VcWow, Life ofiord Sidmouth, 7S
premier ministre; cependant elle n'est pas considérée, en général, comme une question de parti. En 1784, Pitt, qui était alors tout puissant, laissa réélire Cornewall et, en 1806. lord Grenville fit de même pour le speaker Abbot. Lord Grey suivit cet exemple, en 1831, en ne cherchant pas à déplacer M. Sutton, qu'il savait pourtant très opposé au reform bilL et, en 1841, sir Robert Peel proposa lui-mém<i M. S. Lefevre, qui n'était pas de son parti. 11 disait, à ce propos, que « l'on pourrait faire une objection contre une réélection, par le motif que le speaker aurait négligé ses devoirs ou se serait montré inc<mipétent... mais qu'il ne croyaitpas nécessaire qu'un président ayant consciencieusement rempli ses fonctions fut déplacé parce que ses opinions n'étaient pas d'accord avec celles de la majorité de la Chambre •. Le même principe a été accepté depuis lors et, en 1886, notamment, M. Peel, quoique libéral, a été réélu tandis que les conservateurs étaient au pouvoir.
Deux fois seulement, il est arrivé que des speakers n'ont pas été renommés, bien que n'ayant pas manifesté le désir de se retirer. En 1780, sir F. Morton fut écarté, sous prétexte que sa santé était altérée, mais, en réalité, parce que sa conduite avait, en mainte occasion, mécontenté la Chambre et, en 1835, M.Manners Sutton fut remplacé pour avoir pris une part trop active aux luttes contemporaines du reform bilL
Lorsque la proposition de nomination a été failt», elle est appuyée par un second mend)re et. si nul ne la combat, le candidat désigné se lève et, de sa place, adresse à l'assemblée ses renuTciemenls.
(Juand. au contraire, il y a plusieurs candidats, le
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deuxième nom est proposé aussitôt après le premier, puis appuyé dans les mêmes formes. Chacun des membres désignés s'adresse à la (Chambre et la discussion s'engage, sous la présidence du clerk. qui pose, à la fin du débat, la question « que le prenn'er des membres proposés prenne place au fauteuil ». S'il y a lieu de recourir à une division et que le vote soit affirmatif, la question est tranchée; dans le cas contraire, la Chambre vote, dans les mêmes conditions, sur le nom du deuxième candidat *.
C'est en 1566, pour la première fois, qu'on rencontre la trace d'une division, pour la nomination du speaker, Onslow fut élu par 82 voix contre 70, et les comptes rendus de l'époque ajoutent que son discours de remerciement dura deux heures. Plus récemment^ en 1835. M. J. Abercromby fut nommé, par 316 voix contre 306 données à M. Manners Sutton, speaker du précédent Parlement. Après lui, M. ShawLefevre fut élu, en 1839, par 317 voix contre 299 attribuées à M. Goulburn. Depuis lors, il n'y a jamais eu lieu de recourir à une division.
L'élection terminée, le speaker se rend au fauteuil, accompagné de ses deux parrains, et exprime à la (Chambre sa reconnaissance, pour l'honneur qui lui est fait ^. La masse est alors placée sur la table 3 (»t le leader du Gouvernement, puis celui de l'opposition, adressent
i. Rulesand orders^ n»» 10 à 12.
S. Rules and orders^ ii" 9 et 11 à 14.
3. Celle masse, <lont 1«» speaker est prêcé<îé dans toutes les cérémonies ofiiciclles, est portée devant lui par le ser^^ent irarnies ; elh? est placée sur la table, chaque fois que la Chambre est présidée i>ar le speaker. La niasse actuelle date du temps de Charles U, l'ancienne ayant été détioiite par Cruniwell. (]ui la traitait de babiole.
«les félicitations au speaker élu *, après quoi l'Assemblée s'ajourne au lendemain.
Le jour suivant, la Chambre étant réunie et le speaker élu étant au fauUïuil, l'huissier à la baguette noire apporte un message des lords pour informer les membres de l'assemblée qu'ils sont invités à se rendre à la Chambre Haute.
Le speaker élu, se présentant à la barre de la Chambre des lord^, déclare que « les fidèles Comnmnes de Sa Majesté, se conformant à l'ordre du Souverain et exer- ^•ant leur <iroit indéniable, ont élu un speaker et sollicitent l'approbation royale ». Le lord chancelier répond • que Sa Majesté l'a chargé d'assurer le speaker élu que la Reine a pleine confiance dans ses talents, son zèle et sa capacité pour remplir les fonctions importantes auxquelles la Chambre des communes vient de l'appeler», et il déclare, en vertu des pouvoirs conférés par la (iouronne, cpie Sa Majesté approuve et conlirnn» la désignation faite par la Chambre des communes *.
ihi ne cite qu'un seul cas où le Roi ait refusé de ratifier la nomination du speaker. En 1679, les Communes avant réélu M. Illdouard Sevmour. le chanccdier les in- • forma que Sa Majesté les invitait à faire un autre choix. I-.a Chambre vota une adresse pour réclamer, mais Charb*s H persista dans son refus H. après de nouvelles Icuilalivrs d«* résistance . on finit par nommer M. (Iregory.
I. Voir s<*'aiïn' <iii Ti murs 1874 : rl«Mlioii <!«• M. Brand cl discours de M. Cliii|iliii <*l tU* loni <i. CiiviMidi.'^li. — Sraiin* du itt fôvrirr IH81 : t'Irc^ IffMi t\f M. IV..|..l dis(-our> di* MM. Wilbrcud, Hutlil) m»', (iladsluuc cl do •ir S. Nurtlicoti*.
i. Viiir:-iMiir..."du J7 février 1884. - Inslallalion du M. A. \V. IVol, en •|UMliU> d<* speaker.
16 LK HUHKAL' DKS DKUX CJIAMHUES
D'un autre coté. les archives du Parlement ne mentionnent (\\iv trois circonstances dans lesquelles le speaker ait siéji^é au fauteuil sans que le consentement royal ait été donné *.
Lorsque le speaker vient à mourir, ou qu'uiu» circonstance quelconque Toblifre à cjuitter ses fiMictions avant la fin de la léfcislature. les mûmes f(»rmalités sont observées, si ce n*est que l'autorisation de faire l'élection est signifiée aux (^omnnmes par le premier 'ministre, au nom du Souverain *.
La situation du 5/>^aA(?r est très considérable : elle est moins importante (|ue celle des minisires, mais elle est plus durable et elle esl unique. Il est le premier commoner du rovaume. tout le monde le salue en lui donnant son titrer (dliciel. il ti(*nt des levers, on assiste à ses dîners cmi grand costume {\{\ cour et Ton ne peut s'c»xcuser d'y paraitr(» qu'en raison d'un ordri» ou d'une invitation du Scmverain. Il jouit d'un sjilendid(î logement dans l'enceinte ménn^ du Parlenuint et il
recjoit un traitement de i^ii.OOO francs. « Le» speaker est uni à la CJiaudire par d^'S liens si conlidentiels et si intinn^s. disait naguère M. (iladstone. (|U(» ses fonctions peuvent être considéreras connue n'ayant aucun é(|uivalenl. dans aucune partie du monde civilisé. Je ne crois pas (|ue b» présidtMit d'aucune autre ass(Mnblé(» délibérative , si importante (|u'elle soit, puisse avoir une situation (jui soit aussi élevée (|ue
i. Vax 1660 ri en 1088, on i'jiis«)n il<«s ùv»''i»cniciits; imi i7SiK à cause de la iiiaiadie cle (j('or^t>s UI.
î. Séuiico du 20 IV'vriiM' i8Hi. M. (iladslniio jji^jfuifio k* oonscMiloincnt do S. M., cl M. A. I*e!îl est élu, ù lu place de M. Braiid.
colle du speaker *. » Et il ajoutait; dans une autre occasion : « Nous attendons beaucoup de notre speaker. Nous lui demandons, non seulement Tensemble de qualités qui peuvent se rencontrer ordinairement et fn'^quemment chez beaucoup d'hommes excellents et capables, mais encore une combinaison de qualités qui se trouvent rarement réunies chez la mémt» personne *. »
Je ne saurais mieux faire, pour montrer ce qu'est le rôle du speaker, que de citer les paroles d'un éminent jurisconsulte qui, après avoir longtemps siégé dans la Chambre des communes, a vu sa carrière couronnée par le suprême honneur de la dignité de lord haut chancelier d'Angleterre ^ : « Le speaker doit être un homme qui ait une longue expérience et qui possède une grande connaissance de tout ce qui touche au Parlement, tant pour les bills publics que pour les bills privés. Il doit posséder la haute situation personnelle, l'intelligence et la dignité de caractère qui conviennent à un parfait gentleman anglais ; ce sont ces qualités qui le rendent propre à présider une Chambriî appelée à remplir les fonctions les plus augustes qui puissent incomber, dans le monde, à une assemblée, et dont les membres ont toujours été jaloux de se conduire en pe/2/to?ien. Le speaker doit être un homme dont la stricte justice et Timpartialité S(»ient au-dessus de toute attatiue