Donoâo Cortès
Napoléon, etc., tous ont été des passionnés; et à travers toute l'histoire, — cette patrie rétrospective des forts, — on ne voit que des passions qui marchent.
Les collectivités comme les individus — le» ordres religieux, par exemple, ou les patries — ne vont jusqu'au bout de leurs destinées qu'à la condition d'avoir un idéal et de s'en éprendre passionnément.
Mais si nul homme n'est vraiment fort sans une passion, inversement toute passion suscite dans un homme et ramasse pour son but des trésors de force, même là où il semblerait qu'il n'y eût rien.
Celui-ci, par exemple, est un névropathe, un aboulique, un paresseux que le moindre effort épouvante, un faible que la moindre fatigue terrasse, qui n'a pas seulement la force de fixer son attention ou de soutenir une conversation de quelque durée, qui est à peine capable de travailler sérieusement une heure par jour; d'ailleurs esprit lent et lourd, sans imagination et sans mémoire. Mais cet homme a une idée fixe, une passion, et il s'appelle Darwin.
Balzac, Zola, Taine, H. Spencer et tant d'autres pourraient poser pour des portraits analogues1.
i. Cf., par exemple, M. de Fleury, Introduction à la médecine de l'esprit, Alcan, 2* éd., 4897, chap. vi; — Taine raconte dans ges lettres (Sa Vie et Correspondance, Hachette, 1904, passirn)
VÉRITÉ DE LA LOI. — EFFICACITÉ DD PRINCIPE £3î
Et il ya des passions plus vives encore que celle du travail littéraire, et qui peuvent dominer la vie de plus haut, oui s'étendent plus loin à travers la conscience humaine, qui exploitent des mines plus riches et soufflent dans le cœur une flamme plus continue et plus ardente. Or le résultat est proportionnel, en même temps qu'à la quantité et à la qualité des matériaux, à la hauteur du tirage et à la grandeur du foyer.
Mais, nous l'avons dit, c'est en expliquant ce qu'est la passion que nous rencontrerons les meilleures preuves de sa force.
tous les obstacles qu'il rencontre dans sa misérable santé et en particulier dans ses névralgies. M. Zola s'est fait copieusement analyser par le Dr Toulouse (Emile Zola, par le D* Ed. Toulouse, Société d éditions scientifiques, Paris, 1896. Cf. pp. 225, 2S2 sq., SU, fl*e.)-