‹ Le gouvernement de soi-même (volume 2)Chapitre 69 sur 91 · VÉRITÉ DE LA LOI. — EFFICACITÉ DU PRINCIPE · texte numérisé non relu

VÉRITÉ DE LA LOI. — EFFICACITÉ DU PRINCIPE

guère de sa liberté, trouvant suffisantes les ambitions communes auxquelles on va par les chemins battus. De la sorte, les êtres les mieux doués pour réussir ne se résignent pas « à dépasser le niveau du vulgaire1», les plus belles fleurs de jeunesse, les plus brillantes, les mieux venues, les plus riches de sève ne font que des « fruits secs ».

Tous les fruits qui mûrissent , tous les hommes qui vont vraiment jusqu'au bout de leurs forces ont mis dans leur sève de nature une flamme de passion. Voyez les saints : des passionnés. « La sainteté, a dit un docteur de l'Eglise, n'est pas autre chose qu'une grande résolution, l'acte héroïque d'une âme se livrant à Dieu. » C'est la passion qui livre l'âme à son but, en plénitude. Et de fait il y a une passion qui explique et remplit à elle seule toute vie de saint ; au point que le biographe, sans y prétendre et à la seule condition qu'il connaisse son héros, finit toujours par enclore cette vie dans une formule ou une devise : Amo Christum l Ad majorem Dei gloriam ! Quidhoc adœternitatem? Pati et conternni pro te! Maximus in minimis! etc., etc.

Les grands hommes, comme les saints, ceux qui, dans la guerre, la politique, la science ou les arts, ont dépassé de très haut « le niveau du vulgaire », Alexandre, César, Platon, le Dante Michel-Ange,

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