II AVANT-PROPOS
tîtutionnellc de nos divers systèmos politiques au cours du siècle dernier, et aussi Tétude attentive des tendances qui se sont manifestées dans les pays étrangers ne conduiraient elles pas h la conclusion qu'il faut choisir entre ces deux termes : le gouvernement absolu et le gouvernement de cabinet ? S'il en était ainsi, beaucoup de ceux qui s'en prennent au gouvernement parlementaire lui-mc^me ne voudraient, sans doute, pas aller jusqu'^i sacrifier complètement la liberté politique, et comprendraient qu'il faut seulement reformer ce dont ils auraient trop hAtivement condamne le principe.
Dégager des conclusions comme celles que nous venons d'indiquer toucherait A la politique. Ce que nous avons fait ici, modeste contribution à une plus vaste enquête, y est complètement étranger. Le présent ouvrage est une étude h la fois d'histoire et de droit public. Cette étude a été poursuivie, d'un bout à l'autre, sans aucune préoccupation de comparer ce qui a été avec ce qui est. C'est ainsi, nous semble-il, que l'historien doit comprendre son travail, alors même qu'il espère qu'on pourra trouver dans le passé des lerons pour l'avenir.
Nous ne pensons pas avoir à nous justifier longuement de nous être attaché h une analyse historicjue et critique, en nous abstenant de toute construction systématique. Le gouvernement parlementaire, on l'a dit,
lementaire Pt principe reprrsptittitif. Revue politique cl parlcrnonlaire, t. XXVll, p. 3M etsuiv., l. XXV[II, p. 61 cl suiv.
« est un yroduil du riiistoîpc et non de la raison inventive ' » ; il vit ttiirtout d'usnges et de Iniditinniî. Il n'y a pas de sujet de droit public pour lequel il soit plus vrai de dire que <i le droit se crée en fonctionnant* «.
bans l'oi-dre chronologique des minisièros qui se sont succédé sous les règnes de Louis XVlll et de Charles X, nous avons cherché ii foudre le mieux possible les faits parlementaires et les événements extérieurs, afin de donner, pour chacune de ces périodes, une impression générale sur l'élaboration cl le déveluppemcnt des principes nouveaux. On a compris, d'ailleurs, qn il s'est atri pour nous de cojisidérer, non pas rcusend>le des instilutions de la nionarcliie parle m eu la ire. mais uniquement la théorie et la pratique de ce qu'on appelle le gouvernement de cabinet.
(Quoique nous plu(,-ant à un point de vue ti-ès spécial, nous avons beaucoup prolîté des ouvrages considérables de MM. Duvergier de tiauranne et de Viel-Castel : nous y avons souvent renvoyé. Ils nous ont encore permis, surtout par les Indications qu'ils nous ont fournies sur les débats parlementaires, de nous rcporlcr aux sources au.>cquelles nous avons emprunté les plus importants cléments de ce travail. Nous avons largement analysé les travaux des publitisies de t'cpoque, et tiré grand parti des Correspondances et Mémoires, comme aussi des publications de M. Ernest Daudet. Enfin les
' A. I^smein, Elément» de droilconslitutiontiel, Paris, L. Larose, 181H), |i. 1U4.
» il. Saleilles, Y a-t-it vraiment une ai-ige tie la nciunce poli* tique, Ituvue poliliijiie et iiatluaiuiiUiire. t. XXXVI, {>. tltl.