CHAF. I.V11I. — LA FÉDÉRATION IMPERIALE '.Y
riales, ce serait supposer que le ministère puisse avoir la majorité aujourd'hui, la perdre demain, la retrouver après-demain : hypothèse qui rend pour ainsi dire inapplicable le principe de la responsabilité ministérielle. D'ailleurs, aucune proposition de ce genre ne donnerait satisfaction aux colonies, car elle signifierait que toutes les affaires confiées au pouvoir central seraient dirigées par d"s ministres anglais, sur le choix ou la politique desquels les colonies n'auraient aucune influence véritable. Bref, la représentation directe à la Chambre des Communes entraînerait beaucoup trop d'intervention des colonies en Angleterre et beaucoup trop de gouvernement de l'Angleterre sur les colonies. Ces obstacles à l'admission des délégués coloniaux au sein du Parlement sont à vrai dire si évidents, que presque personne ne songe à réaliser un projet de cette sorte.
Objections contre un Conseil tle l'empire. — D'autre part, les difficultés ne sont pas moins grandes en ce qui concerne la création de toute autorité réelle en dehors du Parlement. Car le Parlement passerait au rang de législature subordonnée dans la mesure précise des pouvoirs confiés à cette autorité, et il pourrait arriver que les affaires étrangères de l'empire soient dirigées par des hommes qui ne se trouveraient pas d'accord avec les ministres anglais. Pour faire comprendre ceci, nous devons examiner les diverses façons dont on pourrait constituer le conseil de l'empire. 11 ne faut pas supposer que les colonies, aussi longtemps que leur population restera ce qu'elle est à présent, recevront la majorité des sièges. S'il devait en être ainsi, l'hypothèse d'un désaccord possible entre le conseil de l'empire et le cabinet anglais deviendrait probablement un état de fait plus ou moine prononcé. Si, au contraire, la représentation doit être proportionnée à la population, les colonies auront un quart des sièges et l'Angleterre les trois quarts ; et dans ce cas, il importe de se demander comment les délégués anglais seront choisis. Si l'oppo-
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sition a droit à une représentation quelconque, il se pourra de nouveau que les membres coloniaux et la minorité des membres anglais imposent au conseil des décisions contraires à l'avis des chefs de la Chambre des Communes. Mais si, comme il est plus probable, les représentants du Royaume Uni doivent être nommés par la Couronne, c'est-à-dire par le cabinet, les délégués des colonies se trouveront d'une manière permanente en minorité impuissante. Ils auraient le droit d'exprimer leur opinion et de persuader les ministres anglais, grâce à leur éloquence, mais, du moment qu'on passerait au vote, ils seraient toujours écrasés. Dans ce cas, les colonies autonomes devraient contribuer aux dépenses impériales sans pouvoir exercer aucune action décisive sur la politique impériale. On pourrait sans doute réduire ces difficultés en décidant qu'une majorité spéciale serait nécessaire pour certaines catégories de décisions, comme cela s'est fait pour le Bundesrat allemand ; mais des mesures de cette sorte ne pourraient guère bien fonctionner dans une confédération de gouvernements populaires, et certainement elles n'écarteraient pas tout à fait les obstacles.
Difficultés en matière de finances. — Puis il y a la question des finances. L'histoire de la Confédération germanique et celle des Etats-Unis d'Amérique sous le régime des Articles de Confédération montre quelle est la faiblesse inhérente d'un gouvernement fédéral dépourvu de ressources propres et obligé de réclamer des subsides aux Etats qui le composent. Pourtant, le droit qu'un conseil d'empire aurait d'imposer directement l'Angleterre et ses colonies soulèverait des conflits aigus. Le moyen de beaucoup le plus commode, et peut-être le seul moyen praticable de se procurer de l'argent, serait l'impôt indirect, et l'on s'imagine les débats qui se livreraient sur l'établissement des droits de douane à l'intérieur de l'empire et contre les nations étrangères.
Les obstacles sont plus grands qiionne le pense. — Les