CHAT. XXXIX. LES BOURGS, LB CONSEIL DE VILLE
pas souvent en opposition aiguë sur des questions île politique municipale. A Londres, qui est une ville assez grande pour avoir du mouvement dans sa politique intérieure, les partis au conseil de comté se sont réellement divisés sur la politique locale ; les progressistes poussent à l'extension de la sphère île L'administration publique et des industries municipales au moyen de l'entreprise en régie directe d'une foule de services qui intéressent l'ensemble de la communauté; les modérés, au contraire, veulent laisser ce- objets davantage aux mains des particuliers. Dans ces conditions, les partis se divisent fréquemment sur des questions comme celles de savoir s'il faut construire tel édilice par entreprise ou, au contraire, en charger le département des travaux publics du conseil, concéder une ligne de tramway à une compagnie ou plutôt l'exploiter en régie directe, et s'il convient d'établir un service municipal de bateaux à vapeur sur la Tamise. On rencontre quelquefois cette division iu partis dans des bourgs de province. Il y a quelques années elle existait à Leeds, où, chose curieuse, la situation était inverse, car les conservateurs formaient le groupe progressiste du conseil. Elle exista également à West Ham, où la ligne de séparation se plaça entre les socialistes et les modérés; les premiers, en 1899, tinrent un c/iucus avant la réunion du conseil pour décider de l'attitude qu'ils prendraient sur toutes les questions qui devaient surgir. Mais il est clair qu'une opposition marquée entre les partis au sujet de la politique municipale n'est pas l'ordinaire dans les bourgs anglais. Même là où les libéraux ont des tendances en somme plus progressistes que les conservateurs, quelques-uns de ceux-c s'entendent généralement avec ceux-là, et le plus souvent il est impossible de tracer aucune ligne de séparation de parti ; en sorte que, si de part et d'autre, pendant la période électorale, il peut être beaucoup discuté sur la qualité des services et les économies, ces divergences s'effacent généralement dès que le conseil se met à l'œuvre. Parfois, les membres d'un parti au conseil se réunissent en caucus à propos d'une affaire importante
qui doit être examinée, mais il est rare qu'ils adoptent des résolutions obligatoires. Bref, il existe quelques bourgs où les votes de parti sont fréquents ; il y en a beaucoup plus où ces votes sont exceptionnels ; et dans d'autres, à peu près également nombreux, ces votes ne se produisent pour ainsi dire jamais, sauf dans les élections que nous avons décrites plus haut (1).
Les comités. — La troisième raison de la faible importance des partis dans le fonctionnement du conseil se trouve dans son organisation interne au moyen d'un grand nombre de comités. 11 faut se rappeler que, le bourg ne possédant aucun organe exécutif distinct, toute la besogne administrative incombe au conseil. Mais une grande assemblée ne peut pas l'exécuter directement ; aussi, les conseils ont-ils naturellement eu recours à la formation de comités, dont chacun est chargé de surveiller une partie de l'administration. Un seul de ces comités est imposé par la loi. C'est le comité « de veille » (watch committeë), auquel appartient le soin de la police (2) ; mais la loi de 1882 autorise le conseil à nommer des comités pour tous les autres objets qu'il juge convenable (3) et il est fait de ce droit un usage fréquent.
Le nombre des comités varie d'une demi-douzaine à plus d'une vingtaine, non pas d'après l'importance de la ville, mais plutôt d'après l'étendue du ressort de chacun de ces comités. Là où ce ressort est vaste, on institue des sous-comités pour les divers départements ou services de l'administration, l'ensemble demeurant soumis au comité principal qui est responsable devant le conseil. Le
(1) Dans les bourgs d'Ecosse, où les candidats au conseil ne sont pas présentés par les partis politiques, et dans les quelques bourgs anglais qui suivent le même usage, il n'y a naturellement pas de votes de parti au conseil.
(2) 45-46 Vie. c. 50, § 190.
(3) lbid., § 22. En vertu de diverses lois, certains comités, tels, par exemple, ceux de l'enseignement et des bibliothèques, renferment des membres additionnels pris en dehors du conseil.