‹ Le gouvernement de l'AngleterreChapitre 129 sur 191 · CHAP. LVJ1I. LA FÉDÉRATION IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

CHAP. LVJ1I. LA FÉDÉRATION IMPÉRIALE

avantages compensatoires ne seraient pas bien grands, parce que jusqu'ici la consommation que les colonies peuvent faire de produits anglais esl Faible en comparaison îles exportations anglaises vers les autres pays. L'auteur ne peut exprimer aucun avis sur cette question encore chaudement débattue entre les Anglais euxmêmes, mais l'élection générale de 1906 fit. comprendre clairement qu'aucune proposition de cette sorte ne pouvait être discutée à l'heure présente, et les ministres anglais le déclarèrent nettement à la Conférence coloniale de 1007.

Les conférences colon iules. — Les seules mesures importantes dans le sens d'un resserrement du lien politique ont été les consultations tenues à Londres, avec les premiers ministres des colonies (l). La première de ces conférences eut lieu en 1887, à l'occasion du jubilé de la Reine. 11 s'en tint une deuxième dix ans après, et d'autres suivirent en 1002 et en 1007. Dans cette dernière on adopta une organisation permanente en vertu de laquelle des réunions appelées Conférences impériales doivent être tenues tous les quatre ans. Les membres en sont le premier ministre et le secrétaire d'Etat d'Angleterre pour les Colonies, les premiers ministres et les autres délégués des colonies autonomes; chaque pays représenté a droit à un vote. La conférence n'est évidemment qu'un simple moyen de se consulter, et elle ne peut pas lier à la majorité des voix ni la mère-patrie ni aucune des colonies, sans leur consentement. Elle a le caractère d'un congrès de diplomates plutôt que d'un organe de gouvernement. Même réduite à ce rôle, la conférence a déjà rendu et elle rendra encore de grands services en favorisant l'échange des idées, les concessions mutuelles et l'accord général sur les questions d'intérêt commun. Seulement, il faut se rappeler

(t) Une conférence subsidiaire fut tenue à Ottawa en 1894, pour discuter les questions des cables sous-marins, du service postal et des relations commerciales entre la Grande Bretagne, le Canada et l'Océanie.

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que les intérêts ne peuvent pas toujours être rendus identiques, et que gouverner ne signifie pas agir du consentement général, mais imposer l'obéissance aux décisions une autorité souveraine. Et il n'est pas facile d'instituer une autorité pareille pour l'empire britannique.

Difficulté de concevoir une autorité fédérale. — Ileprésentation au Parlement. — Le régime parlementaire est singulièrement flexible, mais il a des limites. 11 est extrêmement élastique,jusqu'à un certain point, mais on ne peut pas l'étendre au delà de ce point. L'un des principaux mérites de la constitution des Etats-Unis a été sa capacité d'extension à un nombre toujours croissant d'Etats nouveaux ; mais le gouvernement parlementaire, dans la forme où il s'est développé en Angleterre, ne se prête pas à la même opération. Le cas de l'Irlande est typique à cet égard. Gladstone, aux différentes étapes de son projet de Borne Rule, proposa d'exclure les députés irlandais de la Chambre des Communes, puis de ne les admettre que pour discuter les questions impériales, puis enfin de leur reconnaître tous les droits des membres de la Chambre. Et pourtant, en dehors du problème fondamental de donner à l'Irlande une législature particulière, il s'élevait contre chacune de ces combinaisons des objections graves, qui s'appliquent avec tout autant de force aux colonies. Exclure complètement les Irlandais, c'était les priver de toute participation aux aflaires impériales : c'est la situation présente des colonies. Admettre des députés coloniaux à la Chambre d'une manière générale, c'est aggraver l'obstacle qu'apporte actuellement au bon fonctionnement du régime parlementaire la présence des députés irlandais. Cela revient à dire que le sort d'une loi d'enseignement et d'un ministère pourrait être décidé par les députés des colonies contre l'opinion des représentants des Iles Britanniques : situation intolérable pour l'Angleterre. Admettre les députés coloniaux uniquement pour discuter des questions impé-

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