‹ Le gouvernement de soi-même (volume 2)Chapitre 63 sur 91 · LES TROIS CONDITION» BU SUCCÉJ · texte numérisé non relu

LES TROIS CONDITION» BU SUCCÉJ

1* Il faut vouloir aboutir. Nous avons dit, dans notre formule, qu'il « faut agir comme si on avait le sentiment que Ton veut avoir ». Quand il s'agit, en effet, du « gouvernement de soi-même »y on aura recours à cette formule dans les circonstances où le sentiment voulu n'est pas facile à introduire dans la conscience, déjà peut-être occupée par le sentiment contraire. Une simple pensée vague suggérée par l'acte serait trop faible pour se frayer la route à travers les obstacles. Mais, si le résultat est voulu, l'idée devient une résolution, et nous avons dit que sa puissance psychologique est alors considérable.

2* Elle ne suffit pas, néanmoins. Les sentiments' sont, en général, de formation lente, et dans tous les cas, une fois qu'ils existent, ils sont stables et difficiles à remplacer*. Voilà pourquoi il faut répéter avec persévérance l'emploi de la méthode. De la sorte, le sentiment adverse qu'on veut détruire, ne pouvant pas s'exprimer par des actes à lui adaptés, s'affaiblit peu à peu; les actes conformes au sentiment qu'on veut avoir, à force de se répéter, créent une habitude organique favorable et répugnent de moins en moins ; et surtout cette répétition d'actes fortifie l'idée qui descend par le haut de plus en plus riche et complexe, faisant masse peu à peu et ébranlant les résistances (Voir p. 121,1, 1° b).

3° Enfin, il faut ne pas se tâter le cœur à tout moment pour savoir lequel des deux sentiments l'emporte. C'est probablement celui que vous

1. La raison en est que les sentiments sont plus près de la matière et participent à son inertie. Les idées sensitives se modifient avec les circonstances extérieures, les idées spirituelles, immuables en théorie, logiquement, parce qu'elles expriment les rapports constants entre les essences, peuvent être facilement modifiées dans la pratique, psychologiquement, parce que nous pouvons reconnaître nos erreurs et aussi nous pouvons choisir les essences que notre esprit compare et modifier brusquement le champ de sa vision ; mais les sentiments, par leur élément matériel, ont une part d'inertie et conservent donc la vitesse acquise, même après la suppression de la cause initiale qui les a mis en branle ; ou, si Ton préfère cette image, une fois cramponnés à l'organisme, ils ne peuvent s'en déprendre que peu à peu, comme les racines d'un arbre restent dans le sol même après les fleurs tombées et la sève morte : il faut le tempi de retourner la terre et d'y faire lever d'autres germes.

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