NIL MORTALE LOQUAR
Je chante un héros immortel.
Pour dire que ce qu'elle publieroit du Roy, deviendroit l'admiration de tous, l'union et l'entretien de tous les siècles.
Le Corps des Marchands ayant la meilleure part à la feste, il estoit juste qu'il s'y trouvast, et qu'il fust placé commodément Pour cela, ils firent dresser un théâtre qui servoit
à la décoration de la place comme les aulres. Mercure, le dieu du Négoce, y estoil élevé sur une pyramide sur laquelle on avoit peint des trophées des divers instrumens dont se servent les marchands. Quah^c figures, représentant les Arts, occupoient quatre coins ; le tout accompagné d'inscriptions et de devises qui comenoient au sujet. Toute la place estoit environnée de théâtres qui, outre leur décoration particulière, esloient agréablement ornez d'une quantité prodigieuse de personnes de l'un et de l'autre sexe, que le bruit de la feste avoit attirez de plus de trente lieues à la ronde. Geluy des écoliers parut fort brillant ; les Jésuites, dont on connoît le zèle pour la gloire du Roy, souhaittant qu'ils entrassent dans cette feste, et qu'ils contribuassent autant qu'ils pourroient à luy donner de l'éclat, les avoient fait dresser depuis longtemps à l'exercice des armes, et en avoient fait une milice aussi propre qu'elle estoit bien réglée ; de sorte que ce fut un spectacle de les voir tous rangez en bon ordre sur le théâtre qu'on leur avoit préparé, qui estoit bordé de demy-piques et de drapeaux de différentes couleurs, et qui faisoient une face très-agréable.
Comme la statue qui donnoit lieu à cette soleranité ne doit pas faire seulement l'ornement de la Ville, mais que les Habitants la regardent encore comme leur Dieu Tulélaire, puisqu'elle les met par là d'une manière plus particulière sous la protection du Prince, on avoit tâché de rendre cette pensée dans les devises suivantes, qu'on avoit attachées à divers endroits de la place :
Une fontaine jaiUissante au milieu d'un parterre, avec ce mot :