‹ Le gouvernement et le Parlement britanniquesChapitre 69 sur 358 · RÈGLES DE LA DISCUSSION · texte numérisé non relu

RÈGLES DE LA DISCUSSION

Une des règles les plus uiicieaues du ParleineiU défend les personnalités et, de tout temps, les deux Assemblées se sont montrées jalouses de prévenir les conséquences qui peuvent résulter de l'ardeur des débats. Un standing order de la Chambre des lords, en date du 13 juin 1626, dispose que : « Pour prévenir tout malentendu et pour éviter les discours offensants, soit dans la Chambre, soit dans les comités, il convient, pour que riionneur soit sauf, et il est ordonné que tout disc(Hirs personnel, incisif ou blessant soit interdit; ({uicon<{ue répondra à un discours devra appliquer sa réponse au sujet en discussion et non à Fauteur du discours. Et de même qu'il ne doit être dit rien d'olfensant, de même aussi rien ne doit être pris en mauvaise part, si celui qui parle donne une explication loyale ou retire formellement les paroles (|ui peuvent prêter aune fâcheuse int(Tprétalion. Si quelque offense était faite par un orateur, la (ihambre s'v montrerait très sensible; elle censurerait vivement le délinquant et donnerait à la partie offensée une réparation convenable et pleine satisfacti(m. »

sir W, HaiTourt, <iit quo la procrilun» à suivre, oii puivillc occasion, est iii«li<|iii''(> par lu coiitiiiiK* ilii Parlciiiriit. où i'iiii trouve un cusù peu pn>s <rniMul>lf à relui qui m> p^''S<•nti^ Vax certain jour, sir Georges Hunf:i'rfonl ayant employé rerlaines expressions, on s'écria : Prenez-les par écrit, l'n nienihre deinantla au clerk <ie lire ces expn^ssions et sir G. Hungerfonl exprima ses rej^rets. Ce précédent semhleruit bon à suivre aujourd'hui.

M. O'Donnell dérlare qu'il n'a pas eu la plus légère intention d'insulter le président, mai^ qu'il a voulu seulement protester énerf^itjuenient contre lt>« interruptions haliituelles des niemhri's de ropposition.

M. Gladstone, en pi-é>eMre de la déclaration qui vient d'être fuite, exprimi' l'espoir que de >end)lal»leN paroles ni> senuit plus prononcées a ve<; ou >an> intention injurieuse pour le président et demande à retirer sa propo<»itioii.

La Chambre «lulori^ie le letrait de la propo>ition.

Pepys raconte, dans son journal, que lord Buckingham et lord Dorchester s'étant un jour pris de querelle, répithète de menteur fut lâchée par ce dernier ; il fallut séparer les deux adversaires et la Chambre les fit enfermer à la tour de Londres *. Le 10 décembre 1766, la Chambre, ayant remarqué que certaines paroles un peu vives avaient été échangées entre le duc de Richmond et le comte de Chatham, somma les deux lords de déclarer, sur leur honneur, qu'ils n'en conserveraient aucun ressentiment. Quelques années plus tard, le 6 novembre 1780, les lords, ayant été informés que le comte de Pomfret avait envoyé un cartel au duc de Grafton, le déclarèrent coupable de grave mépris contre la Chambre et le firent emprisonner à la Tour ^.

Les incidents de ce genre sont moins rares, dans Tauire assemblée. L'alderman Sawbridge ayant présenté, en 1774, une pétition de Billingsgate etTayant accompagnée de vives attaques contre le Gouvernement, lord Nortii commença sa réponse en disant : « Je ne nierai pas que le digne alderman exprime les sentiments et parle le langage de ses constituants ^ ». Lord Chatham, s' adressant aux ministres, les accusait de repousser une mesure « qui les réduirait à l'état d'insignifiance auquel Dieu et la nature les avaient destinés ^ » ; lord Mans-

1. The diary of S, Pepys Esq'''^ cditcd by lonl Biaibrookc (19 décembre 1666)/

2. La Chambre n'inlorvint pas à propos du duel qui eut liou, lo 21 mars 1829, entre le duc de Wellington et le comte de Winchelsea, le motif étant étranger aux débats du Parlement. (II s'agissait d'une lettre publiée dans un journal.)

3. Les mots anglais sont bien plus expressifs : «f Spcaks tlie sentiments, nay the very language. » {Memorials of Charles Fox, I, p. 121.)

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