J., I, 241 et suiv. — Voyez R, et J., II
LA DÉGRADATION DE i/lDÉE OBSÉDANTE 8t
précise, si cette adaptation ne peut pas réussir, les phénomènes inférieurs se déchaînent avec leur automatisme qui remplace l'effort d'adaptation *.
M. Janet en conclut qu'il faudra chercher, audessous encore de ces phénomènes, dans l'étiage des forces psychologiques de l'obsédé, leur explication. Et c'est juste. Mais c'est ainsi les rattacher à cette manière d'être qui fait de ces malades des obsédés, et par conséquent à leur obsession. C'est ce que nous voulions établir.
On peut les y rattacher encore en observant qu'ils sont la phase intermédiaire entre l'obsession et l'idée obsédante. Nous avons déjà dit qu'ils se manifestent au cours de la maladie lorsque les développements de l'idée obsédante paraissent avoir épuisé les forces actuellement disponibles. Ces actes volontaires d'ailleurs, ces attentions ou ces émotions qui leur servent de point de départ immédiat, portent bien souvent sur l'idée obsédante elle-même ou sur quelqu'une de ses efflorescences. Mais il y a plus : les agitations diffuses, et en particulier cet état d'angoisse, d'attente anxieuse, dont nous avons parlé et qui se trouvent tout à fait au bas de la série, marquent, parmi les manifestations extérieures, la première phase et la dernière. C'est par là d'abord que la maladie se manifeste ; c'est par là, quand elle cède devant le traitement, qu'elle disparaît *. Il semble donc que ces phénomènes dégradés soient comme les
1. Et par là perd contact avec l'idée primitive. 2*. Voyez Seglas, Leçons cliniques, 1895, et Dallemagne, Dégénérés et déséquilibrés, 1895.
l'obsession et le scrupule
feuilles du même arbre dont les idées obsédantes constituent les fleurs et les fruits. C'est par leur poussée que la sève d'abord se manifeste, c'est en elles qu'elle épuise son dernier effort quand l'arbre va mourir. — En d'autres termes, il semble que les phénomènes que nous avons étudiés dans ce chapitre soient le préambule de l'idée obsédante, quand la maladie commence, et qu'ils en deviennent ensuite les déchets ou les dérivations.
Il faudra tenir compte de ces apparences et trouver une théorie de l'obsession qui les explique.
Mais avant d'édifier cette théorie, il nous faut achever l'inventaire des faits. Nous avons vu ceux qui se groupent autour de Y idée obsédante; il nous reste à voir ceux que doit nous fournir l'élude de Y obsédé.