CHAPITRE I VÉRITÉ Î)E LA LOI. — EFFICACITÉ DU PRINCIPE
Nous pouvons être bref sur ce sujet : ce que nous aurons à dire dans le chapitre suivant sera, en même temps que l'explication de la loi, la meilleure preuve théorique de sa vérité; et quant aux preuves pratiques, expérimentales, elles sautent aux yeux partout.
« On n'arrive à rien, disait, croyons-nous, Tocqueville, si l'on n'a le diable ^u corps », c'est-àdire si l'on n'a une passion ardente q?ii emporte la vie vers un but ; parce que sans elle on ne pousse rien à fond, on se donne et on se reprend, on flotte à l'impression du moment, de-ci de-la, et on se laisse finalement rouler par le flot, dans le banal, et ronger par la médiocrité, « cette rouille de l'existence * ». On fait « ce qui se fait », c'est-àdire comme les autres ; un peu moins bien ou un peu moins mal, parce qu'on est libre; mais sans relief, sans sortir de l'ornière, parce qu'on n'use
i. Le comte Prokesch à Napoléon II ; d'après Welschinger, *f B,o\ de Borne, 4- éd., Pion, i903, p. 39*,