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INTRODUCTION

Parmi tant de phénomènes dont l’étude s'offre à l’activité du chimiste, les phénomènes d’oxydation sont, sans doute, les plus importants. En particulier, l'oxydation directe par l'oxygène de l’air, que l’on rencontre aussi bien dans le règne minéral que dans le monde vivant, présente un intérêt considérable. Aussi, nombreux sont les chercheurs qui se sont attachés à son étude. Cependant, beaucoup de points, comme par exemple le mécanisme de cette oxydation, restent encore assez obscurs.

Les premiers chimistes qui étudièrent ce phénomène, Schonbein ( et un peu plus tard Berthelot ®, eurent leur attention attirée par le fait que l’oxygène fixé sur un corps organique se trouve dans un état actif, se manifestant par des réactions caractéristiques (décoloration de la solution de sulfate d’indigo, libération de l’iode des iodures, etc.), réactions qui ne se produisent pas avec l'oxygène libre.

Cette formation de péroxyde paraît être la caractéristique de ce phénomène que l’on a désigné sous le nom d'autoxydation. L'autoxydation a été parfaitement définie, par MM. Moureu et Dufraisse %), comme étant la partie du phénomène de

(1) Schonbein, J. Prakt. Chem., 74, 328 (1858). (2) Berthelot, Ann. Chim. (3), 58, 426.

(3) Moureu et Dufraisse, IT Congrès de chimie Solvay, p. 526 (1925).

FU

l'oxydation par l’oxygène libre où interviennent les peroxydes, c'est-à-dire celle où l’on peut déceler la présence d’oxyscène dit actif.

La plupart des auteurs sont d'accord avec Engler (M pour admettre que l'oxygène se fixe par molécules entières sur le corps autoxydable À, en donnant un peroxyde A0? qui cède ensuite son oxygène, soit au même corps À, soit à un accepteur d'oxygène B non autoxydable par lui-même. Ils paraissent envisager comme un cas assez exceptionnel celui où le produit d’oxydation joue le rôle de catalyseur vis-à-vis de l'oxydation, c’est-à-dire le cas où la vitesse d’oxydation croît en fonction de l'oxygène absorbé. Ils ne signalent guère ce phénomène que dans le cas de l’autoxydation des paraîfines, du chloral et de l'huile de lin. Cependant MM. Dupont et Crouzet ®, étudiant l’oxydation des pinènes, ont constaté une autocatalyse très nette et un peu plus tard, MM. Dupont et Lévy ® ont remarqué que l’oxydation de l'acide abiétique présentait également le phénomène d’autocatalyse et en ont fait une étude précise.

Il nous a semblé intéressant de chercher à voir si cette autocatalyse ne se produisait pas dans la plupart des autoxydations, et si elle ne permettait pas d'élaborer une théorie plus simple de l’action prooxygène et de l’action antioxygène capable d'expliquer beaucoup de faits restés encore assez obscurs.

C'est là l’objet des trois premiers chapitres de ce travail. Dans le quatrième chapitre nous avons examiné l’état de nos connaissances sur les produits d’oxydation par l'oxygène de quelques corps organiques. La considération des produits d'oxydation du pinène noùûs a amené à étudier dans un cinquième chapitre l’action d’un oxydant peu connu, l’oxyde

(1) Engler. Ber., 33, 1090 (1900).

(2) Dupont et Crouzet. Sur l'autoxydation des constituants des essences de térébenthine. C. R. IXe Congrès chim. ind. (1930).

(3) Dupont et Lévy. Bull. Soc. chim., &. 47, p. 60 (1930).

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