ET RÉPONSE DE CELUI-CI EN MARGES
A Verrières, ce 9 novembre. A Poitiers, ce 3 novembre 1G85.
Le dernier édit qui révoque celuy de Nantes me pal'oist un contretemps aux affaires de la R. P. R. Il produira bien des relaps qui se cantonneront dans leurs maisons et serviront de ministres à leurs familles ; et l'on ne sauroit parer à cet inconvénient que par une déclaralion interprétative.
Il est bon que M. Pussort soit informé du bon office, mais il faut que ce soit par tout autre que par vous, et que son fermier luy en donne advis. Il a son frère, M. Hersan, qui est trésorier de France au bureau de Poitiers : il faudroit voir si vous
Les gentilshommes de la R. P. R. du haut Poitou s'assemblèrent hier, icy au palais ; je leur fis entendre mes intentions et leur représentai, le mieux qu'il me fut possible, combien ils auroient intérest de s'y conformer. Il y eut peu de conversions, mais il y en a beaucoup d'ébranlés et qui se font une fausse honte de renoncer publiquement à une religion où ils sont exhortés, par les chefs du parti, à persévérer. J'en ai taxé d'oftice aux tailles une trentaine. Il ne reste plus que deux élections dont les départements ne sont pas encore faicts. J'ai diminué la
1 Mémoires de messirc Nicolas Foucault, etc., Bibliot. nation., Mss., à sa date.
PIÈCES JlSTlflCATIVES. N° VlII.
ne pourriez rien pour lui, cela plairoit fort à son maistre ; il faut lasclier de conserver son amitié par toutes voies. Si M. Boucherai ne l'avoil obtenue par son antiquité, on luy auroit pu donner la place, et s'il venoit à manquer, Ion peut le faire sans suivre l'ordre du tableau. Mais, en tous cas, ce chancelier-cy ne le poussera pas comme faisoit le deffunt, qui estoit mordant, et à qui un bon mot n'escbappoit jamais. Il le respectera, au contraire, car tout le monde demeure d'accord que M. Pussort primera au Conseil, n'y ayant personne qui en approche. Au surplus, M. du...
(nom illisible) avoit donné d'estranges impressions de vous au deffunt, dont il luy eschappoit toujours quelques petits mots, car il se laissoit estrangement prévenir. Dieu lui fasse paix !
J'avois prévu que cette clause, qui m'a paru d'abord mal entendue, pourroit faire des embarras ; je crois vous en a\oir e.scritquclquc chose; je ne doute pas que ion n'en-
paroisse de M. Pussort, qui est lapins soulagée de toutes.
Ses métayers ne payent presque point de taille. J'ai cru qu'il estoit plus à propos de luy laisser donner advis de cette diminution par son homme d'affaires que de luy donner moi-mesme.
L'aisnée de mes iilles que j'aiicy mourut hier. Il y avoit trois sepmaines qu'elle estait malade ; son mal a commencé par la petite-vérole et a fini par un flux épatique.
Ce sont des pertes qui deviennent fréquentes dans ma famille. Dieu conserve ce qui reste !
Ce sera un grand repos pour vous et un grand advantage pour vostre famille si vous pouvez estre une fois defTait des papiers de la Chambre de justice.
Nousattendons tousles jours des nouvelles de l'événement de la maladie de M. le chancelier. Il sera difficile, s'il vient à manquer, de bien remplir cette place. M. Pussort l'occuperoit dignement et relèveroit fort le cœur à la famille de M. Colbert. Je
voie une déclaration interprélative. Il n'eust pas esté mal à propos que vous eussiez fait vos observations sur les inconvénients dont l'exécution peut eslre suivie, car le sens littéral du dernier article paroit directement opposé à la continuation des conversions; tout cela faute d'explication, ou par trop de précipitation ; car, absolument, tant plus l'on examinera cette dernière clause, tant plus elle se trouvera contraire aux intentions du roy, qui sont d'arrester et d'empescher qu'il n'y ait des relaps. La suit te le leur fera voir, si l'on n'y remédie.
J'oubliois de vous mander qu'il seroit assez à propos de faire mettre deux petites épitaphes à vos deux enfants : l'une à Pau, l'autre à Poitiers ; elles ne contiendront que deux lignes.
Ces monuments qui subsistent longtemps peuvent estiVj dans la suite, de quelque usage pour les familles, pour des cas que 1 on ne sauroit prévoir.
n'oserois, en mon particulier, espérer que ce bien nous arrive.
La dernière clause de l'édit de révocation, de celuy de Nantes , nous fait un grand désordre icy et arreste les conversions.
Je vous assureray, s'il vous plaist, de mes resi)ects.
N"» IX.— INEDITE.