‹ Le gouvernement et le Parlement britanniquesChapitre 11 sur 358 · St'aiire du 5 marri · texte numérisé non relu

St'aiire du 5 marri

3. Sir Roundell l*aliiier , aujoiinriiui rninli' Solhoriu». Sraiiro <lti 9ro\ri«ïr 1872.

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et de tout soupcjon, unlioinme possédant de vastes connaissances cl un <\sprit apte aux affaires. Il doit être d'un caractère bienveillant et simple, doué de bon sens prati(|ue, de fermeté et. en même temps, d'un jugement droit. Il doit connaître à fond les privilèges de cette assemblée et être capable, en toute occasion, de les soutenir avec autorité et dignité, en même temps qu'avec tact et modération. Il doit être, particulièrement à notre époque, capable de remplir la fonction plus importante et plus difficile encore de maintenir, par son autorité morale, l'ordre dans nos débats et la dignité dans nos actes, nous aidant tous, ostensiblement et inostensiblement, à maintenir ce respect d<i soi-même, cette discipline persoimelle, ce mutuel respect pour ses collègues, cet esprit d'obéissance au règlement do rassond)lée, qui sont essentiels à l'accomplissemenl des fonctions du Parlement et qui, dans les circonstances les plus difficiles, ont permis à cette Cbambro de remplir ses fonctions à la satisfaction et pour le bien du pays. »

Il est assez difficile, pour quiconque n'a jamais assisté aux séances de la Cbambre des connnunes, de se rendre un compte exact du riMe du speaker. Lorsque, pour la pn^mière fois, l'on voit, îiu fond de cette salle toujours éclairée du jour faux que produit la lumière du gaz tamisée par un plafond vitré, cet impassible persoimage vêtu d'une» longue robe noire et la tête ornée d'une énorme perruque, assis au fond d'un fauteuil sur.nionlé d'un vaste dais, l'impression est étrange. A peine apereoit-on, de temps à autre, un léger signe de tête adressé à l'orateur qui désire prendre la parole, ou

quelquefois un mot tranquillement lancé pour constater que les oui ou que les non remportent *. Mais ce qui surprend bien cravantage encore que l'attitude du speaker dans la Chambre, c'est l'attitude de la Chambre vis-à-vis du speaker^ c'est le respect avec lequel on écoute la moindre parole sortie de ses lèvres, on accepte les décisions qu'il donne, on reçoit les cd)servations qu'il adresse, on soutient, en toute occasion, son autorité. Il n'a point de sonnette, ni même de couteau à papier, sa voix est souvent faible et incapable de dominer le bruit, mais, lorsqu'il se lève, chacun écoute et chacun obéit.

J'aurai, maintes fois, en exposant la procédure parlementaire, à indiquer le rôle du speaker : pour le résumer en deux mots, on peut dire qu'il est à la fois le représentant et l'organe de la Chambre. Il préside les séances, veille à l'observation des règlements, interprèle souverain(»ment la jurisprudence et les précédents, pose les (|uestions et proclame» le résultat des votes. Il conununique aux intéressés les résolutions des Comnmnes portant remerciements, censures, réprimandes ou admonestations. Il rend des ordonnances pour faire exécuter les ordres de l'Assemblée, relativement aux arrestations, aux convocations des collèges électoraux, aux comparutions des témoins, en un mot, il est, en toute? occasion, Tagent du pouvoir exécutif de Fa Chambre des connmmes.

Dans les rares occasions où il est appelé à prendre la parole, le speaker doit parler connue représentant

I. Th*; a^'iM hare i/, it'est la formule pour «lin; : la Cliainbr»- a adnptr.

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de rAvSScmblée tout entière et non comme celui de la majorité. Abbot ayant fait, en 181 1, un discours dans le(|uel il passait on revue les actes de la session et approuvait le rejet d'un bill favorable îiux catholiques, lord Morpetli présenta une motion portant que le speaker s'était rendu « coupable d'un abus du nmndat dont il est investi et des privilèges dont la Chambre Ta nommé dépositaire et prolecteur *. » Le speaker défendit sa conduite, en citant l'exemple de ses prédécesseurs, et la proposition de blâme fut rejetée par 274 voix contre lOG, mais la leçon n'en a pas moins profité. <»t il ne s'(»st produit, depuis lors, aucun incident de cv. genre.

Il est d'usage, depuis plusieurs siècles, que lorsque les speakers (|uittent la présidence de la (chambre, on leur confère un témoignage de n^connaissance. Comme ils étaient presque toujoui's autrefois choisis parmi les légistes, on leur donnait généralement une place de juge. Des huit personnages qui ont occupé le fauteuil sous Henri VIII, deux, sir Th. Moore et Th. Iludley, furent nommés lords chanceliers, deux autres juges, et un cinquième attornc^y général. Sur les quinze speakers des règnes d'Edouard VL de Marie et d'KIisabeth, dix obtinrent des fonctions judiciaires.

Plus lard, les speakers ont parfois quitté le fauteuil pour jouer un rôle politi(|ue et plusieurs, comme Harley, Grenvilleot Addington, sonldevenus premiers ministres, tandis ([ue d'autres ont simplement siégé dans le Cabinet. Depuis longtemps cependant, les speakers n'ont guère

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