Voyez Maury, op. cit., p. 40 et suiv., p. 103 et passim
2. Mais, parce qu'il y a toujours une certaine résistance à vaincre dans l'organisme partiellement engourdi et comme des poids morts à traîner, on s'explique que ces phénomènes laissent toujours après eux une grande fatigue.
La preuve que notre explication est la bonne et que l'inefficacité relative de nos rêves sur les ctes vient de cette mauvaise adaptation dans le système nerveux, c'est que, pendant le sommeil, nos vouloirs les plus énergiques demeurent aussi inefficaces que les images. Combien de fois, dans le cauchemar, nous voulons fuir le péril imaginaire, nous faisons des efforts désespérés, et nous sentons nos membres nous peser comme une masse de plomb impossible à mouvoir ! Or, personne ne met en doute que notre volonté n'ait prise par elle-même sur nos muscles volontaires, en particulier sur ceux de l'appareil de locomotion; si donc, dans le sommeil, elle est inefficace, le changement ne vient pas d'elle, qui reste tout aussi énergique4, mais des nerfs et des muscles qui ne lui obéissent plus ; si le courant ne passe pas, c'est que les communications sont interrompues2.
4. La volonté n'est pas libre, dans le sommeil, du moins de cette liberté qui nous fait responsables, parce qu'elle nous fait maîtres de nous; et nous ne sommes pas maîtres de nous en rêvant, parce que nous ne sommes pas maîtres de discuter nos rêves. Us s'imposent à notre croyance un peu à la manière dont les sensations semblent s'imposer à la conscience de l'animal. Mais la liberté n'est qu'une manière d'être, et la volonté (en acte), libre ou non, reste une force psychologique, non pas par la manière, mais par la mesure où elle existe, et donc où elle agit.
2. Pour le noter en passant, il est heureux que la route lui soit coupée, dans le sommeil, parce que, ayant peruu dans cet état la maîtrise de notre conscience, acceptant sans aucun contrôle toutes les idées qui se présentent, même les plus absurdes, nous ne pourrions que dire et faire toutes les folies. On peut voir dans Maury, op. cit., surtout dans le chapitre vi, les analogies du rêve et de l'aliénation mentale.