LA FEDERATION DES EGLISES L1P.RES
Les dissidents ont été un l'acteur puissant de la politique en Angleterre, depuis que le Re/orm Act de 18H2 accorda des sièges parlementaires aux nouvelles villes industrielles où leur influence était grande, et élargit le droit de vote des classes moyennes d'où ils tiraient principalement leur force. Libéraux en règle générale, et même parfois radicaux à l'extrême, les dissidents ont joué un rôle important dans l'histoire du xix° siècle. Dans l'ensemble, ils ont professé les mêmes idées sur les questions publiques, et leurs dirigeants, parfois môme leurs pasteurs, se sont fréquemment jetés avec ardeur dans les luttes politiques ; leur action pourtant a été celle d'individus animés d'une impulsion commune plutôt que celle d'une armée organisée. Les non-conformistes, en effet, se divisent en un grand nombre <ie sectes religieuses, souvent très peu différentes au point de vue de leur doctrine, mais tout à fait distinctes au point de vue de leur histoire, de la forme de leur culte et de leur administration ecclésiastique. Tels sont les congrégationnalisles, les Baptistes, les Presbytériens, les diverses espèces de Méthodistes et les Quakers. Or, ces sectes et quelques autres encore se sont récemment rapprochées et ont constitué une organisation puissante pour l'avancement des idées qui leur sont communes.
CHAI'. LUI. — LA FÉDÉRATION nr.S ÉGLISES LIBRES i • I
Formation du Conseil national. — Provoquée en partie par l'attitude agressive de l'Eglise anglicane, l'idée d'un congrès des églises non-conformistes prit naissance on ISIII). Cette proposition aboutit à un congrès tenu à Manchester en novembre 1H'.)2, suivi d'un autre congrès à Leeds en 18'.) i ; et au moment où ce dernier se sépara, les fondements de l'institution étaient posés. Une organisation régulière était adoptée et l'on commençait à former des conseils locaux renfermant toutes les égHses évangéliques libres des différentes sectes existant dans une ville ou dans un district. Ces conseils se multiplièrent rapidement. En 1894, on n'en trouvait qu'une douzaine; l'année suivante, on en comptait cent et trente ; trois ans après, cinq cents ; et ainsi de suite, à telles enseignes qu'en 1906, il s'en fallait de trois seulement qu'ils atteignissent le nombre de neuf cents, et ils s'étendaient en pratique à tout le territoire de l'Angleterre et du Pays de Galles, lui fait, les chiffres de l'Aunuaire des églises libres (I) pour cette même année montrent que le nombre des communicants dans les sectes religieuses appartenant à cette Fédération égale à peu près celui des communicants de l'Eglise anglicane, et que la capacité de leurs écoles dominicales et le nombre dis élèves qui les fréquentent sont décidément supérieurs.
La constitution. — De même que d'autres associations anglaises, le congrès, qui a pris le nom de Conseil national, tient ses assises chaque année dans une ville différente. Il se compose des sectes religieuses que nous avons déjà indiquées et des autres églises évangéliques qui sont admises par le Conseil ; en pratique, il renferme toutes les églises protestantes évangéliques du pays. Toutefois, en vue de faire ressortir l'accord existant entre tous les éléments constitutifs, les délégués au congrès annuel représentent non pas les différentes égHses, mais les conseils locaux comprenant euxmêmes toutes les églises libres de chaque district. Comme
il) Fret C lunch Year Book.
il'l CINQUIÈME PAUTlli. — l'ÉGLLSE
il ne s'est produit jusqu'ici aucun sérieux conflit d'opinion dans le sein du Coi.seil, il n'a pas été nécessaire d'indiquer dans la constitution le nombre de délégués auquel chaque conseil local a droit ; il y a d'ailleurs aussi beaucoup de membres individuels du Conseil, clercs ou laies, qui ont le droit de participer à ses délibérations en vertu de leur cotisation annuelle. Chaque année on choisit le président et les autres dignitaires ; ceux-ci, avec les anciens présidents, quinze pasteurs et autant de laïcs élus par le Conseil et quelques membres « cooptés )< forment le comité exécutif. Ils constituent l'organisation permanente de la Fédération, qui siège au Mémorial Hall, à Londres, qui publie les documents officiels, qui envoie des missionnaires comme Gipsy Smith et ïolefree Pair et qui sert de stimulant pour toute la masse des non-conformistes du pays.
Les conseils locaux sont encore plus intéressants que le congrès annuel, comme manifestation de l'harmonie croissante qui règne entre les églises non-conformistes. Nous avons vu déjà que ces conseils s'étendent aujourd'hui sur tout le royaume et qu'ils unissent toutes les différentes sectes évangéliques dans un effort commun pour développer une plus grande énergie et pour éviter les doubles-emplois, source de déperdition des forces. Là où ce plan est exécuté au complet, le territoire allèrent à un conseil local est divisé en districts, dont un est attribué à chacune des églises pour former la paroisse spéciale qui sera l'objet de son activité. L'église locale prend autant que possible la responsabilité de la situation sociale et religieuse de son district et, dans ce but, ses pasteurs et un groupe de ces (îdèles laïques entreprennent la visite à domicile de tous les habitants. Ce système paroissial, comme on l'appelle, est un excellent moyen d'atteindre toutes les classes de la population ; mais il exige entre les diverses églises une confiance mutuelle absolue et l'absence de toute jalousie. Ou n'a pas tenté d'opérer la fusion des sectes ni d'effacer les différences qui les distinguent, mais seulement d'établir entre