CHAPITRE IV
Grémieiix el U aiiision diplomatiqiie de Thiert. — Puiiaance de U commiieioB 4'anMa60t.^Ut ilections. — L'èntréVtte 4e FeMèrei. — Alournemest des électioiis. — Les demi-mesores. -^ Les Yîeiu états-maion. — I>e Polhèi et les ptniqiies d'Orléans.
Crémiettx arrivait k Tourd avec des illusionâ et des espérances de paix. Après avoir conféré avec Thiers^ à son passage pour aller accomplir à Londres, à Vienne et à Pétersbourg la mission que lui avait confiée le gouverne* ment provisoire, Grémieax, souriant et rajeuni, racontait à ceux qui venaient lui faire visite que la pai^ allait se conclure ; qu'il ne pouvait guère en douter, puisque Tbiers lui-inènie, dans leurs conversations, lui avait manifesté sa confiance dans le succès dé ses négociations auprès des puissances neutres. Il comptait aussi sur les démarches tentées par Jules FaVre auprès du comte de Bismark. L'armistice suivi d*une paix acceptable, cette douce perspective plaisait à sa vieillesse, comttie elle avait séduit Jules Favre et le gouvernement de Paris, comme elle sé« duisait tout le monde. On ne saurait en faire un crime à
I personne ; mais elle n'en énervait pas moins des hom 1 àé'jh trop faibles et peu disposés aui rtisolulîons viriles et \ auï actes énergiques ; elle contribuait it rendre encore [ plus molle et plus hésitante la politique intérieme du . gouvernement de la défense nationale.
Le premier acte que nous lui voyons faire à Tours, en 'Ue de la guerre, c'est d'élever à 16 millions le crédit de 10 millions ouvert à la commission d'armement présidée I par Jules Lecesne. Les décrets du 20 et du 22 septembre, /relatifs à ces ouvertures de crédit, sont signés de Crémieux l seul qui, le 23, en rend un autre pour élever ii 23 millions f la somme Jugée nécessaire à l'exécution des mesures con- I fiées à la commission d'armement national.
Glais-Bizoin, qui parlait beaucoup et passait pour ne
I pas agir de mèm»>, éuumérait longuement, à ceux qui
i- accusaient les lenteurs et l'inaction du gouvernement, les
I armes, les munitions et les fusils achetés pour armer le
! pays qu'ils avaient trouvé lilléralemenl désarmé. 11 était
de bonne foi , et croyai t beaucoup faire parce qu'il maniait
un peu les nouvelles armes, parce qu'il ne craignait pas
de passer sur In place de l'Archevêché porteur d'un fusil,
I de haranguer les francs-tireurs et m&me de converser très*
familièrement avec ces volontaires donl il se disait Ton
gaaisateur et le père. Il avait même eu à calmer une
h petite lempète soulevée, près de l'hAlel dâ Bordeaux, par
Iles accuutions des francs-tireurs d'Arohoson, contre les
pérégrinations de leur capitaine qni» selon eux, avait toujours eu soin de les conduire où ne se trouvait pas Tennemi.
Dès cette époque du mois de septembre, la commission d'armement de Jules Lecesne donnait lieu à des récri-' minations vives, à des insinuations malveillantes, probablement émanées de fournisseurs et courtiers d'affaires, venus de tous les coins de la France et de l'étranger pour passer des marchés de fournitures d'armes, et qui s'étaient vus repoussés et évincés par cette commission. Je me contente d'indiquer ces rumeurs, sans me permettre aucune appréciation, surtout lorsque cette commission a ses comptes à rendre, et lorsqu'ils sont soumis en ce moment à Texamen et au jugement de l'Assemblée nationale. Mais, pour n'avoir plus à y revenir, je dois faire connaître le décret du 29 septembre, signé Crémieuz, Glais-Bizoin et Fonricbon, qui centralisait et monopolisait toutes les aflkires et négociations relatives à l'armement entre les mains de la commission et faisait peser sur elle et sur son président, Jules Lecesne, une lourde responsabilité :
« AaT. 4**' La commission d'armement siégeant à Tours
> est et demeure chargée de toutes les mesures relatives » i l'armement des gardes nationales sédentaires ou mo- » bilisées, corps de volontaires, francs-tireurs ou autres,
> appelés à concourir à la défense du pays.
■ AftT. i. La répartition des armes acquises du ItsR^ < formées par ses boîds lui sera confiée,
• Aht. 3. Pour l'accomplissement de son mandat, la t commission correspondra directement, à riiitériear avee
> les diverses autorités nationales; à l'eitérieur avec la I agents diplomatiques de la France.
> Abt. i. Il sera pourvu d'urgence, par la délégatk»
• du gouvernement, à l'ouverture des crédits jugés par p elle nécessaires.
a Indépeadamment des crédits qui déjà lui sont ouverts » (23 raillions), une somme de vingt-cinq millions est I dès à présent mise à sa disposition par prélèvtMueot sur I le crédit du cinquante millions affecté à l'ur/aiiisatidu » des gardes nation.iles sédentaires.
V Abt. 5, Dans la limite des crédits qui lui sontou- I verts pour l'armement national, la commission est an-
> (orisée à mandater directement sur les trésorierg-pajeurs
• généraux, receveurs des finances quelconques et agents
• diplomatiques, détenteurs des fonds de l'Ëtal.
■ Akt. 6. Elle a le droit de requérir, sauf règlement » ultérieur d'une indemnité, s'il y a lieu, tous ingénieurs
■ et conducteurs des ponts et chaussées, les directeurs, 6 ouvriers, ateliers et matières, appartenant ii l'industrie
■ privée, tant pour la confection que pour la transfor- » mation et la réparation de toutes armes et munitions de » guerrp.
» Aet. 7. Le président de la commissioii remettra tous » les jours au conseil du gouvernement un exposé som- » maire des opérations faites. •
Comme on le voit, ce décret faisait de la commission d'armement et de son président une puissance qui fut notamment accusée d'employer à ses achats de fusils, i Londres et à Birmingham^ des agents très-déeonsidérés en Angleterre, et profitant de leur mission pour faire payer trop cher à la France les armes dont elle avait besoin. Encore une fois, j'expose les faits et les accusations, attendant que la lumière soit faite pour me prononcer sur les accusateurs et les accusés.
La délégation de Tours, laissant à Jules Lecesne et à sa commission le monopole et la responsabilité de l'armement de la France, songeait surtout à désarmer la Prusse en préparant un armistice et des élections. Paris sauvera l'kmmeuTj avait dit Laurier ; on n'espérait pas pouvoir sauver la France.
Dès le 8 septembre, la gouvernement île la défense nationale tout entier avait convoqué les collèges électoraux pour le dimanche 16 octobre, à l'effet d'élire une Assemblée constituante. Cette mesure était prise, la proclamation qui la précède Tindique, en vue de sortir de la révolution, aux yeux du pays et surtout de l'Europe, et de se présenter aux chancelleries étrangères et à la Prusse comme un
pouvoir réj^uljer. Voilii ce que sigaibait : oL'Ëutopea > besoin qu'on l'éclairé, li Taut qu'elle coDDaisse par d*ir- B récusables lénioii;nages que le pays tout enlier est avec
■ noas. 11 faut que l'euvabisseur reDConlro sur sa route D Qon-seulement l'obstaclb d'uoe fille immense résoliM i
', B périr plutôt que de 8e rendre, mais un peuple entiar ! » debout, organisé, représenté, une assemblée, enfin, qni
■ puisse porter eu tous lieux, et en dépit de tous les dé- [ > sastres, l'&me vivante delà patrie, u
I Le décret du 8 septembre soulevait bien des objectioDs. ' Si la guerre n'était pas terminée au 16 octobre, comment détourner les esprits et les bras des citoyens de la défende nationale, la seule œuvre de salut public nécessaire, indispensable? Pourquoi exposer les destinées de la France aux compétitions des partis?
Le gouvernement de la défense nationale, au contraire, voulait avancer plutôt que reculer les élections, poureo- , lever à H. de Bismark le prétexte qu'il opposait aux ouvertures de négociations faites par Jutes Favre, à savoir que Messieurs de l'Hâtel-de-Ville ou Messieurs du pavé n'étaient qu'un gouvernement de fait et non de droit. U les avança, en effet, et les fixa au S octobre, les rendant ainsi plus h&tives et plus impraticables. < Vous savez, I > disait la délégation de Tours dans sa proclamation du [ u Voclobre, comment la convocation fut avancée et fixée . 1 au 2 octobre. Le gouvernement avait pensé que notre
» cber laies Farre, daos une démarche patriotique aa- I près du roi de Prusse, en s'appuyant de la loi qai rap- • prêchait le jour où allait s'exprimer la volonté du » peuple tout entier, inspirerait à Tennemi la confiance > que commande la loyauté de notre nation, assurerait au » membre du gouvernement né de Tacclamation popu- » laire de Paris, et si merveilleusement adopté par tous » nos concitoyens, Taccueil honorable qui lui était dû. > C'était donc bien pour complaire au roi de Prusse et i M. de Bismark que ce gouvernement oscillant se laissait ballotter à ces Quctuations électorales. Toute sa politique incohérente tendait à ménager à Jules Favre un bon ac« cueil à Ferrières et à obtenir un armistice et la paix. Comme si ce n'était pas assez des élections à l'Assemblée constituante pour détourner des voies de la guerre la na« lion qui avait besoin d'y être vigoureusement poussée, nn décret de Paris^ du 1 6 septembre, fixait au S5 )es élections municipales. C'étaient les seules peut-être dont on aurait pu utilement s'occuper, puisque l'on n'osait pas constituer provisoirement, et pour la durée de la guerre, des communes républicaines. Ce projet d'élections municipales, fixées au 25 septembre, donnait lieu à une longue circulaire aux préfets du ministre de l'intérieur^ GambetU.
El le temps si précieux à consacrer à l'armement et au soulèvement de la nation se gaspillait en proclamations»
■ an adresses et eu décrets ; tt pendunt que l'on publiait des K thëorieâ libérales et démocratiques, le mois do septemlne Lk perdait en déclamalions, et l'enneroi, qui fi'avaoçait ■'toujours, iDeoaçait Oiléans et la ligne de la Loiie, et t eausait à Tours, au seia mËnie du gouvernement, de fâ-
■ cheuses paniques.
1 Les préfets d'un grand nombre de départements, con- K voqués et réunis à Tours, protestaient contre les élec-
■ tioQS, surtout coQlie les élections municipales, qu'ils vdiclaraient impraticables sur beaucoup de points. Cré-
■ mieux partageait leur avis et, avec les adversaires de celte I mesure, s'en montrait fort mécontent. Eu était-il de même w avec ceux qui l'approuvaient? C'était une de ses faiblesses k de pousser la manie de l'union jusqu'à ne vouloir con-
■ trarier personne.
I L'entrevue de Ferrières n'ajant abouti qu'à la triste et r. luvrante déception consignée dans le rapport de Jules r Favre du SI septembre, la nouvelle ofUcielle des exigences
■ de k Prusse et de l'insuccès des négociations pour obtenir E un armistice à des conditions honorables, dicta au gou-
■ Ternement de Tours La proclamation et le décret sui- B- vanta :
K A lA Fhancb ^H
I a Avant l'iavestissement de Paris, M. Jules P^vf^' K ■ ministre des uffaîre^ étrangères, a voulu voir M. de
» Bismaifc pour coo naître les dispositions de l'ennemi.
» Voici la déclaration de l'ennemi :
« La Prusse veut continaer la guerre et réduire la » France à l'état de puissance du second ordre ;
> La Prusse veut i'Alsace et la Lorraine jusqu'à Metz» » par droit de conquête ;
9 La Prusse, pour consentir à un armistice^ a osé de- 9 mander la reddition de Strasbourg, de Toul et du Mont- 9 Valérien.
9 Paris exaspéré s'ensevelirait plutôt sous ses ruines.
9 A d'aussi insolentes prétentions, en effet, on ne 9 répond que par la lutte à outrance.
9 La France accepte cette lutte et compte sur tous ses » enfants.
9 Les membres délégués du gouvememeni :
» Ad. Cbésiieijz, Guis-Bizoiif> Pouiigkos.
9 Taon, le f4 septembre 1870. *
c Va la proclamation ci-dessus qui constate la gravité 9 des circonstances,
9 Le gouvernement décrète :
9 Toutes élections municipales et pour TAssemblée 9 constituante sont suspendues et ajournées.
» Toute élection municipale qui serait faite est an- » nulée.
» Les préfets pourvoirant par le maintien des munici-
alités acluelles ou la oomioation de muaicipalilés
10 provisoii'es.
• Tours, le H eeptembre 1870.
» Les membrei délégués du gouveme7nml : u Ad. Cbéx[eux, Guis-BizoïN, FotiRiCBOii. Le jour même où \f. Moniteur univenel publiait ce décrei, it avait composé et mi^ en page une circulaire de liuurier, adressée aux prért^tg, [nm leur dounei' des inslructions sur tes élections géaéraief que les nouvelles de Paris et la décision du gouvernement de Tours venaient suspendre et ajouraer.
Celte décision lit croire aux républicains que la politique du gouvernement allait prendre une autre tournure et s'accentuer, en face d'un ennemi implacable et sans merci qui contraignait eafin la Franco à recourir à sa âerniète arme, au poiguard de miséricorde de la révolulion. L'illusion fut de courte durée ; rien ne fui changé, el les tepluatjénairet continuèrent à se laisser aller au Gourant de leur politique sénile. En compaguîe de l'amiral Fourichon, pour un simulacre de défense, ils préparèrent un êimulacre d'organisation f qu'ils consigoèreat dans une circulaire 'le celui-ci, sur la discipline et l'obéissance aux cbefs, et dans des décrets des 23, S8et 29 septembre, par lesquels ils créaient quatre nouveaux cadres de compagnies dans chaque dépôt de régiments de li^'ne et deux dans chaque dépôt dea bataillons de chas-
senn à pied, réglaient la solde des francs-lireurs, plaçaieDt ces volontaires à la disposition de Tautorité ^
militaire et essayaient d'organiser la garde nationale mobilisée, comprenant les hommes non mariés ou yeufs sans enfants de 21 à 40 ans.
On sentait dans tout cela la main et les inspirations de : l'amiral Fourichon et des routiniers attachés à ses minis- tères. Ainsi, ponr remplir les nouveaux cadres on ne trouvait rien de mieux que d'accorder aux généraux la faculté de proposer la réadmission des oificiers démissionnaires âgés de moins de 50 ans, la réintégration dans » leur grade des anciens sous-officiers, et leur nomination, s'il y a lieu, tu grade de sous-lieutenant pendant la durée ' de la guerre. Au lieu d'une impulsion nouvelle et forte, d'un esprit patriotique et révolutionnaire pour vivifier et réorganiser les armées de la république, c'est la routine du militarisme qui domine dans les conseils du gouvernement, c'est le fétichisme de la hiérarchie qui dicte ses restrictions. On aurait pu remanier et changer presque radicalement Torganisation militaire durant ce mois de septembre, perdu en tâtonnements politiques et administratifs ; on aurait pu remplacer les vieux états-majors bocapartistes ou monarchiques par de jeunes orficiers liés à la république par leur avancement rapide et inespéré. Il était impoesible de trouver rien de plus inepte et de plus disposé à se replier sans cesse, i se laisser surprendre
et baltro, <iii8 lu généraux élevps it l'écold i empire, rivaux d'incivisme tit d'iricapacilé des Froaurd, des de Faillf et des Lebœuf. On ne courait donc aucun risque à chercher des officiers supérieurs et des chefs de corps eu dehors de ces vieux gônfraui sans valeur, repu* et corrompus, hostiles h la république, et l'on avait H chance, en choisissant parmi les jeunes, de mettre la main sur des capacités militaires ignorées, reléguées dans Voubll par un régime de favoritisme. A moins d'avoir fait ses preuves, est-ce qu'on général parvenu anx limiles de l'ftgH s la vigueur d'esprll et de corps nécessaire pour commander eu temps de guerre ?
Eb bien I c'était dans les cadres des vieux généraux, et I même parmi ceux qui avaient été mis en disponibilité, e l'amiral Fuurichon et ses bureaux choisissaient leurs gommes pour leur donner des commandements impor- Buaata, ou les mettre à la tâte des divisions régionalea du rpBTB. C'est ainsi que le général Marulai, un ancien cont- I plioe du i décembre, un vainqueur du boulevard Mont- Pmarlre, commandait l,i 18' division à Tours, et comptait ■ parmi ses ofOcieTs de l'élat-major un ancien député ^fSoiel de Loir-et-Cher, le vicomte Clary, cousin de l'em* tereur. A Marubz succédait la général Sol, de la réienre, î<qui devait, en compagnie du vicomte Clary, s'illustrer le 3 décembre par le combat imaginaire de Montlouis et sa Dite précipiiée vers Poitiers, sans atlendre son ordon-
aance, galopant à ta reeherehe pour lui porter son tabrA. Blois fait les exploits du général Michaud, aussi de la réserve, chargé du commandement de sa subdiifision ; et la première attaque de l'ennemi vers Orléans a donné la mesure de la capacité de Lamotte- Rouge, général commandant le t6* corps d'armée^ si heureusement choisi par l'amiral Pourichon, peut-être de concert avec Glais- Biioin, qui voulait montrer sa générosité et sa grandeur d'ime via-k-vis de son concurrent heureux aux élections de 4869 dans les Cdtes-du-Nord. Je me contente d'indiquer cette cause de nos revers et de nos défaites ; car l'histoire impartiale de la malheureuse campagne de France, aussi bien que de toute la guerre follement entreprise par l'empire, dira comment tel général ivrogne compromettait une position Importante et le sort d'une batailiey comment tel autre, ayant son quartier^général dans une ferme, au centre de sa division, y laissait pénétrer un parti de uhlans sur lesquels le premier coup de feu était tiré par le factionnaire posté à la porte du général ; comment tel autre oubliait une batterie de mitrailleuses dans un village, ou galopant au hasard et rencontrant un régiment sur sa route, s'écriait : Voilà ma brigade !
«L'armée de la Loire, même avant la chute de l'empire et riuTestissement de Paris, avait pris sur le papier et dans les journaux une importance qu'elle ne devait acquérir que plus tard. Je me souviens de l'étonnement de Taxile
Ipelord, lorsqu'il était venu à Tours pour s'enquérir des ■moyens d'y installer une édition pro\inciale du Siècle. Il ^attendait à trouver la ville pleine de troupes et les Lhôlels regorgeant d'officiers, parce que l'on se figurait à IParis que Tours était le quartier général de l'armée de la lliOire. En réalité, elle ne commença à s'organiser entre iBourges et Tours qu'A une époque contemporaine de B'insiallation de la délégation du gouferoement de la dé* Ifense nationale à Tours, tîlle eut pour chef le général de EpoIhèE, l'un des divisionnaires du héros deMentana. de n'ailly. Ce géuéral professait la même opinion que l'amîml nFourichon, ministre de la guerre, sur l'impossibilité d'unn B-idéfenee sérieuse, surlr-ut avec une armée composée en nartie de mobiles, de jeunes paysans, pour lesquels îl ma- Vaitèstait son dédain, H s'en était expliqué nettement dans Kane conversatinn qu'il avait eue avec Girault, aucien dé- Ë pulé du Cher. Crémieui;, informé de ces sentiments d'un ■général dont l'armée pouvait avoir une influence considé- ■rable sur le sort de la France, avait promis de le faire EréToquer-, mais il n'en lit rien. Il fallut que le scandale de B sa retraite d'Orléans, la panique qu'elle causa à Tours, et
■ l'insistance d'une dépulation d'Orléanais, ouvrissent les
■ yeux au gouvernement de Tours, et fissent comprendre B au ministre de la guerre, amiral Fourichon, la nécessité I de mettre en retrait d'emploi la général de Polhês.
F Dès le 20 septembre, les troupes sous les ordres du
génârsl de brigade Peilavin avaient ballu eo ntté préci pi lamine nt devant une colonne prussienne intérietu «Q nombre. L'alarme avait ëlé vive à Orléans et daaft.|| Beance ; la crainte de l'invasion faisait fuir vers la t gauche de la Loite beaucoup de familles avec ce qu'eltl KTaieut pu sauver à la bàle. Des voitures de toute sort des femme?, des enfanta, des bestiaux étaient venus s'aj I lasser sur les quais, dans la rue Royale et jusque suri I place Banoier. A Meung et à Beaugency on faisait sauM f les ponts. La piéfeeture, appuyée pat le gouvernemei l'opposa à ce que l'autorité militaire fit sauter égalemM le pont d'Orléans et rendît ainsi impossible le ] des gens qui voulaient mettre la I^ire entre eux \ l'eDDemi, signalé dans la divection de Malesherbes at C ibivien.
Le gouTernement de Tours avait ressenti le coo) coup de cette panique, et le bruit s'était répandu i; avail délibéré sur la question de savoir s'il ne se replie pas aussi dans une autre ville.
Dans la nuit du 2tî au fl septembre, nouvelle | nique à Orléans. De Poihéa, à la lêle d'un corps d'à fort respectable, ayant trois généraux sous ses ordi avait tenu dans la soirée un conseil de guerre où il avl été résolu que l'on se replierait sur Tours en devant les forces prussiennes considérables qui s'afd çaient dans la direction de Toury et i]e Pilbiviers. i
i éla'iBUt bien moÎDS considérables que celles dent
Edisposaleat de Polbès et les génèrnus bous ses ordres.
KLa population civite se porta à la mairie, en demandant
Mes armes; des ^claircurs voloalaires allèrent reconnaître
llépB;r*> ^ quatre et cinq lieue« d'Orléans, et revinrent
uns avoir rencontré aucuu Prussien. Une délégation de
tiloyeDS invita le préret Pereira à se joindra à eux pour
htller h Tours rendre conipte bu gouvernement de cette
étrange retraite devant un ennemi qui ne se montrait
■; Elle se composait, avec le préfet, de M. Cocherjr.
incien député, de M. Pousset, conseiller municipal, et de