W, 45». — Rue Monge
161), 161. — Rue Saint-Victor.
162, 163, 164. — Place d'Italie etc. etc.
Quant ù ceui qui défendaient les barricades, et que nous renons heureusement d*écraser, nous leur avons enlevé des maius plus de 330,000 fusils, 3,000 boucbesi feu, et des munitions considérables. Misérables baudits profinanl le nom de patriotes, tout cœur honn4>tc doit tes maudire, attendu que, quel que soit le Jugement ultérieur de l'histoire, ils ont tenté leur e.Técrable coup de main  l'heure où l'étranger était à nos portes, triomphant, arn^nt, audacieux!..
Ces adversaires , nous l'avons dit, se peuvent répartir en trois groupes distincts : les agents de l'étranger; les républicains rouges avec leurs acolytfis ; et les adeptes de la jacquerie inlemationale.
Des étrangers, de nos ennemis nous n'avons plus rien à dire, sinon que les officiers prussiens qui assistaient à la démolition de la colonne Vendôme se sont fait conduire à l'Hôtel de ville, immédiatement après la cérémonie ; et que, là, ils ont été reçus par les membres de la Commune avec tous les honneurs dûs à leur rang. La voiture qui les a menés était de chezBrion. Le cocher
nous ne dirons rien du cocher.
Quant aux autres combattants, ils formaient ensemble une force d'environ H0,000 hommes qui peut se décomposer comme il suit : Il y avait d'abord, à l'état de volontaires, obéissant à V Internationale, ou prenant le mot d'ordre du Comité central , un contingent de 20,000 adhérents, pour la plupart, fanatisés. C'étaient des républicains ultra-rouges ou des socialistes.
A bien prendre, dit un observateur, c'était encore là la meilleure portion des forces communeuses.
En regard de ce chiffre, il faut compter les esprits faibles, les ignorants, les hésitants , les poltrons, les élégiaques , ceux que la contagion gagne toujours facilement. Cet autre élément ne s'élevait pas à moins de 15,000 hommes, levés sans peine dans le cercle des vingt arrondissements de Paris.
Immédiatement après, venaient les déclassés, les fruits secs des diverses professions libérales : avocats sans cause, médecins sans clientèle, journalistes sans public, peintres sans nom, bacheliers es lettres ne possédant que le diplôme, ingénieurs de tabagie, officiers réformés,
prMres dtfroqués , notaires révoqués , buïuien chassés, «HDédiens sifltés, musiciens râpés, commerçanls a^ant mis la def sous la porte, raillîs non réhabilités, rî- I ches raillés, iTrognes incorrigibles, joueurs et grecs (le tripots, toujours h l'ad'ùt (fuD sourire de lu Fortune. Ob bit encore 13,000 bommes.
Un chômage forcé a nécessairement jeté sur le pavé, tkès Sedan, «les ouvriers saus épargne, des contre-maîtres, des commis, des teneurs de livres, et une Iris-gruude miété d'autres pau^Tes diables sans asile. Ceus-là ont néiressatremenl considéré comme une Providence le baard de la révolution du 18 mars, qui leur continuait In «olde de I franc 50 cealimcs, avec la haute paye pour les femmes, légitimes ou non, et le subside pour les cufanls.
itn porte ce contingent à 30,000, et l'on n'exagère certainement pas.
Cependant, la portion la plus importante et, de toute focoa, la plus redoutable, s'est recrutée dans un monde terrible : parmi les repris de justice, les Tor^iits libérés en rupture de ban, ou tolérés dans les existences exceatiit]ues ; chez les souleoeurs de filles , les bateleurs, les mendiants , les voleurs de profession, les receleurs.
Sui^'aut M. Premier (/yû/utre des r/asiti flanijfrettif$ de ^ il «artefir). il a dA sortir de cet ensemble 33,000 coipbat- ^ prtts à défendre le drapeau rouge.
B dernier chi0re n'a rien qui puisse surprendre, attendu que, pour ne citer qu'un seul exemple, le commissaire central du Loiret, ayant inlîmé aux 300 internés
du département Tordre de se présenter à la police pour y faire viser leurs livrets, quatorze seulement répondirent à l'appel! Le reste était aux remparts de Paris, défendant la liberté réaliste , contre les imraiw, les Vendéens, les Pontificaux, les Chouans y les Versaillais!
Il y avait enûn, à Paris, toute Técume de l'Europe. La fumée de la guerre avec la Prusse , excitant le besoin d'aventures, avait amené, tout à coup, dans la malheureuse capitale, des échantillons de toutes les races européennes. On a vu défiler sur les boulevards des Russes, des Italiens , des Grecs, des Yalaques , des Belges , des Hollandais, des Irlandais, des Espagnols, mais surtout des Polonais, de ces Polonais que nous avons jadis accueillis avec tant de bonté, de générosité, de sottise; que nous avons si longtemps , si bêtement pensionnés I
Nous empruntons au Figaro cette liste curieuse des pirates internationaux conviés à la curée par les chefs de la Commune de Paris :
Anys-el-Bittar, directeur des manuscrits à la Bibliothèque nationale. (Égyptien.) Biondetti , chirurgien-major du 233* bataillon. ( Italien.) Babick, membre de la Ciommune. (Polonais.) Becka, adjudant du 207* bataillon. ( Polonais.) Gloseret, général, délégué à la guerre. (Américain.) Gematesco, chirurgien-mi\|or des lascars. ( Polonais.) Crapulii^ki , colonel d'étai-major. (Polonais.)
[ Capellaro , membre du bureau militaire. ( Italien.) Carneiro de Cunha, chirurgien-major du 38* bataîDi
(Portugais.) Cbarniambo, chirurgien- major des éclalreurs fédérés.
(Polouais.) Dombrowski, général des forces de la Commune. ( Russe. ) ' Dombrowski (son frère), colonel d'élat-major. ( Russe. W . DumofT, commandant de légion. (Polonais.) ^H
Echenlaub, colonel du 88' bataillon. (Allemand.) ^^ Ferrera Gola, directeur-général des ambulances. (Portugais.) Frankel, membre de la Commune. (Pnissien.) Giorok , commandant du fort d'issy. (Valaque.) Grejorok , commandant de l'artillerie de Montmartre.
( Valaque.) Kerlzfeid, directeur en chef des ambulances. (Allemand.) Iziquerdo, chirurgien-major du 88* bataillon. (Polonais.) Jalowski, chinit^ien-major des zouaves de la République.
( Polonais. ) Kobosko, caTalier estafette, mis h l'ordre du jour de l'ft
mée de la Commune. (Polonais.) LaCecilia, général. (Italien.)
Landowski , aide de camp ilu général Domhmwski. (Polonais.) Mizara, commandant du iW bataillon, (Italien.) Maraluch, aide-major du 72' bataillon. (Hongrois.) Moro, commandant du 22" bataillon. ( Italien.)
Okolowicz et ses frères^ général et officiers d'état-major.
(Polonais.) Ostyn, membre de la Commune. (Belge.) Olinski, chef de la W légion. (Polonais.) Pisani, aide-deH;amp de Flourens. (Italien.) Potampenki, aide-de-camp du général Dombrowski. (Polonais.) Ploubinski, officier d'état-major. ( Polonais.) Pazdzierswski , commandant du fort de Yanves. (Polonais.) Piazza^ chef de légion. (Italien.) Pugno^ directeur de la musique à l'Opéra. (Italien.) Romanelli^ directeur du personnel de la guerre. (Italien.) Rozyski, chirurgien-major du 144'' bataillon. (Polonais.) Rubinowicz, officier d'état-major. (Polonais.) Rubinowicz (P.), chirurgien-major des marins fusiliers.
(Polonais.) Syneck, chirurgien-major du 151* bataillon. (Allemand.) Skalski, chirurgien-major du 240'' bataillon. (Polonais. ) Soteriade , chirurgien - major ( Espagnol.) Thaller, sous-gouverneur du fort de Bicètre. (Allemand.) Yan Ostal, commandant du 115* bataillon. (Hollandais.) Yetzely commandant des forts du sud. (Allemand.) YVrobleswski/général, commandant l'armée du sud. ( Polonais.) Witton^ chirurgien-major du 72* bataillon. (Américain.) Zengerler^ chirurgien-major du 74* bataillon. (Allemand.) Puisque nous avons, mainte fois, dans le cours de ce
E récïl, parlé de la société VJntei-nationule, il est peut-Mre [ bon d'en di\Tilgui'r l'organisation, et nous ne saurions I mieux faire que de reproduire ici ce qu'en a publié le I Journal officiel, en ses numéros des âO mai et I" juin :
« Dans rinsurreclion dont le triomphe momentaaé a ail peser sur Paris un joug si odieux et si humiliant, porté au comble les misères de la France, et mis la civilisation en péril, \' Inkmalionale a Joué un r6le qui a souilain révélé à tous la funeste puissance de cette redoutable association.
•I Le 19 mars, au lendemain de l'explosion de sédition ' terrible dont les dernières horreurs épouvanteront l'his- . toîre, on vit apparaître sur les murs une arOche qui apprenait à Paris les noms de ses nouveaux maîtres. C'était, hormis un seul, qui avait acquis une notoriété déplorable, des noms inconnus de la plupart de ceux qui les lisaient ; ils avaient surgi tout à coup de l'obscurité et du néaut, et l'on se demandait avec êtonnement, avec stupeur, quelle force ignorée avait pu leur donner une valeur et une signilication qu'ils n'avaient point par eux-mêmes. Cette force, c'éiaitV /nternationale; ces noms étaient cenx de quelques-uns de ses membres.
<i On saitquelle part elle eut depuis dans les événements qui ont désolé la France et inquiété le monde. Il n'est donc point indifférent de rechercher ce qu'elle est, comment elle se gouverne et à quoi elle lemL D ne s'agit pas seulement d'un problème historique à résoudre :
Y Internationale & montré ce qu'elle pouvait; vaiacue a jourd'hiii, ce serait une illusion fatale de croire qu'elli| s renoncé, à tout jamais, à l'espoir d'une revaDche; est une menace, et il faut la désarmer.
Il Un livre publié l'année dernière et qui, malheureui ment, n'a point été assez lu, l'a étudiée avec un soin e trSme dans son origine, dans ses principes, dans s organisation, dans ses ressources, et aussi dans ses e frayants progrès. Les documents sont indiscutables; lei témoignages, certains; c'est elle-même qui parle, et i révèle tout entière sans dissimulation, sans réticenofl sans pudeur. Ce livre est YAstociation internationale d Tramilletim, de M. Oscaf Teslut.
(I L'idée de l'association internationale des travailleni [•tal portée en Angleterre par des ouwiers français et, dein ans plus tard, le Ï28 septembre 1864, les bases en étaient jetées, à Londres, dans un meeting en faveur de la Pn logne, tenu sous les voûtes de Marlin's Hall.
« Un règlement provisoire fut alors adopté. L'arti premierdffinit, en ces termes, l'objet qu'avaient en vue \i fondateurs: «Une association est établie ponrprocureru point central de communication et de coopération ei les ouvriers des différents pays aspirant au même l savoir : le concours mutuel, le progrès et le compl affranchissement de la classe ouvrière. '>
t< Ce règlement est précédé de considérants. Un d'e met en pleine lumière la pensée qui préside & l'œuvi entreprise. 11 y est dit qu'au n grand but» del'émancipi
t' lion économique des Iravaitleurs << loul mouvement po- B'Ittique doit èlre subordonné comme moyen ».
Des sociétés locales, et spéciales pour chaque industrie,
groupées en seclions sous la direction de conseils fédé-
I raux; au-dessus des conseils rédérau:^, un conseil gé-
L nérai ; leU sont les éléments qui entrent dans l'organisa-
I lion de V/nlrittationale.
r «La section , — c'est un des journaux de l'association n qui parle, — est le type de la commune. A la ICtc de it la section est un comité administratif chargé d'exécuter I a les mesures décrétées par la section. Au lieu de com- I « mander, comme les administrationsactuelles, il obéîtA I n sesadministrés. »
Il Intermédiaire entre les différentes sections, et enire les sections et le conseil général, le conseil fédéral, composé I des délégués des seclions, a pour mission de défendre les I intérêts divers des corporations, d'étudier les questions I économiques et sociales, de maintenir les ouvriers unis l-dans leur lutte contre « l'exploitAtion du capital ». C'est I sussi h lui qu'est remis te soin de faire de la propagande, I de statuer sur l'opportunité des grèves, sur les demandes I d'emprunt, sur les afliliations. Il eséîut« les décisions du I «onseil général. Un conseil fédéral n'est créé que lorsque I le nombre des sections rend indispensable un lien com- I mun qui les réunisse entre elles.
r «Le conseil général, formé d'ouvriers représentant les (tifTérvnles nations faisant partie de l'association, n établit des rclalions avec le^ différentes asiociations ouTriéres,
de telle sorte que les ouvriers de chaque pays soient constamment au courant des mouvements de leur classe dans les autres pays ». (Art 5 des statuts adoptés au congrès de Genève, en 1864.)
(( Il rassemble tous les documents qu'il reçoit des sections centrales, ou qu'il se procure par une autre voie, et publie un bulletin contenant tout ce qui peut intéresser l'association. Au congrès annuel, dont il est appelé à exécuter les résolutions, le conseil général fait un rapport public sur les travaux de Tannée, sur la situation de l'association dans les différents pays, sur les principales grèves.
(( C'est au congrès qu'il appartient de réviser les statuts et les règlements de l'Internationale, sur la demande de deux délégués présents; c'est dans le congrès que sont discutées les questions mises à l'ordre du jour par un programme que le conseil général a d'avance arrêté, et sur lesquelles l'assemblée est appelée à voter. « Le con- (( grès annuel, dit M. Oscar Testut, représente le pouvoir « législatif; c'est le conseil général qui remplit le rôle du (( pouvoir exécutif. »
((L'association tire ses ressources des cotisations payées par les membres. Ces cotisations varient de 10 centimes par an à 50 centimes par mois pour la cotisation fédérale. Tout membre paye en outre une somme annuelle . de 10 centimes pour les frais du conseil général. Chaque société conserve la libre disposition des cotisations versées par ses membres. Néanmoins, lorsqu'une société ou une fé-
dération est frappée d'une suppreagion de trarail ou d'une diminution de salaire, ou lorsqu'elle s'est mise en grève, le conseil Téiléral peut Taire connaître la situation au conseil général qui invile toutes les sociétés des divers pajs à venir en aide à la société amiiée.
(1 Des souscriptions volontaires peuvent être ouvertes pour des besoins politiques.
(1 L'association, dont nous venons d'indiquer brièvement l'organisation, compte aujourd'hui HUIT MILLIONS d'adhérents. Elle ne date, comme on l'a vu, que de l'année I8(i(.
a Quatre fédérations se partagent la France : la parisienne, la rouennaise, la lyonnaise, la marseillaise.
« A Paris, presque toutes les sociétés ouvrières se sont fédérées et adbèrent à VlnlernationaU. Une section allemande a Été constituée dans le courant de l'année dernière. La fédération lyonnaise réunit plus de trente corps de métiers; elle a fonde des sections à Saint-Ktienne, k Neuville-sur-Saôoe, à Vienne, à Saiot-Symplioricnd'Ozon. Dana la fédération rouennaise sont groupés le$ calicotiers de l'arrondissement de Rouen, les tisseurs et tisseuses, les tanneurs, les corroyeurs, les charnenliefs, les lithographes, les tisseurs de bretelles, les fileursde coton de l'arrondisseracnt de Saint-Sever et du canlnn de Grand-Couronne, d'autres sociétés ouvrières encore. Vingt-sept sociétés affiliées composent la fédération marseillaise.
Il En dehors des qnalre fédérations, il faut citer onc^r*
les sections d'Aix, de La Ciotal, de Biest, de Mulhouse, de Besançon, d'Elbetif, de Limoges, de Roubaix, de Cambrai, du Mans, de Ileims, de Cossé, de TourcoÎDg, du Creuzot, de Fourchambaull , de Bordeaux, de Villefranche dans le Rhône, de Tmveau, de Tournon, de Crest, de Caen, de Condé-sur-Noireau.
«En Belgique, V Internationale ^ pris un développement énorme. Elle ne comprend pas moins de neuf fédérations, et le seul bassin de Cbarleroi en forme quatre. « Il ne se passe pas de semaine, dit M. Testut, sans que a plusieurs sections ne soient fondées. "
<i La Suisse est aujourd'hui l'un des centres les plus iair J portants de l'association. Les sections y sont au nombre de cinquante-trois ; les plus considérables sont celles de Genève, de Bâie, de Neuchatel, du Locle, de la Chauxdc-Fonds, de Zurich.
II Les adhérents à ï Inlemattonate se multiplient en Italie : à Milan, ii Gênes , à Florence ; la section de Naples ne compte pas moins de trois mille membres.
If En Autriche, où une loi défend toute relation avec les associations étrangères, les ouvriers s'associent et suivent les principes de Vlnternationalt, isolémenL Dès le mois de mars I86'J, 10,000 ouvriers, ii Vienne, avaient adhéré à ses statuts; 1,200, à Reichenau; COO, h L'mtz, 6,800 dans le Tyrol et les contrées avoisinantes ; 6,000 en Bobfime et en Silésie ; S,30fl à Peslh et ù Tcmeswar.
u En Allemagne, presque toutes les sociétés^ouvriërcs sont affiliées, Le congrès de Nuremberg, en 1868, repré-
senlait plus ilo 200 sociétés du Nord et liu Sud. En 1869, la société générale allemande des omTÎers, il Berlin r déclarait qu'elle adoptail le programme de l'Internationale. Le comité central est à Leipsig; le nombre des affiliés dépasse un million.
M L'Angleterre a été le berceau de l'association, et c'est Londres qui en est encore le centre le plus important. A très-peu d'exceptions près, les sociétés ouvrières anglaises sont afliliées. L'association des charpentiers comprend, â elle seule, deux cent trente sections, et son fonds social ne s'élève pas à moins de deux millions de francs. La Trade-l'iiion {Atsociation ^ouvriers) des mécaniciens n'a pas moins de trois cent huit branches; celle des charpentiers en a cent quatre-vingt-dix.
V En Hollande, des sections se sont formées à Amsterdam, ù Arnhem, à Oosterbeck et à Itotterdam.
« Une section a été constituée en Russie.
Il Madrid n un conseil fédéral qui réunit vingt sections ; un autre centre, à Cadix, comprend quatorze sections. A Barcelone, trente-huit associations ouvrières sont afUliées. Toutes celles des Baléares sont fédérées.
«En août 1869, un congrès organisé ù Philadelphie, par le National Labour Union, fédération des TraïUs Cnîons, plus de huit cent mille ouvriers étaient représentés. Le National Labour Vnion est aujourd'hui aflilîé A {'Internationalf. L'assemblée générale des ouvriers, allemands des États-Unis n voté son affiliation A la Un de l'année 180!).
— Ski —
(( li'Intcfmationale devait avoir sa presse spéciale. Ses journaux soDt déjà nombreux. Deux paraissent en France, six en Belgique, neuf en Suisse, trois en Allemagne, un en Italie, six en Espagne, un en Autriche, un en Amérique, trois en Hollande.
« Ainsi, en moins de sept ans, V Internationale a conquis une portion énorme de la population ouvrière en Europe et en Amérique; elle espère bien la conquérir tout entière. Trente-deux journaux aident à la propagande, et il n'y a pas de région si lointaine où elle ne se promette de pénétrer.
(( Une association s'est formée en Chine et dans l'Inde, qui a pris le nom de Société fraternelle du Ciel et de la Terre. Elle a publié un manifeste où elle déclare chantement « qu'elle se croit appelée par l'Être suprême à (( faire disparaître le déplorable contraste qui existe entre « la richesse et la pauvreté ». Et plus loin : a Quand la « grande majorité des villes et des campagnes aura prêté (( serment à l'Union fraternelle, l'ancienne société tombera « en poussière, et l'on bâtira l'ordre nouveau sur les ruines «de l'ancien. » Aussitôt que ce document était signalé en Belgique, un des journaux de l'Internationale invitait ceux des amis de l'association qui auraient des relations avec la Chine et avec l'Inde à ne rien négliger (( pour amener un heureux rapprochement » entre l'Internationale et la Société fraternelle du Ciel et de la Terre.
u Un homme d'un grand sens, frappé du développement
— :iV2 —
siprodigieusemoiilraiiiili'dL- Vliittrnalhiuilt, en quelques années, écrivait ces lignes : « Ce n'est pas une doctrine, n ce n'est pas l'action de l'intelligence qui expliquent une n telle puissance d'expansion. » C'est là une observation très-juste. Les idées n'ont pas sur les bomines une prise assez forte pour expliquer un pareil miracle. La satisfac- Uou promise à des passions et k des appétits est seule capable de l'opéi-er. Il suffisait, pour l'arfiriner d'uwnce, de lii connaissance du cccur bumain et de celle de l'histoire. Que l'on parcoure les publications de Ylntemalionaie, qu'on lise les discours prononcés par ses membres dans les congrès qu'elle a tenus, et l'on verra bien vile celte induction pleinement justifiée.
H AuK doutes, qui pourraient s'élever surce point, quelques citations répondront d'une façon péremptoire.
n Le grand but de V Internationale est ii l'émancipation « économique des travailleurs, » disaient modestement, dans les considérants de leur rËglement provisoire , les fondateurs de ta socii^té. C'était \h l'apparence; la réalité, la voici :
Ceux qui inspirent cette elTrayante armée de Vlntematimale, et la commandcat, veulent la révolution sociale, et ils le disent ouvertement, cyniquement :
« Nous ne sommes pas des socialistes i^ système, >i nous sommes purement et simplement des révolutionu naires ; nous faisons appel à la masse, et nous sommes
« convaincus qu'elle seule a le secret de ses destinées , te et qu'elle seule peut donner le mot d'ordre de l'avenir, a Les droits des travailleurs, voilà notre principe; l'or- « ganisation des travailleurs, voilà* notre moyen d'acfc tion; la révolution sociale, voilà notre but. » {Inter" nationaky n® du 27 mars 1870. )
« Les radicaux , les partis politiques , même les plus t( avancés, veulent simplement replâtrer l'édifice social c( en lui conservant ses bases actuelles. Nous voulons , « nous, faire table rase, et tout reconstituer à neuf; voilà fi dans quel sens nous sommes révolutionnaires, n {Progrès « de rOise, n*» du 29 janvier 1870.)
(( Ce mot de révolution sociale a-t-il, dans la boucbe ou sous la plume de ceux qui le prononcent ou qui l'écrivent, un sens vague et non déterminé ? Lisons le programme de la section de l'Alliance de la démocratie socialiste :
c( L'Alliance veut l'abolition des cultes,... l'abolition « du mariage en tant qu'institution politique, religieuse , «juridique et civile... Elle demande, avantjtout, l'abolition 0 du droit d'héritage, afin qu'à l'avenir la jouissance soit il égale à la production de chacun.. • »
(( Mais, dira-t-on, c'est une seule section de V Interna- (ionale qui parle ainsi. Qu'on lise les déclarations du congrès de Bruxelles, en 1868 :
« Le congrès reconnaît que le droit d'héritage doit être <( complètement et radicalement aboli, et que cette abo-
Il lilion €sl une des comlJtkjns les plu <i l'affranchissement du travail. "
iadispensables de
[[ Dépouiller l'hontmeldu droit de manifester extérieurement sa croyance, du droit (le donnera l'union qu'il contracte la sanction d'un contrat légal ou religieux, du droit de transmettre ses biens h ses enfants, ce n'est pas assez, il faut supprimer la propriété cl]e-m6me :
> Tout propriétaire qui veul louer un immeuble prouvi n par cela même qu'il n'en a pas besoin : qu'on l'i
^ prie! » (Tarlaret.)
:iWfej
Il Je demande la liquidation sociale, et par liquidalîon « sociale j'enlendsi'expropriationdetousies propriétaires Il actuels. 1) (Bakounine).
Il Le dén est relevé, la guerre est désormais déclarée, n et elle ne cessera que le jour où le prolétariat sera vain- 11 queur, ob les mineurs pourront dire : A nous les mines ! Il les cultivateurs : A nous les terres! les ouvriers de tous n les métiers : A nous l'atelier! ii {Adresse ites ouvriers de Li/on. le avril 1870.)
Il Toutes les institutions sur lesquelles ont, de tout Il temps, reposé les sociétés civilisées sont ainsi condam- <( nées ; ce n'est pas assez encore :
Il Ce qui nous sépare, radicah'mcnt et irrémédiable-
(t ment , nous autres socialistes , des hommes politiques « les plus radicaux, c'est que, pour ces derniers, ia.Ii- (( berté est tout, absolument tout. Ils disent : La liberté (( d'abord ; la solidarité, après. Devise profondément illo- (( gique !.... Nous disons, nous, et nous ne nous lasserons (( pas de le répéter : La solidarité, d'abord ; la liberté, « après. » {Progrès du Loiret, n* du 29 avril 1870.) V Internationale va plus loin :
a Raspail et Rochefort voudraient être socialistes , (( mais ils ne le peuvent pas, parce que, à Tinstar de tous <( ces démocrates bourgeois, ils partent d'un point de « vue absolument faux, qui est celui de la liberté indivi- « duelle. » ( Internationale, n? du 23 janvier 1870.)
« Voilà donc la liberté condamnée à son tour; c'eût été un affront pour elle d'ôtre épargnée par les hommes coupables de tant de défis jetés à la justice, à la raison, à la conscience publique ; il faut leur savoir gré de l'avoir honorée en la proscrivant.
Il restait la patrie; la patrie aussi est supprimée par ces insensés.
((... De même que le capital n'a pas de patrie, ses u victimes n'en doivent pas avoir ; nous, les ouvriers, nous (( ne devons pas en avoir. » {Manifeste de la section de « Barcelone.)
(( Et qu'ils se détrompent, ceux qui se persuaderaient que ces rêves monstrueux ne sont pour ceux qui les font que de pures théories :
■ ... Ce que le peuple vuudra, il IVsécnlera. Ce qu'on «aeToudnpasIuiacroTder, îl ^l'arcordenàlai-nifoiie.
■ S le petit nombre qui, aujourd'hui, nous régente rent « loUer une piîse d'annes , il subira la responsabilité de « soa ^oasemenL Mais tout se fera régulièrement, parce > que toul se fera par la grande majorité. Point de dicta-
■ tare de queiqœs-uns, puisquo c'est le peuple entier qui
■ a^oL Le peuple siu%Ta sa roule, envoyant dédai^eu-
■ soBeat nmler dans le misseau ceux qui voudront I a ^apposera la marche, a
■ Et quel sera le régime politique de ce monde nouveau I sorti de la victoire définilive du prolétariat? Le monarchique ? non, sans doute. Le républicain? pas davantage :
■ Coosidérant que... tout gonvernenient, ou Ëlat po-
■ lilîqae, n'est rien antre chose que l'oi^nisation de l'ex-
■ pioîlatîoD bourgeoise, exploitation dont la formule s'ap-
■ pelle le droit juridique ; que toute participation de la « cksse ouvrière à la'politique bourgeoise gouvernemeo-
■ tale Bepeut avoir d'autres résultats que la consolidation
■ de Tordre do choseséxistant, ce qut'paralyserail l'action
■ lévolutionuaire socialiste du prolétariat, le congrus ro- • hmim] recommande 1 toutes les sections de l'.^ssocîation
■ inlemalioiiale des Iravatiieurs de renoncer à toute ac-
■ tioa ayant pour but d'opérer la transformation au moyen
■ dea réTormes politiques nationales... » {La Soliik
■ ■•do II avril 1870.) a l.'/mtetttaiioita/e a dû commencer par déblayt
« terrain y et, comme toute politique, au point de vue de « l'émancipation du travail, se trouvait alors entachée d'é- « léments réactionnaires, elle a dû d'abord rejeter de son « sein tous les systèmes politiques connus, afin de pouvoir « fonder sur les ruines du monde bourgeois la vraie poli- « tique des travailleurs, la politique de l'Association in- « temationale. » {L'Égalité de Genève.)
(( Ne peut-on entrevoir au moins ce que sera le gouvernement de V Internationale triomphante?
(( Le groupement des sociétés de résistance , a dit le (c congrès de BrU!xelles, en 1868, formera la commune de (c l'avenir, et le gouvernement sera remplacé parles con- (( seils des corps et métiers. »
((Cela est obscur, cela est incompréhensible. N'importe; la sagesse de l'Internationale a rendu son oracle : que le peuple s'incline avec humilité et se prépare à faire docilement, aveuglément, son œuvre; à remplir la tâche qui lui a été assignée par ses maîtres.
(( Deux mois durant, ils ont tenu Paris entre leurs mains, ces apôtres et ces législateurs de l'Internationale, et ils ont appliqué leur programme : plus de liberté, plus de propriété, plus de patrie I Ils y ont ajouté leur propre tyrannie, préface inattendue du gouvernement du peuple par ses conseils de corps et métiers ; la guerre civile, les •Visites domiciliaires, l'emprisonnement des bons citoyens, le massacre des prisonniers, et l'incendie prémédité et ordonné de sang-froid : l'incendie des monuments qui
«■CjnalSIl:
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Aise prâMoipn-. Laéitedeskimmioacit 4^ aaipi^ Oa b fek fcwMier i re^oaàiioa de ISO.
Je h <*on plss —dnae. n «t oalvc) et Ugâîme qe« fa oBtmts cWrrhwl k m npprocèer for rusoclatioa. Il Ta plnsdeqouurteaasqa'ils; sODgenl, et si lonrs <fforb oat été coolnriés par b lé^^lioa , tU a'ea onl pas nx'm« persfrnr arpc mn<4anc«. Seulement, dan» les 4i&
derniËres années, la sphère de leur action s'est singulièrement étendue, et leurs idées ont pris un caractère dont il est permis de s'inquiéter. Comme l'indique le titre de leur association , les Tondateurs de V Internationale ont voulu effacer et confondre les nationalilés dans un intérêt commun supérieur.
Il On pouvait croire tout d'abord celle conception uni*' quemeut inspirée par un scntimentde solidarité et de paîs.
u Les documents ofttoiels démentent complètement cette supposition. L' fnteivalionale est une société de guerre et de haine. Elle a pour base l'athéisme et le communisme; pour but, la destruction du capital et l'anéantissemant de ceux qui le possèdent ; pour moyen , la force brutale du grand nombre qui écrasera tout ce qui essayera de résister.
" Tel est le programme qu'avec une cynique audace les chefs ont proposé à leurs adeptes : ils l'ont publiquement enseigné dans leurs congrès, inséré dans leurs journaux; car, en leur qualité de puissance, ils ont leurs réunions et leurs organes. Leurs comités fonctionnent en Allemagne, en Belgique, en Angleterre et en Suisse. Ils ont des adhérents nombreux en Russie, en Autriche, en Italie eleuKspagne. Comme une vaste franc-maçonnerie, leur société enveloppe l't^urope entière .
Il Quant à leurs règles de conduite , ils les ont trop de fois énoncées pour qu'il soit nécessaire de démontrer longuement qu'elles sont la négation de tous les prÎD-'' cipes sur lesquels repose la civilisation.
n Nous demandons, disent-ils dans leur fetii11« offt- ' Il cielle du 23 mars (869, la législation directe du peuple H par le peujile, l'abolition du droitd'hérédité individuelle (I pour les capitaux et les instruments de travail, l'entrée (I du sol à lii propriiHÉ collective. »
a L'alliance se déclare athée, dit le conseil général a de Londres qui se constitueen juillet 1869, elle veut l'a- H bolition des cultes, la substitution de la science ï In H foi , et de la justice lium&iue il la justice divine; l'abou lition du mariage.
« ... Elle demande, avant tout, l'abolition du droit :i d'héritage, alin qu'à l'avenir la jouissance soit égale à la Il production de chacun, et que.coDrormémentàladéci- 11 sion prise parle dernier congrès de Bruxelles, la terre, n les instruments detravail,comme tout autre capital, de- 11 venant la propriété collective de toute la société, ne s puissent être utilisés que par les travailleurs : c'esl-ft- < dire par les associations agricoles et industrielles, a
« Tel est le résumé de la doctrine de V fntefriationalf ; et c'est pour anéantir toute action comme toute propriété individuelle; c'est pour écraser les nations sous le joug d'une sorte de monarchisme sanguinaire; c'est pour en faire une va^te tribu appauvrie et hébétée par le communisme que des hommes égarés et peiTers agitent le monde, séduisent les ignorants et entraînent après eux les trop nombreux sectateurs qui croient
trouver dans la résuirectioii de ces inepties éoonomiqaes des jouissances sanstravail, et la satisfaction de leorsplus coupables désirs.
« Ce sont là, en efiet, les perspectives qu'ils étalentauz yeux des gens simples qu'ils veulent tromper : <c Ouvriers « de l'univers, dit une publication du 29 janvier 1870, or- (f ganisez-vous, si vous voulez cesser de souffrir de l'excès a de fatigue ou de privations de toutes sortes. »
« Par l'association internationale des travailleurs, (( l'ordre, la science, la justice remplaceront le désordre, (f l'imprévoyance et l'arbitraire. »
« Pour nous, est-il dit ailleurs, le drapeau rouge est le « symbole de l'amourhumain universel : que nos ennemis (( songent donc à ne pas le transformer contre eux-mêmes « en drapeau de la terreur ! )>
((En présence de ces citations, tout commentaire est inutile. L'Europe est en face d'une œuvre de destruction systématique dirigée contre chacune des nations qui la composent, et contre les principes mômes sur lesquels reposent toutes les civilisations.
« Après avoir vu les coryphée deV Internationale au pouvoir, elle n'aura plus à se demander ce que valent leurs déclarations pacifiques. Le dernier mot de leur système ne peut être que l'efîroyable despotisme d'un petit nombre de chefs s'imposant à une multitude courbée sous le
joug du communisme , subissant loules les senitudes, jusqu'à h plus odieuse, celle itelii conscience; n'ayaat plus ni foyer, ni champ, ni épargne, ni prière; réduite à un immense alclîer, conduite par la terreur, et contrainte administrativemcnt à cbasser de son coeur Dieu el la famille.
H C'est là une situation grave. Elle ne permet pas au\ gouvernements l'indifférence et l'inertie. Ils seraient coupables, après les enseignements qui viennent de se produire, d'assister impassibles ù la ruine de toutes tes règles qui maintiennent la moralité et la prospérité des peuples. »
Tel est cet extrait de la circulaire de M. Jules Favre.
Ponr mettre enfin en pleine lumière la nature prise sur le vif, nous reproduirons in extenso certain article du Journal officiel de l'InsuTreetion, numéro du 21 mars. Parmi les lUandres stercoraires d'une déclamation naive, on y verra l'embryon des appétits du pe«p/e s'agiler singulièrement, en tous sens, sous les ardeurs du plus violent prurit. Voici cet important faclum :
loieni I
« Les journaux réactionnaires continuent ft troi l'opinion publique en dénaturant avec préméditation et mauvaise fui les événements politiques dont la capitale est le tliéAtrc depuis trois jours. Les calomnies les plus grossières, les inculpations les plus fausses et les plus outrageantes sont publiées contre les hommes courageux et désintéressés qui, au milieu des plus grands périls, ont assumé la lourde responsabilité du salut de la République.
« L'histoire impartiale leur rendra certainement la justice qu'ils méritent, et constatera qiie la RëTOlution du 18 mars est une nouvelle étape importante dans la marche du progrès.
« D'obscurs prolétaires, hier encore inconnus, et dont les noms retentiront bientôt dans le monde entier, inspirés par un amour profond de la justice et du droit, par un dévouement sans borne à la France et à la Répupublique, s'inspirant de ces généreux sentiments et de leur courage à toute épreuve , ont résolu de sauver à la fois la patrie envahie et la liberté menacée. Ce sera là leur mérite devant leurs contemporains et devant la postérité.
« Les prolétaires de la capitale, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont compris que Theure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en mains la direction des affaires publiques.
(( Ils ont usé du pouvoir que le peuple a remis entre leurs mains avec une modération et une sagesse qu'on ne saurait trop louer.
<( Ils sont restés calmes devant les provocations des ennemis de la République^ et prudents en présence de l'étranger.
<c Ils ont fait preuve du plus grand désintéressement et de l'abnégation la plus absolue. A peine arrivés au pouvoir^ ils ont eu hÂte de convoquer dans ses comices le peuple de Paris, aûn qu'il nomme immédiatement une
municipalité communale dans les mains de laquelle ili abdiqueront leur autorité d'un jour.
H il nVsl pas d'exemple dans l'histoire d'un gouvernement proviïioire qui se soit plus empressé de déposer son nuidal dans les mains des élus du sufTrage universel. « En présence de cette conduite si désintéressée, si honnËLe et si démocratique, on se demande avec élon- Deneat comment il peut se trouver une presse assez injuste, malIionuiMe et cbonlée, pour déverser la calomnie, rinjure et l'outrage sur des citoyens respectables , dont les actes ne méritent Jusqu'à ce jour qu'élt^e et admtntion.
« Les amis de l'humanité, les dérenseurs du droit, tIc- *torieiu ou vaincus , seront donc toujours les victimes du mensonge et de la calomnie ?
« I^es Iraviiilleurs , ceux qui produisent tout et qui ne jooisseal d«- rien , ceux qui souffrent de la misère au milieu des produits accumulés, fruit de leur labeur et de leurs sueurs, devronl-ils donc sans cesse être en bulle à l'oatnge?
Il Ne leur sera-l-il jamais permis de travailler à leur teancipation, sans soulever contre eux un concert de Bialèdictious?
< La bourgeoisie, leur aînée, qui a accompli son émancipation il y a plus de trois quarts de siècle , qui les a précédés dans la voie de la révolution , ne coraprend-clle pas aujourd'hui que le tour de rémancipiition du prolétariat est arrivé?
a Lesdésastres et les calamités publiques duËS lesquels son incapacité politique et sa décrépitude morale et intellectuelle ont plongé la France devraient pourtant lui prouver qu'elle a fini son temps , qu'elle a accompli la tâche qui lui avait été imposée en 89, et qu'elle doit sinon céder la place aux travailleurs, au moins les laisser arriver i leur tour à l'émancipation sociale.
(( En présence des catastrophes actuelles , il n'est pas trop du concours de tous pour nous sauver.
<( Pourquoi donc persiste-t-elle avec un aveuglement fatal et une persistance inouïe à refuser au prolétariat sa part légitime d'émancipation?
(( Pourquoi lui conteste-t-elle sans cesse le droit commun; pourquoi s'oppose-t-elle de toutes ses forces et par tous les moyens au libre développement des travailleurs?
u Pourquoi met-elle sans cesse en péril toutes les conquêtes de l'esprit humain, accomplies par la grande révolution française?
a Si, depuis le 4 septembre dernier, la classe gouvernante avait laissé un libre cours aux aspirations et aux besoins du peuple; si elle avait accordé franchement aux travailleurs le droit commun, l'exercice de toutes les li* bertés; si elle leur avait permis de développer toutes leurs facultés, d'exercer tous leurs droits et de satisfaire leurs besoins ; si elle n'avait pas préféré la ruine de la patrie au triomphe certain de la République en Europe, nous n'en, serions pas où nous en sommes, et nos désastres eussent été évités.
1 Le proléUiiiat, en Tiice de la menace permanente de ses droits, de la négation absolue de toutes ses légitimes aspirations, de la ruinu de la pairie et de toutes ses espérances, a compris qu'il était de son devoir impéi'ieux et de son droit absolu de prendre en main ses destinées et d'en assurer le triomphe en s'emparant du pouvoir.
« C'est pourquoi il a répondu par la révolution aux provocations insensées et criminelles d'un gouvernement aveugle et coupable, qui n'a pas craint de déchaîner la guerre civile en présence de l'invasion et de l'occupation étrangères.
« L'armée, que le pouvoir espérait faire marcher contre le peuple, a refusé de tourner ses armes contre lui; elle lui a tendu une main fraternelle et s'est jointe A ses
n Que les quelques gouttes de sang versé, toujours regrettables, retombent sur la tête des provocateurs delà guerre civile et des ennemis du peuple qui, depuis près d'ua demi-siècle, ont été les auteurs de toutes nos luttes intestines et de toutes nos ruines nationales.
« Le cours du progrès, un instant interrompu, reprendra sa marche, et le prolétariat accomplira, malgré tout, son émancipation!
H If rfe%"e (ÏU JOCBNAL OFFICIEL, il
Ces divers documents s'imposent à nos méditations, les plus sérieuses. Si nous n'anéantissons pas, nu plus tAt, V Internationale . l'ordre social européen doit, avant vingt
ans, s'écrouler tout entier sous les coups de ses sectaires cupides, audacieux, et féroces. Lcurreligion consiste en la' négation de toute croyance, et pousse à l'abolition de toute espèce de culte. Leur programme politique et social est également fort simple. La noblesse , disent-ils, a fait son temps ; la bourgeoisie, aussi. Aujourd'hui, c'est le peuple, c'est la classe ouvrière qui doit être au pouvoir et jouir de toutes choses. En conséquence, il convient de dépouiller ceux qui possèdent et de faire passer entre les mains des travailleurs les terres, l'argent, les instruments de travail et de production.
Tels sont les dogmes de l'Internationale. Voici ses statuts :
Le centre de l'association est à Londres. C'est ce qu'on appelle le Comité central. Le bureau se compose d'un secrétaire général et de quinze membres. V Internationale n'admet pas de président ; chaque pays compose une branche de l'association. Chaque branche est divisée en sections. Chaque centre important est lui-même divisé en plusieurs sections, avec un bureau central. Toutes les semaines, chaque bureau central envoie au bureau central de Londres :
« l"" Un rapport détaillé sur les faits politiques et commerciaux de la localité;
a y Un état numérique des affiliés;
« 3® Un état des ressources monétaires;
c( 40 Un état nominatif des principaux commerçants;
n 5' Un élat nominalif des piiticipaus propiiélâii rentiers ;
" Un compte-rendu des séances.
tpnéiuîcM^^H
On voit qne pt;u de polices sont aussi bien faîtes qne lelle de l'association internationale des travailleurc A Paris, comme à Ljon et à Marseille, toutes les principales listes de proscription et d'incendie ont été envoyées tijute* faites de Londres.
Quant aux ressources de la société, elles sont aaset bornées, pécuniairement parlant, grftce à la modicité des cotisiilions : Dix centimes par semaine, payés irré* guliérenicntl Pourtant, c'est l'association quia roumi les premiers fonds de l'émeute, mais elle n'aurait pu, Gnnncièrenieat parlant, soutenir la lutte pendant trois jours.
Les chefs de cette société de bandits résident à Londres; ils ont noms: Karl Marx, Jacoby.DiebnecketTouatchin. Voilil les gnmds-prëlres de la religion nouvelle!... les potentats qui font mouvoir à leur gré nos fantoches républicains, tels que Gaillard père et Victor Hugo, Budaîlle etM. Gambelta!... Voilà les oi^anisatcurs du mouvement du 18 mars) les maîtres du fameux Camiténn- Irai, lequel n'était qu'une ujience de la grande conspiration internationale des Iravailleun.
Aujourd'hui qu'elle est abattue et terrassée, qu« T*-l-e)te devenir, celte /M/CT7ifl//onofr?0ue va-t-elle raire?ComiiUDt portera-t-p]le le poids de sa défaite, se demande M. Ant-
lole Donoyer, — « de la défaite de l'insurreetion qui avait réussi à foire de Paris la citadelle du prolétariat rérolutiomiaire des deux mondes? a Les classes privilégiées sont « à Tagonie, disait Tannée dernière la Legalidad, organe « de l'Association en Catalogne ; elles mourront quand tt les ouvriers le voudront; quand les classes productri- « ces se lèveront pour accomplir la révolution sociale. » — (f Encore quelques années de développement pacifique, a disait, il y a deux ans, l'Égalité de Genève, et VAssodatt tian internationale deviendra une puissance contre laa quelle il sera ridicule de vouloir lutter. » — u Bientôt, tt écrivait une année plus tard, le rédacteur du journal de « l'Association à Bruxelles, bientôt nos ennemis comprena dront que la croisade qu'ils ont entreprise contre Vina temationale est une lutte insensée, qui n'aura fait qu'ac- « célérer leur ruine. »
«Quel sentiment va succéder à cette prodigieuse assurance, après l'horrible effort, fécond seulement en crimes et en ruines, que l'un des groupes fédératifs les plus puissants de l'Association vient de tenter vainement, aidé de milliers d'adhérents accourus de toutes parts, d'Amérique et d'Europe ?
« Ceux-là connaîtraient bien mal le cœur humain qui croiraient que tant d'audace trompée , tant d'espérances inassouvies, tant de rancunes envieillies, et maintenant déçues, vont faire place à la soumission. La haine, bien loin de s'amortir, croîtra par l'effet de la répression im-
plarable el du chAliinent exemplaire qae la justice commande impérieusement. Seulement, elle va sVnveloppcr lie patience. Les sa^es, les prudents, les télés (hiidcs de l'Association auront beau jeu pour gourmander la témérité , la folie du parti des impatients , qui a si gravement compromis la cause commune. — u Mais quoi! diront (1 ceux-ci; l'occasion semblait si propice! le succès parais- « sait si facile! la tentation étaitsiforlelFaudra-t-ildonc n attendre toujours? n — Uuoi qu'il en soit, il y a toute apparence que l'ascendant, dans l'Association , va revenir auï temporiscui's qui. d^s le principe, n'ont voulu là révolution qu'à longue échéance. Ils montreront aisément que les temps n'étaient pas mQrs, et que la soUdarkation du prolvtarial universel esi loin d'iMre une œuvre achevée. Ils laisseront cens que la grandeur même du crime console en partie de la ruine de leurs prochaines espérances se faire secrètement un hochet de cette hor^ rible gloire et, hardiment, mais subtilement, ils se remettront à la lAche.
Il Or, il faut songer aux prof,Tès vraiment exiraordinnires d'une propagrande que le parti conservateur, eu Europe, a trop longtemps méprisée ou ignorée. Et ce qui l'end ces progrès plus redoutables , c'est le fanatisme des adhérents, leur foi imperturbable en la légitimité de leurs prétendus griefs; c'est aussi l'affreuse envie qu'inspirent tra prolétariat non-seulement les jouissances que les meilleurs d'entre nous méprisent ou dédaignent, mais encore les plaisirs nobles que les esprits cultivés peu-
vent seuls goûter, et jusqu'à l'aisance modeste , conquise à force de labeur et de privations.
(f L'ambition effrénée de quelques obscurs aventuriers d'épée et de plume; la dépravation, les vices, la brutalité d'une tourbe qui n'appartient à aucune classe , mais qui se recrute dans toutes, peuvent bien sans doute expliquer quelque chose dans les saturnales dont nous venons d'avoir le spectacle, et dans les crimes sans nom qui en ont couronné et, pour jamais, illustré l'infamie; toutefois , rien de tout cela n'explique ni l'égarement des multitudes qui grossissent sans relâche les rangs de nos ennemis , ni la confiance sans bornes que leur inspire la puissance de l'Association au sein de laquelle ils s'unissent pour consommer notre ruine. Nous ne nous bercerons plus d'illusion : nous tous qui vivons du produit de l'épargne des générations antérieures et de la nôtre ^ nous sommes haïs d'une haine à laquelle rien ne se peut comparer. Nos ennemis se sont institués eux-mêmes nos créanciers : nou3 ne supposons pas, sans doute, que pour les avoir vaincus et châtiés , nous aurons obtenu quittance.
f( Le seul fruit certain de notre victoire consiste en ceci : nous avons conquis une prorogation de délai. Profitonsen pour nous appliquer à connaître ceux qui ont juré notre perte. Si, en scrutant leurs doctrines, nous venons à découvrir l'indice de quelque réparation qui leur soit due , n'hésitons pas un instant à être justes , bien que nous ne puissions plus jamais espérer d'ôtre payés de
relDur. Par là, nous accroitrons iégitimement la somme de mépris qu'ils mÉritent, en même temps que nous leur enlèverons une Torce. Si, en étudiant le plan d'organisation qu'ils ont adopté pour nous combattre, il nous arrive de reconnaître à des signes certains l'ébauche encore imparfaite et grossière d'une transformation de notre état économique , douée de la force lente mais invincible des choses, ne négligeons pas les indications empiriques que peut suggérer l'ignorance môme.
a Surlout, restons unis: unis dans la délivance, comme nous l'aurons été dan» l'anxiété et dans la douleur. Ne donnons pas à nos ennemis , que nous ne pouvons pas tous atteindre, la consolation d'assister à nos dissensions, & nos discordes, ù nos déchirements. Puissionsnous ne jamais surprendre sur leurs lèvres le rire amer et poignant par lequel se trahit la vengeance satisfaite 1 »
Nous partageons l'opinion de M, Anatole Duooyer, de tous points, sauf un seul.
Nous ne croyons pas à la patience des adeptes de l'/ntemcUioiiale et, déjà, nous les voyons s'agiter. Le Ta^ tvac/it , journal de Zurich, applaudit avec enthousiasme aux faits et gestes des communeux de Paris; le Volkstaal, de Leipzig, ne craint pas de publier ceci : — a Nous sommes et nous nous déclarons solidaires arec la n Commune, et nous sommes prêts à soutenir, à tout <i instant, cl contre chacun, les actes de la Commune. « Enfln, le Comité central de Londres vient d'adresser enmamtesle i. louï. Xaa wwv\\)is européens : — n Noua iCr, j
« cep tons les événements de Paris et les actes de la Corn- (( mune , sans exception d'aucun genre. Là est notre « programme non tout entier, mais en germe.
« Les riches ont entraîné la Commune de Paris à la (( lutte ; la Commune a brûlé, fusillé et assassiné. Si une (( situation semblable se reproduit , nous réduirons ces u trois procédés à un seul : NOUS FERONS SAUTER 0 LES VILLES avec tout ce qu'il y aura dedans ; nous (( nous ensevelirons sous leurs ruines avec nos ennemis.
u Les riches peuvent crier : La Commune est morte !
(( A ce cri des millions de travailleurs vont répondre (( de tous les coins de l'Europe :
« La Commune est morte! Vive la Commune!! »
Et nunc, gentes, intelligite! Erudimini, qui judicatis terram!
Le corps social européen est en proie h une maladie aigiie qui n'en est pas encore à sa période de décroissance ; il convient d'en chercher le remède, et la médication doit être aussi prompte qu'énergique. C'est une épidémie jusqu'alors inconnue qui gagne toutes les populations *de l'occident : que les populations de l'occident s'unissent et se lèvent! Que les puissances européennes résolvent en un congrès spécial ce problème de police internationale : u Etant donnée la situation actuelle, détruire « jusqu'en son germe cette épidémagogie féroce/ »
Pour nous , Français , nous avons de larges blessures qu'il nous faut, au plus tôt, fermer. Et d'abord, quoi qu'en puissent penser les âmes tendres , nous devons,
dès à présent , frapper de terreur ces bordes de bMHHM qui nous onl Icrrorisés. Tous ceux qui ont élé pris les aimes à la main onl été fusillés 1 Bien. Tous les incendiaires, pélroleurs, allumeurs, mineurs embrigadés, ont également été passés par les armes! Fort bien. C'est la loi de la guerre, et l'on ne saurait s'apitoyer sur te sort des comir.uneux maudits. Maudits soient ù leur tour ceux de nous qui se sentiraient au cœur quelque commisération pour ces indignes ! Ce n'étaient pas seulement il des sauvages armés de faulx et de carquois (ils en avaientll,.}, mais à des voleurs que nons avions aiïaire- Les nommés Varlin et Mathieu, tous deux membres de la Commune et, en celte qualité, fusillés, ont été trouvés nantis l'un, de quatre cents; l'autre, de quinze cents billets de mille francs!... Tous ces hommes noirs de poudre, hâves, déguenillés ; toutes l'cs femelles sordides, qui s'en allaient cheveux au vent, avaient fait main basse sur des valeur* souvent considérables!...
Mais il ne suffit pas d'avoir frappé les êtres dangereux qui grouillaient d^ins Paris; il faut atteindre le crime partout où il s'enfouit dans l'ombre. Or on sait, à n'en pas douter, que l'esprit de la province est aujourd'hui mauvais ; que l'/nternafi'oiia/i; a Jeté de profondes racines non seulemenldansles villes, mais encore dans tous lesbourgs, les villages, lesbameaux. L'insurrection dul8 marsdevaît s'étendrcà Lyon, à Sainl-Étienne, Bordeaux, Marseille. Oui les communeui Provençaux voulaient aussi brûler Marseille, au moyen du pétrole, et commettre tous les actes
de vandalisme de leurs dignes patrons de Paris. Heureusement la police reconstituée veillait , et elle a pu empêcher que le premier port de France devint la proie des flammes. De nombreuses arrestations ont pu être opérées, dans la nuit du 24 au 25 mai. Le citoyen Nar quet qui était ^ parait-il, l'âme du complot, a été arrêté et écroué au fort Saint-Nicolas. A la nouvelle de cette arrestation , la femme Naquet, armée de poignards et de revolvers , comme une vraie américaine , s'est ren* due à la préfecture: on a pu s'emparer d'elle, au moment où elle allait pénétrer dans le cabinet du général Espivent qu'elle voulait assassiner.
Pour ces raisons, il convient d'en revenir à l'organisation d'un ministère de la police qui surveille activement les coins les plus cachés, les réduits les plus obscurs de la France , car une direction de l'Intérieur ne peut suffire aux travaux d'investigations rigoureuses qui doivent s'étendre en tous sens. Le haut fonctionnaire chargé de. veiller au salut de la France ne devra pas seulement s'attacher à détruire les bandes affiliées à r Internationale, considérée comme société secrète; il lui faudra poursuivre et traquer ce parti politique qui s'intitule républicain rouge démocratique et social. Ce sont, en effet, les gens de ce parti qui préparent le terrain sur lequel V Internationale avide sème, coupe et récolte si bien de si belles et plantureuses moissons.
Bannissons de notre France les intrigants, les ignoranlSi les vaniteux I les orateurs avancés , disciples de M. Gam-
Ibelta. Abolissons telle lilléralure malsaine qui com-
I mence aux Misérables de monsieur Hugo et aux demoi-
■ selles de la Quintinie de madame Saod, pour aboutir à
la Kanleme de Rochefort, au Pkre Duehesae de Vermcscb,
au Salut Public de Maroleau, aux Utbetés épistolaires de
M. Louis Blanc.
Faisons partout chez nous la police de la rue. Fermons au plus tdlces théâtres où l'art tombe dans labour; elle sens moral, en pourriture; fermons ces innombrables cafés, débits de vins, ou cabarets borgnes, qui nous ont I fuît passer pour un peuple d'ivrognes et d'imbérîles. I EmpCchonslevicede marcbertfite levée; punissons toute I licence, toutes menées provocatrices. Plus d'exhibitions 1 éhonlées I Que Paris ne soit plus l'cgoat collecteur des I sanies de la débauche I Que la courtisane disparaisse à I toujours de la voie publique, et que son élégance, sar- [ tout, ne soit plus un passe-port qui lui permette de I faire rougir les cuirassiers qui passent! IJae son indus- I trie, enfin, ne soit plus tolérée qu'au lupanar! I Faisons aussi notre examen de conscience, et sachons reconnaître combien nous sommes coupables.
Noos avons tenu le métier des armes en souveraîn mépris. Nous avons conspué la vJe des camps, itepoussant loin de nous toute idée d'abnégation, de sacrîtice et d'efforts énergiques, nous avons ri de ces devoirs, de ces austérités militaires qui élèvent si bien l'âme et d'où procèdent toutes les vertus civiles. Méconnaissant cette loi naturelle qui veut que les représenUnts de la race
adamique soient, partout et toujours, prêts au combat, nous avions conçu l'étrange projet de ne plus jamais ceindre Tépée.
Passionnés pour le luxe et les plaisirs , nous ne nous sommes plus assez attachés au bien. Dominés par je ne sais quel besoin de jouissances à outrance, nous n'avons plus songé qu'au soin de nos intérêts égoïstes et, sur ce champ de bataille ignoble , nous avons laissé nos sentiments d'honneur. Les joies de la famille, l'amour de la patrie, nos devoirs envers Dieu, tout a été négligé, abandonné, raillé!... Or, quand il fait ainsi litière de toutes ses religions, un peuple, si grand qu'il soit, est bien près de périr.
Profondément émue des malheurs de la France, l'Assemblée nationale a bien fait d'adopter la motion de H. Cazenove de Pradines. Le 28 mai, le jour où succombait l'insurrection, elle assistait, nous l'avons vu, aux prières publiques qu'elle avait , non sans quelques difficultés, votées. C'est là un acte de foi officiel, un acte solennel a opposé, dit l'évêque d'Orléans, aux saturnales a de l'athéisme triomphant ; une répudiation formelle, a éclatante, de ces doctrines d'impiété qui sont en ac- « cord si profond et si menaçant avec les doctrines sub- « versives de tout ordre social. »
Si des épreuves qu'elle a subies la France peut sortir éclairée, honnête, comprenant mieux sa mission dans le monde; si grandes qu'aient été ses souffrances, elle lui auront été bonnes. »- o C'est précisémeal^ «3^x2^3^
Il M" Dupanloup, parce que nous avons soulTert, parce 'i que notre sang et nos larmes ont coulé, parce que nous « sommes en ce moment blessés, meurtris, crucifiés p.ir n la main de l'étranger et nos propres discordes, que je 0 prie, espère, et veux espérer, Dieu ne nous a pas « traités de la sorte pour nous abandonner, si nous ne u nous abandonnons pas nous-mêmes ! »
Non, ne nous abandonnons pas! maissouveuons-nous que le succès dépend de l'énergie de nos efTorts iWividueLi. Que chacun de nous, isolément, élève son cœur, en s'attacbant à ces vertus antiques dont le symbole chrétien résume si bien et viviQe l'essence! Veillons donc; purifions-nous, fortifions-nous, prions !
Là seulement est le satut de la France 1