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LE CÉSAMSME ET LES COUPS D'ÉTAT

Barnave, défendant le régime constitutionnel, disait : « Craignez qu'un jour la même mobilité du peuple, l'enthousiasme d'un grand homme, la reconnaissance pour de grandes actions ne renversent en un moment votre absurde république. Croyezvous qu'un Conseil exécutif, faible par essence, résisterait longtemps aux grands généraux? »

Une société démocratique peut tomber aux mains du césarisme, mais point fonder un régime aristocratique qui est presque toujours sorti de la conquête, ou créé par la royauté.

Le césarisme corrompt et abaisse les sujets, car ce qui dégrade, ce n'est pas d'obéir à un roi qu'on respecte, mais de subir la loi d'un maître qu'on méprise.

Je ne puis mieux finir ce chapitre qu'en citant une admirable page du duc de Broglie dans son livre Vues sur le gouvernement de la France, où il montre comment l'instabilité des institutions conduit au césarisme :

« L'empire romain passant de main en main, aux acclamations tantôtd'une soldatesque effrontée, tantôt d'une populace hébétée et venant aboutir à l'invasion des barbares et au partage; de nos jours, le Mexique, passant de l'état de vice-royauté à l'état d'empire, puis de l'empire à la république, puis alternant entre la république fédérative et la république unitaire, puis enfin devenant la proie d'une poignée d'aventuriers bien disciplinés et bien commandés, voilà le sort des nations qui ne savent ni se gouverner elles-mêmes, ni se résigner à être gouvernées; voilà l'avenir des nations qui se livrent, sans cause légitime, par fantaisie, par laisser-aller, faute d'énergie et de temps d'arrêt, au jeu terrible des révolutions. Sur cette pente fatale, tout devient pierre d'achoppement; chaque pas est une chute, à chaque chute, le corps tombé rebondit moins haut; son élasticité diminue jusqu'au point où, l'inertie l'envahissant tout à fait, il roule au fond de l'abîme. »

Facilis descendus A verni, Sed revocare gradum super asque ad auras evadere, Hoc opus, hic labor est...

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