‹ Le gouvernement de Louis XIV, ou, La cour, l'administration, les finances etChapitre 6 sur 82 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Influence personnelle de Louis XIV dans le gouvernement.— Emploi de ses journées. —Tactique de ses ministres. — Culte que lui rendait sa famille. — Inauguration de sa statue sur la place des Victoires.— Madame de Maintenon.— Son portrait. — Son influence. — Son sentiment sur Colbert.— Sa préférence marquée pour Louvois jusqu'en 1686.— Seignelay le remplace dans cette faveur.- 1 - Le père La Chaise.— Gomment il vint a la cour. — Son portrait par Saint- Simon.— Mauvaises dispositions de mesdames de Montespan et de Maintenon a son égard. — Le roi lui donne l'enclos de Mont-Louis, aujourd'hui cimetière de l'Est. — Il fait partie de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

Naturellement, les grandes ambitions s'agitaient alors autour du seul pouvoir qui , depuis l'humiliation des parlements, était, en France, la source de toute élévation et de toute faveur, le pouvoir royal.

En 4 683, l'année où il perdit la reine et Colbert , et qui fut en quelque sorte le point de départ d'un nouveau règne, Louis XIV avait quarante-cinq ans. La situation de la France était, à cette époque, tant à l'intérieur que vis-à-vis les puissances étrangères , prospéra et brillante. Les dernières années de l'administration de Colbert venaient de réparer une partie du mal qu'avaient

fait au peuple l'augmentation des impôts, le malaise de l'agriculture et la stagnation du commerce, suite fatale de six ans de guerre. Un cabinet animé de vues pacifiques aurait certainement arrangé à l'amiable les question litigieuses que le traité de Nimègue avait pu soulever. D'un autre côté, la guerre avec l'Espagne aurait manqué de prétexte sans ce désir d'agrandissement que nourrissait toujours Louis XIV, et qui le portait à s'étendre sans cesse vers la Flandre, autant, d'ailleurs, pour faire la conquête de quelques villes, que pour inquiéter, par son voisinage , la Hollande , cette ftère république de marchands enrichis, objet constant, pendant tout ce règne, de la jalousie du gouvernement français. Mais le moyen de résister à ces fâcheuses tendances? Colbert laissait une marine formidable, que Duquesne venait d'exercer glorieusement en bombardant Alger dont Tourville obtint bientôt la soumission ; sous la direction de Vauban , les frontières se couvraient de places fortes savamment combinées , et les finances , cet embarras ordinaire des gouvernements belliqueux , se trouvaient dans une situation relativement très satisfaisante. Tandis que la véritable politique de la France eût été de se maintenir dans une ligne de modération d'autant plus honorable que le gouvernement avait précédemment donné des preuves d'une susceptibilité ombrageuse, Louis XIV céda malheureusement à ses instincts , à ceux de Louvois , et , de 1 683 à 1713, la France eut à soutenir , presque sans relâche , des guerres funestes que la révocation de redit de Nantes, la question capitale du nouveau ministère, compliqua

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