CHAI'. L. — L'ENSEIGNEMENT ES ECOSSE
cées sous l'administration directe des conseils de ville, et les académies publiques dirigées par des fidéi-commissaires, parfois conjointement avec ces conseils, étaient au nombre de quatre-vingt-six ou quatre-vingt sept et réparties de telle façon qu'à peu près iliaque bourg d'Ecosse possédait une ou plusieurs écoles pour l'instruction des classes moyennes ( I . La quantité des élèves qui les Iréquentaient était plus .'levée, par rapport à la population, que dans d'autres pays île l'Europe et elles avaient la réputation d'être supérieures à la majorité des écoles de -laminaire anglaises (2). A vrai dire, une bonne partie de l'enseignement était du degré primaire, mais la plupart de ces écoles otîraient un véritable enseignement secondaire à tous ceux qui le désiraient, et quelle que lut l'importance de la fréquentation, elles étaient assez spacieuses pour coutenir plus d'élèves qu'il ne s'en présentait. La question des écoles moyennes dans les villes n'était donc pas urgente.
La lui de 1X72, transféra les écoles de bourg aux nouveaux bureaux scolaires, bien que ceux-ci ne dussent recevoir qu'en 1878 le pouvoir complet d'organiser l'enseignement secondaire au moyen des taxes scolaires locales. En 1892 et en 18%, des lois accordèrent des subsides au trésor public pour les écoles secondaires. Mais il est inutiie de suivre ces réformes dans le détail; il suffit de faire remarquer qu'en Ecosse, pendant les trente-cinq dernières années, à l'égard de toutes le.- écoles, depuis le jardin d'enfants jusqu'à l'université, on s'est attacbé à parfaire un système déjà en pleine vigueur, plutôt que de chercher à créer du neuf.
Les universités écossaises font partie intégrante du système d'enseignement populaire. Il y a longtemps que toutes les classes de la population s'y rencontrent, car le désir de l'instruction est très répandu en Ecosse. Les
(1) 3« rapport, Com. Papers, 1867-1868, XXIX, 1, pp. vu, lxxvii. A part vingt-sept d'entre elles, toutes se trouvaient sous l'administration des conseils de ville.
(2) Ibid., pp. vm-ix.
écoles de bourg pour la classe moyenne et les académies, que l'on pourrait considérer comme les pépinières naturelles des universités, ne fournissaient, entre 18G0 et 1870, que la moitié des étudiants 1); et nous avons vu qu'un quart provenait des écoles de paroisse. Les frais de l'instruction universitaire étaient d'ailleurs si peu élevés qu'ils se trouvaient même à la portée des pauvres ; en effet, la commission de 18(j'j constata que sur le nombre des étudiants fréquentant la faculté des arts dans les quatres universités d'Ecosse, dix neuf et demi pour cent étaient fds d'artisans ou d'ouvriers (2). Dans ces conditions, il n'était que naturel qu'une partie de cet enseignement ne s'élevât pas au dessus du degré moyen. L'institution des examens d'entrée (malriculation) a mis fin à cette situation ; mais il y a encore une certaine vérité dans l'adage qui prétend qu'aux universités écossaises le jeune homme apprend à gagner £ 1000 par an, tandis qu'à Oxford et à Cambridge il apprend à les dépenser.
Au point de vue financier, les quatre universités d'Ecosse ont connu dans ces dernières années une prospérité qui dépasse presque les limites d'une vertueuse frugalité. En dehors des dons qu'on leur fait parfois pour des bâtiments, elles reçoivent ensemble à peu près £72.000 par an de l'Etat; etenl'JOl, M. Carnegie institua à leur profit une fondation [trust) de £ 2.000.000, dont les revenus doivent servir en partie à payer le minerval des étudiants et en partie à des buts scientifiques et généraux. S'il est vrai que les ressources modestes dont elles disposaient autrefois ne leur ont pas permis d'arriver au même niveau de culture générale que les étudiants d'Oxford et de Cambridge, elles ont pourtant produit un grand nombre d'hommes distingués et elles ont compté beaucoup de savants c'minents dans leurs chaires. De nos jours, les Ecossais riches envoient leurs fils aux
(1) 3o rapport de la Commission des écoles écossaises, p. 157. {■I) lbid., pp. 15Î-156.