‹ Le gouvernement et le Parlement britanniquesChapitre 328 sur 358 · Sir Ilonry Mai no, Popular government, cli. m · texte numérisé non relu

Sir Ilonry Mai no, Popular government, cli. m

4. On on tronvora un n'-sninôconiniodo dans J. Raven, Parliamentary hislory of England fro7n thc passing of the reform bill ©/"ISSÎ.

DK LA DÉMOCRATIE EN ANGLETERRE îi;W

comme le faisait remarquer un observateur perspicace *, mais il existe et il préoccupe, à bon droit, les esprits éclairés *. Bien plus, la (^émocralie semble portée vers les théories et plusieurs symptômes significatifs permettent de croire qu'elle pourra sacrifier certaines institutions, dont Texcellence n'est pas contestée, dans le seul but de donner satisfaction à un principe abstrait 3.

Là peut-être ne s'arrêteront pas ses erreurs et il est possible qu'elle entende fort mal les lois de Téconomie politique. Mais il faut bienreconnaître aussi quVllea opéré de sages <»t utiles réformes. Assurer la liberté et la sincérité des élections, protéger les femmes et les enfants employés dans l'industrie, établir un système national d'instruction publique, réglementer les associations et les (Compagnies financières, telles sont, parmi tant d'autres qu'il est impossible de citer, quelques-unes des mesures édictées par le législateur.

Si l'on considère l'autre partie, et ^*a été la plus importiinte. de l'dnivre des Parlements élus depuis l'exten-

I. « ('.I' <|ui iiianiiiKMMiroi'i*. r't>st IVsprit lii«''rar«'liiquo, la (luiniiintion (les hiinsiiix prrii'iiclant à la diroction siipn^iiic ili> t'»iitcs cliosivs vi au roniiiiaiifliMiiriit ilaiis toutes Irs hphi>ros du droit, o*ll«' iniluonci; oi*rulti>, dont l(>s iniii>'id)rabl;*s lils, connnc riMix d * la toili> d'araignée, sont t«Midiis t't connMit dans tous los simis, suivant Texprossion do (îii>llii>. San> douti», dans \vs trcnto drrnirn's anni'i's, l'A nfjdotorro aussi a fait de irisiez prn<;r«''s dans ci'ttf dirortion, mais sa hunNUUTiitit* n'u <>nrnri' ni \o tiras ass<>/ lun^, ni uin> organisation assez lioniop''ne pour f\i>rri*r une fiirte pn>s.-ion >ur le milieu social. (Fi>eiiel, La Constilulion tCitiff/rierrr.)

i. Voir ee qui a étt'* dit à ee sujet, vol. I'', p. £)5, et notamment lu eitaiion du livre di* M. Herbert Spenei^r : The wan venus ihe iiate,

3. Ji' rilf'iai notamment, eonnm> exemple, le> projets de n''forme dt» radmini<«tration loi'alf dans l**s eomtt's. Nul ne {■iint<'>te <pii> le sy.-^tt'nii' arlui'ironrtionui* bien et qnelfs magistratcf r^mplis-^iMit admiralilemmt l<Mir rril«- administratif. Il n'en e^t pas moins vrai qu'iui lt>ur substituera probabli>nii'nt bientôt. |iar pur amour df la tiH'>i»ri >, des counly toanlf, plu> ou moin.f >eniblable> ù no> eouieils g«''n«'*rauK.

sion ilu ilpoil iK- aulîrage, on verra que leur activité a iHt' PsseiilioUiTin'iit efficace cl salutaire '. Ils ont Fait (lisixirntlre les injusticoa et k'Sjerreurs, que les gônérati<iiis précc'-denles avaient accutnulèes. et ils uiit rétabli les rlioaes dans leur ^'laL normal, C'est ainsi que, depuis cinquante ans, des lois bienfaisantes ont rendu l'ubsoluo liberté aux consciences ol aux corps : les catbolîques cl les tlissidents ont été rétablis dans leurs droits et le drapeau britannique ne flotte plus sur aucun territoire dêsbonoré par l'esclavage. La législation criminelle a été adoucie, la liberté conmierciale établie, l'aclial des grades supprimé, rudniinistruliou municipale réformée. Tels sont (|ueb|ues-uns des nombreux actes de réparalion récemment accomplis.

D'un aulre côté, loin il'abuser des droits qui lui oui été concédés, la masse du peuple, guidée par son merveilleux bon sens *, a su éviter jusqu'ici de se laisser prendre à l'appàL (les promesses qui semblaient le mieux faites pour lui plaire. A peine investie du droit de suffrage, elle a renversé les ministres qui lui promettaient la suppression de Vincome lax, pour donner le pouvoir aux couservaleura, qui n'avaient rien de semblable à oITrlr. Plus tard, quand laloi de 1684 a établi le suffrage à peu près universel, l'immense majorité des électeurs

9. Cuuibk'ti du toU, na vaitëlataai la ïupi'-riiiriU' que dixino aux Anglais cette Hiniple qunUlè naturelle, j'ai |>cuh£> à un autre (iL-uplo qui, suivant PexprcBsi on d'un nuteitr^

DE LA DÉMOCRATIE EN ANGLETERRE Hïi

anglais ^ a refusé de suivre, dans une voie qu'elle considérait, à tort ou à raison, comme contraire aux intérêts du pays, le plus éloquent et le plus illustre des hommes d'État, celui-là même qui venait de lui conférer le droit de vote.

D'un autre côté, si l'indifférence religieuse fait, dans les masses, de trop nombreux progrès, on ne rencontre aucune trace du mépris des choses saintes, nulle idée d'intolérance ou de persécution ^, mais, au contraire, le respect le plus absolu pour toute conviction et le désir sincère d'assurer à chacun la plus entière liberté.

Il est un autre écueil que la démocratie anglaise a su éviter, c'est celui de l'envie.

Sans doute, l(»s classes élevées peuvent élre quelquefois inintelligentes et souvent égoïstes, mais elles ont généralement le sens de l'honneur et le sentiment de la solidarité. Fleurs intérêts étant permanents, elles sont nécessairement plus vigilantes; ayant plus à perdre, ell(»s sont naturellement jalouses d'éviter ce qui peut compromettre l'avenir; enfin leur égoïsme est tempéré parleur désir de sauvegarder et d'accroître le prestige du nom. Comme Ta dit Burke, ceux qui ne pensent pas à leurs ancêtres ne pensent pas à leurs descen<lants. Il est

1. J'i'inploio ici le mot anglais en cxcluanl les Ecossais et les Irliiinlais.

i. • M. Carlylo u fii«'i^ii('* plusieurs vrriti's à la ^«''iirratioii actuelle et l'uni' «ri'ilc'i. c'c^t ({Uf l«'S aruiri's 4|ui craignent Dieu sont l(*s uii'illeures arnii-*'^. Axant lui. ou liait île cette parole de (^nunwcU : « Ayez couliani-c eu Dieu et ii'ue/ voln* pouiln* seelie. • Mais niflls savons niain> tenant «{Ui.' re(|" couliance leur remlait autiint de siM'vices i{ue la pnuilie. <>innn daxantai^^i». Cette concentration éner^iiiue de sentiments pui^^anl.-» |>i'i UK'l aux hommes de tmit oser« de tout arcomplir. » (Bagehut, hits .tr!fnt:fi'ftt>'f du dévilnppfuntnt des nations, ch. m). On en p<.*ut diriî autant d«' tous les citoyens.

donc important que le peuple ne repousse pas les conseils <le ceux que leur rang place au-dessus de lui, mais cola ne suffit pas.

Je touche ici à un point délicat. L'on reproche habituellement aux gouvernements démocratiques Timprévoyance, la vulgarité et l'inconstance. Il semble qu'ils ne puissent suivre une politique de haute portée, que les desseins profcmds leur échappent et qu'ils soient inhabiles aux entreprises hardies, qui fondent ou qui assurent la grandeur des empires. Il y a beaucoup de vrai dans cette critique.

Dans Tune de ses pages les plus éloquentes, Macaulay décrit excellemment la marche des idées, chez les peuples : « Les intelligences les plus élevées, comme les sommets des montagnes, sont les premières à apercevoir et à réfléchir l'aurore. Elles sont brillantes, tandis que l'étage inférieur est encore dans l'obscurité; mais bientôt la lumière, qui n'éclairait que les plus hauts sommets, descend sur la plaine et se répand jusqu'au fond des plus profondes vallées. L'opinion juste, adoptée d'abord par un penseur hardi, devient celle d'une faible minorité, puis d'une forte minorité, et enfin de la majorité des hommes *. »

Sans doute, Taristocratie pouvait seule fonder l'empire briUinnique, sans doute, comme on l'a si bien dit*,

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