‹ Le gouvernement et le Parlement britanniquesChapitre 76 sur 358 · L'AJOURNEMENT · texte numérisé non relu

L'AJOURNEMENT

un trop haut prix et que nous demandons seulement de voir exercer non pas selon ce que nous croyons modéré, non pas selon ce que nous croyons raisonnable, mais seulement d'aprf^s les possibilités qui doivent limiter la condition et l'action d'une assemblée représentative. »

« Le respect que cette assemblée doit inspirer au pays, répondait sir S. Northcote, leader àc l'opposition, doit dépendre non seulement de l'ordre et de la décence de nos travaux, mais aussi de leur liberté et de leur utilité. (]e serait un triste changement d'abandonner cette

liberté quehjue peu irrégulière de discussion et de dé-

bat, qui distingue la Chambre des communes des assemblées <les autres pays, et de déposer, pour prendre une apparence plus décente, nos habits de travail, comme si nous étions honteux de les porter. Nous devons être préparés, si nous sommes une assemblée représentative, à insister pour retenir ces choses qui sont plus que de simples formes, je veux dire l'honneur et la dignité du Parlement, ce qui donne à nos délibérations force et vigueur. »

Après une discussion, au cours de laquelle vingt-sept membres irhindais furent expulsés, on vota, à titre provisoire, un règh»ment, aux termes duquel, lorsque hi Chambre (trois cents membres au moins étant présents) approuvera, à la majorité des trois quarts des voix, une déclaration du Gouvernement portant que l'état des affaires est urgent, tous les pouvoirs de Tassend)lée seront dévolus au speaker, jusqu'à ce que ctdui-ci déclan» (jue Turgencc» n'existe plus.

Le speaker rédigera aussitôt et soumit à la Cham-

brc une série de règles relatives aux cas d'urgence *. L'année suivante, le 20 février 1882, M. Gladstone présentait de nouveaux règlements. Après avoir rappelé que, pendant sa jeunesse, les séances de la Chambre des communes finissaient généralement entre six et sept heures du soir, comme celles de la Chambre des lords , il constatait les changements survenus dans les habitudes depuis le reform bill, et la préoccupation constante que les divers Parlements avaient eue de remédier au mal. Quatorze comités avaient été saisis de la question depuis 1832, et les réformes résultant de leurs travaux avaient été insignifiantes. Aujourd'hui, disait-il en finissant, « je vois la Chambre des communes paralysée et presque dans la condition de ces nobles animaux auxquels on a mis certains liens artificiels, qui les empêchent de mouvoir librement leurs membres. J'espère cependant qu'elle continuera à apprécier, je dirais presque à adorer la liberté do la parole et à tolérer, pour l'amour de cette liberté , cette sorte de liberté de parole qui en est la caricature et la contrefaçon. »

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