‹ Le gouvernement de soi-mêmeChapitre 51 sur 93 · Névroses et Ps y c ho névroses · texte numérisé non relu

Névroses et Ps y c ho névroses

2. Du moins, si le traitement est institué assez tôt pour qu'il puisse eiî'acer la trace des habitudes contractées.

des actes qui en dépassent le niveau. Or, il est toujours possible, nous verrons bientôt comment, de réussir au moins à réduire cette complexité, et, de la sorte, on peut toujours, non seulement faire obstacle à l'évolution de la maladie, mais encore provoquer une amélioration.

Pour prévoir, dans les cas concrets, jusqu'où cette amélioration peut s'étendre, il faut naturellement tenir compte du degré où le malade réalise les conditions que nous venons d'énumérer. La maladie est d'autant plus inquiétante qu'elle est plus précoce, plus tenace, moins justifiée par les circonstances du début; c'est une indication, en effet, que la dépression n'est pas accidentelle, puisqu'elle dure, et qu'elle est considérable, puisque la tension vitale s'est trouvée insuffisante pour une organisation psychologique encore très simple ; et il y a lieu de rechercher si elle n'est pas constitutionnelle, héréditaire. — Héréditaire ou accidentelle, elle est d'autant plus inquiétante, dans son espèce, que les manifestations s'étendent plus loin, dépassant la période des senti* rnents vagues d'angoisse et d'impuissance décriîs dans la deuxième partie, pour présenter l'idée obsédante dans toute son acuité avec les phénomènes décrits dans la première partie. Et, ici encore, il y a des degrés, mesurés par la nature des groupes psychologiques qui dépassent la tension disponible. Plus les actes devenus impossibles s'abaissent dans la hiérarchie indiquée ci-dessus (IIIe partie, ch. i], plus la maladie est profonde.

Mais puisque, même alors, le traitement peut

réussir et que le malade en a d'autant plus besoin, il faut l'essayer. Rarement la compassion sera mieu* placée. Nous avons, à la suite du premier chapitre de ce travail, résumé ce que nos constatations supposaient d'acuité dans la douleur, chez l'obsédé, nous n'y sommes pas revenu ; mais on a bien vu, à mesure que se déroulaient les cinq autres chapitres consacrés à décrire son état, qu'ils représentaient, chacun à son tour, un inventaire d'une nouvelle collection de souffrances. Le tout forme un bloc horrible. Et s'il y a sans doute des maladies plus graves au point de vue biologique, il n'y en a pas, croyons-nous, qui atteignent le malade plus à Tintime et qui soient plus profondément douloureuses. Constater que le traitement est possible, c'est donc conclure qu'il faut le tenter et ne rien négliger pour le faire aboutir.

Page 1