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CIIAT. XXXIX. — LES BOURGS, LE CONSEIL DE VILLE

de la ville. Dans la plupart des localités, le maire ne touche aucun traitement ; ailleurs, il reçoit une indemnité qui varie de cent livres sterling, dans les petites villes, à deux mille sept cents livres à Liverpool, — c'est le chiffre le plus considérable que l'auteur ait rencontré ; — mais en aucun cas le traitement ne couvre les dépenses. Dans ces conditions, le nombre de ceux qui aspirent à cet honneur n'est pas illimité ; en effet, l'on entend quelquefois parler de la difficulté de trouver un membre du conseil qui consente à l'accepter. Cela suffit à expliquer pourquoi il n'y a pas plus 'l'intrigues pour ce poste et pourquoi le parti au pouvoir est disposé à accueillir généreusement les candidats de la minorité. Cela explique aussi les exemples occasionnels où le maire a été pris en dehors du conseil : généralement, dans le ras où un pair habitant dans le voisinage fut élu à cause de l'éclat de son titre et en vue de l'hospitalité qu'il offrirait dans son château.

Influence effective du maire. — En vertu d'un usage observé partout et que les standing orders du bourg confirment, le maire est d'office membre de tous les comités du conseil. On pourrait croire que cela lui donne une grande autorité sur toute l'administration, mais son temps est tellement absorbé par les consultations au sujet de la maichedes alfaires dans les réunions du conseil, par les audiences qu'il doit accorder à toute espèce de gens ayant toute sorte de griefs, par les cérémonies officielles et par la présidence d'innombrables réunions publiques ou de bienfaisance, qu'il lui reste généralement peu de loisir pour s'occuper des comités ou même de ses intérêts particuliers. Le temps qu'il consacre à l'administration delà ville varie assurément selon les localités et selon les hommes. Tantôt il assiste réellement à de nombreuses séances de comité et exerce une très grande influence sur la marche des alfaires ; tantôt son rôle est presque purement honorifique. Pour donner une idée générale de son influence, d'après les informations recueillies dans un nombre considérable de villes, on

peut dire que d'ordinaire il assiste aux seuls comités dont il a fait partie avant son élection à la mairie, et que, tout en étant habituellement un homme qui compte à raison de son expérience et de sa situation personnelles, il n'exerce ordinairement pas, en tant que maire, une grande action sur la politique générale du conseil ou sur la direction de ses travaux. On cite toujours comme exemple du contraire l'administration de Birmingham par M. Chamberlain, au temps où il en fut le maire, de 1873 à 1876 ; niais tout le monde reconnaît que son pouvoir fut tout à fait exceptionnel et l'on n'en trouve nulle part d'autre exemple (1).

Le fonctionnement du conseil. — Les partis. — D'ordinaire, après l'élection du maire et des échevins, le conseil se divise peu suivant des distinctions de parti. Elles reparaissent quelquefois dans la nomination des comités et des fonctionnaires les plus importants, mais quant au reste elles sont d'habitude à peu près oubliées. On dit même communément que les membres entrent au conseil avec le caractère d'hommes de parti, mais qu'après l'élection ils abandonnent la politique de parti et consacrent leur temps aux fonctions municipales. 11 y a pour cela trois raisons. La première est l'absence d'un système général de « dépouilles » dans la distribution des emplois. La seconde est le fait que les partis ne sont

(1) En Ecosse, le prévôt, qui correspond au maire anglais et occupe une situation semblable, est élu par le conseil pour trois ans (63-64 Vie. c. 49, § 56). D'habilude il n'est pas réélu, bien qu'il y ait des exceptions à la règle dans les petits bourgs. Cette charge est à tout prendre encore plus appréciée que celle du maire en Angleterre et le prévôt exerce plus souvent une action décisive sur l'administration municipale. Les conseils des cinq plus grands bourgs d'Ecosse renferment, outre le maire, les baillis et les conseillers, un doyen de gilde élu non pas au suffrage populaire, mais par ce qui a survécu des anciennes gildes de marchands ; à Edimbourg et à Glasgow, on y trouve aussi un « diacre convocateur » {dearon convener) qui représente ce qui reste des gildes de commerce. Ces dignitaires siègent encore au conseil avec tous les droits des membres.

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