s'était emparée des esprits à la fin du xviu'; siècle s'est calmée. Le libéral ne pense plus, comme
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Helvétius ou d'Holbach, qu'un peuple doit vivre sans religion. S'il le disait, il perdrait tout crédit. Donc, pour l'enfant, pour le peuple, pour l'école, il est obligé d'admettre l'intervention du culte ; mais les ministres de ce culte dont il admet la nécessité sont précisément ses adversaires politiques. Ainsi d'une part il appelle le prêtre, et d'autre part, il l'attaque, avec toute l'énergie et toutes les armes dont il dispose. Quelle force peut sortir d'une situation aussi fausse, aussi contradictoire? Le libéral a beau dire qu'il respecte la religion et qu'il n'a qu'un but, sauvegarder l'indépendance du pouvoir civil contre les empiétements du clergé; la thèse est juste, mais les conséquences fâcheuses de sa fausse situation ne s'en font pas moins sentir.
Il en résulte d'abord que l'atmosphère de la famille n'est pas religieuse. Le père fait pratiquer à ses enfants un culte qu'il croit faux, funeste même, et ainsi la jeunesse entend attaquer sans relâche ces prêtres aux mains desquels pourtant on la remet. Enfin le libéral termine ordinairement sa carrière par une cérémonie religieuse dont il n'admet plus l'efficacité. Est-il possible que des croyances fermes, des caractères fortement trempés, se forment au milieu de cette suite continuelle de faiblesses, de compromis, de contradictions et d'hypocrisies? Voltaire communiait pour édifier les paysans, et puis, à huis clos, riait de sa communion et de lui-même ; Jean Huss se laissait brûler pour ne pas mentir à sa conscience. L'exemple du premier affaiblit les âmes, l'exemple du second les trempe pour la vie et pour la mort. Soyons bien persuadés de ceci : l'homme qui croit et qui est prêt à combattre et à se sacrifier pour sa foi finira par l'emporter sur celui qui trouve très spirituel de ne croire à rien et de se moquer de tout.
Les écrivains du xvm° siècle et leurs héritiers n'ont pas vu l'influence décisive de la religion sur la destinée des peuples. Ayant cessé de croire, ils n'ont pas compris l'empire que les croyances exercent. Bien peu d'hommes s'en rendent compte, même aujourd'hui. C'est un des grands mérites d'Edgar Quinet d'avoir prouvé ce fait par l'histoire de la révolution française et par celle des événements du xvr3 siècle. La constitution de l'État finit par se modeler sur celle de l'Église, et, si on met obstacle à ce que cette conformité s'établisse, il en
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résulte des troubles incessants, une lutte acharnée et une instabilité universelle.
Le christianisme, à l'origine, était une démocratie égalitaire où tous les pouvoirs émanaient de l'élection. L'autorité était exercée par des assemblées délibérantes, le conseil des anciens pour chaque église locale, le concile pour l'Église universelle; depuis que le christianisme est devenu le catholicisme, il s'est rapproché successivement, dans une évolution historique de quinze siècles, de l'organisation de l'empire romain. La proclamation de l'infaillibilité du pape vient enfin d'apporter au majestueux édifice son couronnement obligé. Aujourd'hui le gouvernement de l'Église présente l'image d'un despotisme aussi parfait et mieux obéi que celui qui existait à Rome sous les empereurs. Le pape nomme les évêques, les évêques nomment les prêtres, et tous doivent une obéissance sans limite au suprême arbitre de la vérité, au maitre des consciences. L'élection par le peuple, générale à l'origine, a cédé la place à l'institution par les supérieurs hiérarchiques. Toute délibération a été supprimée, et le concile lui-même, type admirable du régime parlementaire, reste vénérable d'un temps de libre discussion, a été remplacé -par la décision papale ex cathedra. Les institutions politiques ont subi un changement parallèle dans les pays catholiques, surtout à partir du xvie siècle et après le concile de Trente. Les libertés locales et parlementaires ont élé anéanties. En Autriche, en France, en Espagne, la centralisation et le despotisme se sont élevés sur leurs ruines. Au contraire les presbytériens, en même temps qu'ils retournaient aux origines du christianisme, fortifiaient l'autonomie communale, et fondaient des institutions républicaines dans les Pays-Bas, en Angleterre et enfin en Amérique. Un pays catholique qui tentera de fonder un régime de liberté aura donc à soutenir une lutte à mort contre le clergé, parce que l'idéal du gouvernement ne peut être pour celui-ci que le despotisme théocratique. La chaire et le confessionnal, quand le clergé ose s'en servir franchement comme moyen d'influence politique, lui donnent un pouvoir presque irrésistible dans tous les pays où la foi est encore vivante.
Nous pouvons saisir sur le vif les conséquences de la lutte
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dans le domaine de renseignement où elle sévit dans toute son intensité*
Les libéraux dans la plupart des pays catholiques, pour affranchir les populations de la domination du clergé, ont voulu lui enlever la direction de renseignement, et, à cet effet, ils ont décrété l'école laïque. Chez certaines nations protestantes, comme aux Etats-Unis, elle est acceptée par la masse de la nation. Mais, dans les pays catholiques, et surtout en France et en Belgique, le clergé la condamne et l'attaque.
La lutte contre l'Église se trouve ainsi transportée jusqu'au fond de toutes les consciences et de tous les villages. Comme l'arme principale du clergé est la foi, c'est à la foi que directement ou indirectement on déclare la guerre. Cela est inévitable. En France, on est arrivé ainsi à proscrire officiellement le mot Dieu. Alors se pose le grave problème : les familles, les nations s'habitueront-elles à se passer de toute religion et de tout culte ?
Aux croyances chrétiennes vous tenterez de substituer la théorie de l'évolution, transportée du domaine des sciences naturelles dans celui de la morale. Mais cela suflîra-t-il aux masses? L'homme a besoin de consolations, parce que la vie est pleine de maux, et d'espérances, parce que la vie est courte et qu'au delà s'ouvre cet inconnu qui faisait frissonner HamleL Ce besoin est un fait que la science positive ne peut que reconnaître. A ce besoin, vous ne donnez nulle satisfaction, car vous ne pouvez offrir aucune consolation ni aucune espérance. Il y a plus : en repoussant tout culte, vous vous mettez en opposition avec les instincts les plus profonds du cœur humain, et on peut dire avec sa nature même. Que l'homme descende d'un mollusque ou d'un infusoire, il n'en est pas moins arrivé à être un animal religieux aussi bien que politique. Il ne se résigne pas au néant; il espère une vie meilleure où règne la justice, il veut un Dieu et un culte, parce qu'ils sont aussi nécessaires aux besoins de l'âme qu'au salut de la société. L'athéisme n'aura jamais ni grande force d'expansion, ni grande persévérance dans la lutte. Ce n'est donc pas lui qui arrêtera le progrès de l'ultramontanisme.
Dilemme cruel : si on livre l'instruction au clergé on prépare les peuples à servir, et à s'insurger, si on la lui soustrait.
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Résumons ce que nous avons voulu montrer dans ce chapitre. Le principal obstacle qui s'oppose à l'établissement stable et à la marche régulière des institutions démocratiques et libres chez la plupart des peuples catholiques provient de la lutte qui s'est engagée entre l'Eglise et les défenseurs des idées modernes. Que cette lutte soit le résultat d'un malentendu ou d'une opposition irréductible des principes, elle est un fait et tant qu'elle persistera, ses funestes conséquences se produiront.
En premier lieu, le sentiment religieux est plus nécessaire en démocratie qu'en monarchie (V. Liv. XI, chap. xx) et cet antagonisme a pour effet de l'ébranler profondément. Le libéralisme est amené à l'attaquer, souvent malgré lui, parce que le clergé se fait des sacrements une arme puissante dans les luttes de parti.
En second lieu, le clergé regrettant l'ancien régime et voulant maintenir ou rétablir sa domination, même en politique, se montre hostile aux libertés modernes. Or il n'est pas facile d'asseoir solidement des institutions dont le culte dominant est l'adversaire.
H. DU LA7ELBYE. — DJÈtfGCXUTIJS, — I.