Tempérament et Caractère, Alcan, 1895, p
2. P. Hartenberg, les Timides et la Timidité, Alcan, 1901, p. 234.
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La catalepsie nous offre le meilleur champ d'expérience, pour les mêmes raisons que nous avons déjà exposées : la conscience, alors, se trouvant réduite au minimum et les faits ramenés à une simplicité extrême, il est facile de contrôler ce qui se passe. Or, on constate que l'expression extérieure d'un état d'âme tend à le produire, que les actes suscitent le sentiment.
Si on ferme le poing au cataleptique, il entre en colère ; si on lui plisse le front, il devient triste ; si on lui fait joindre les mains, il se recueille ou il prie1 ; et ainsi de suite. Si l'idée, comme nous le savons déjà, suscite l'acte, inversement l'acte, même imposé du dehors, suscite le sentiment.
On sait qu'il en est ainsi dans l'hypnose, quel qu'en soit le degré ; et qu'il suffit à l'expérimentateur de modifier les attitudes ou les actes d» oujet pour en modifier l'état d'âme. Par exemple, « la position du corps influe notablement sur les émo-
4. Voyez P. Janet, Âutom. psych., p. 19 et suiv.; — J. Braid, Neurypnology, i. Churchill, London, 1843, chap. vs.
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tions et les sensations... Quelle que soit la passion que Ton veut exprimer par l'attitude du patient, quand les muscles nécessaires à cette passion sont mis en jeu, la passion elle-même éclate tout d'un coup, et l'organisation tout entière y répond i ».
Même en dehors de l'hypnose, le sentiment est suscité dans les hystériques par les attitudes et les mouvements extérieurs. M. P. Janet observe que ses malades « gesticulent beaucoup pour la moindre des choses, et se prennent elles-mêmes à leurs grimaces2 ». A force de pleurer, de gémir, de crier comme si elles sentaient une grande dou« leur, elles finissent par la sentir. On peut dire de la douleur comme de l'amour : en parler, c'est en faire.
Le rêve, supprimant, comme l'hypnose, l'activité du psychisme supérieur, produit des résultats analogues : « Un état du corps provoque la suggestion ; la disposition des organes de telle ou telle manière propre à exprimer une émotion ou une passion donne au rêve sa direction générale, et tout se passe comme dans un automatisme régulier3. » C'est ainsi qu'une attitude triste, affaissée, découragée, au moment de nous endormir, prolongera, par le moyen du rêve, ou provoquerait au besoin l'état d'âme correspondant; c'est
i. Paulhan, op. cit.> p. 66, analysant J. Braid.