‹ Le graduel et l'antiphonaire romainsChapitre 10 sur 85 · LES LIVRES PRIMITIFS · texte numérisé non relu

LES LIVRES PRIMITIFS

:io

5 a) Dans ranliphonaire (de la messe) : les allcliiias des dimanches et fêtes ordinaires ;

Les antiennes de procession.

5 bj Dans le responsal : les communs des apùtres, martyrs, confesseurs, vierges. (A la messe, les * communs n'étaient pas en usage ; on puisait, selon les besoins, dans les autres fêtes du même ordre.) Les communs, pour les heures, sont formés d'anciens propres * ;

L'office des funérailles '^ ;

Antiennes à Magnificat et à Benedicius, tirées de ces cantiques, et dont une partie seulement est restée en usage dans Tofflce férial ;

Les Invitatoires, pour Toffice de nuit.

Dans le détail, chaque messe complète, pour les offices qui en avaient, comprenait les antiennes de Yintroït, de l'offertoire et de la communion, le répons du graduel et, s'il y avait lieu, le trait. Rares étaient les répons à alléluias^ innovation de saint Grégoire. Pour l'alléluia, on puisait donc aux séries quale volueris de la fin du graduel. C'est W surtout par ces séries qu'on augmenta plus tard la

t collection grégorienne de la messe.

• Voir à la fin du présent livre.

- Distinct de rolïice dc« morts constitué depuis, et auquel il :

•yy LE (.RADIKL I:T LANTIPHONAIRE ROMAINS

Le répertoire des heures du jour et de la nuit n'avait point la même fixité que la messe. Il devait s'adapter aux usages très divers ^ entre lesquels se partageaient les églises, surtout pour les antiennes et les répons des nocturnes. Très probablement ^ l'Antiphonaire original de l'office en présentait les séries sous la forme d'une suite d'antiennes et de répons sans attributions bien définies, indéfiniment extensible -, et où l'on puisait selon les besoins. Seules, les antiennes de Mar/nifîcat, des laudes et de BenccUctus sont fixes dans presque tous les manuscrits.

iNOTES ET DESCRIPTIONS

Le PKuutier de saint Germain de Paris (¥lc siècle).

A quelle époque commença-t-on à noter, dans le sens où nous l'entendons maintenant, les livres de chant liturgique? On Tignore absolument, et, fait singulier, les documents subsistants ne nous laissent rien constater à ce sujet avant le ix*' siècle '.

' Cf. B.vTii roL, Ilisloire du hrécinire roDiain, ii>^ édition, 1911 , p. 49-60, et nos Orir/ines, pp. 207 et s.

- Ainsi, t\ la suite des trois répons du dernier nocturne des fêtes, l'antiphonaire dit «de Charles le (lliauve » en ajoute jusqu'à dix-sept de rechanp:e. (Voir plus loin, ili. m.)

•' lîien <|u"à vrai dire, des signes convenlionnels (notation ckpiionétique), aient déjà niar(|ué divers passages des récitatifs

LKS LIVRES PRIMITIFS 27

Vraiseinblablomeut, on n'en éprouvait pas le besoin , iunsi que nous l'avons plus haut expliqué.

Déjà, cependant, la Règle attribuée à saint Augustin fait mention do certaines prescriptions louchant ce qui doit être chanté :

Quand vous prie/. Dieu parles psaumes elles hymnes, que le cœur soit tourné vers ce que la voix profère * ; ne chantez que ce que vous lisez comme devant être chanté : ce qui n'est pas ainsi marqué pour être chanté, ne le chantez pas -.

Peut-être ce passage ne vise-t-il ([ue des rubri- <iues, telles que nous en lisons encore au Missel, par exemple, pour la Bénédiction de l'Eau, au Samedi Saint : « Elevans vocem in mochini Pracfailonis, prosequitur », ou : « Mutât vocem, et prosequitiir in iono Lectionis », etc.

Toutefois, peu de temps après, le texte précédent ■est amplifié dans la Règle des SS. Paul et Etienne (vi^ siècle environ), qui vise très nettement des indications d'ordre musicaP. Nous disons bien

liturgiques, depuis au moins le vr siècle. Cf. Origines, p. iGo îi i63.

' Saint Benoît, au vi'' siècle, dit à peu près la même chose: Mens nosini concordet voci noslrae. Recjuln, c. xix.

- Psalmis et hyninis cum oratis Dcum, hoc versetup in corde quod profertur in voce ; et nolitc cantare nisi quod legitis esse cantandum : quod autem non ita scriptum est ut cantetur, non cantelis. S. AtousTixi Régula ad servos Dei, < . 3 (Pair. Lai., t. XXXllI, col. iSyg.)

'■'- Texte signalé par le Pr. D"" Wagner : Einfiihrung in die (jregorianisrhen Melodien, 3^ édition, Leipzig, 1910, p. 3^ ; ou

28 LE r.RADl'RL ET L'A?sTIPHONAIRE ROMAINS

(( indications », et non pas dos signes musicaux. En même temps, nous apprenons que ces indications, dans les livres des moines qui suivaient ladite règle, ne s'appliquaient qu'à l'Ecriture Sainte :

Qu'aucun n'ait l'audace de méditer ou de dire, dans cette communauté, des répons et des antiennes, que certains ont coutume de chanter, ad libitum^ sur une mélodie soigneusement composée, mais qui ne sont pas pris dans l'Ecriture canonique... Qu'ils ne se laissent pas enchaîner dans les liens de la légèreté ou de la paresse par les sons de la cantilène... Nous devons chanter ce qui — comme le dit le bienheureux Augustin — est écrit comme devant être chanté : ce qui n'est pas ainsi écrit, ne le chantons pas... Et ne modifions pas, à la manière de la parole et commcunelecture,ccquidoit être chanté^ ou, ce qui est marqué comme devant être lu, ne le transformons pas, par notre présomption, en mélodies ou en cantilèncs artistiques *.

Ce texte ne paraît otrectivement viser avicune notation proprement dite.

(7est à un même ordre (l'habitudes qu'il faut

dans l'éditiou IVauvaise, Origine el développement, dn chunl m nrgique jusqu'à la fin du moi/en âge, Tournai, 1904, J>. 42. ' NuUus praesumaL Rcsponsoria vel Antiphonas, quae soient aliqui composite sono, |)ro suo lil>itu,cL non ex canonica Scriptura assumpta canerc, in congrc}çation<î ista vel niQditari vol dicei'c... Et per cantilenae sonos le\itaLis et otiositatis compcdibus illi^^ati... Ea cantarc debenius quae, sicut beatus Augustinus dicit, ita scripta sunt, ut cantentur : quae autem non ita scripta sunt, non cantemus... Ne (juae cantandu sunt, in niodum prosac et quasi in lectioneni niutcmus, aut quae ita scripta sunt ut in ordine lectionum utamur, in tropis et cantilenae arte nostra praesumptione vcrtanuis. .S.S. PnuU el SIephnni reguln ud monnchos, c. xiv fPulr. Lui., t. I.X\'I, col. 953-954).

Li:S LIVRKS PRIMITIFS 29

rattacher lo superbe Psautier du même temps, conservé à Paris (Bibliothèque nationale, lat. 11947). Gardé juscpi à la révolution à Tabbave de Saint- Germain-des-Prés, il a, d'après la tradition, servi à l'évèque saint Germain lui-même (f 5^6), fondateur de cette abbaye.

Ce vénérable manuscrit, d'un assez grand format, est aussi un chef-d'œuvre de calligraphie. Kcrit sur vélin recouvert de pourpre, en lettres onciales d'argent, il a les titres en or. C'était un très vieil usage pour les livres précieux, et saint Jérôme le mentionne dans sa préface au livre de Job : Haheanl qui volunt veteres libros, vel in memJjranis purpureis auro arffentoque descriptis , vel uncialihus litteris (Pair. Lat., t. XXVIII, col. io83j.

Or, tandis que les manuscrits les plus anciens du psautier en donnent simplement le texte, les inscriptions d'or du Psautier de saint Germain comprennent non seulement les titres habituels des Psaumes, mais encore, en rapport parfait avec la Règle de Paul et d'Etienne, des indications musicales. Celles-ci sont de deux ordres.

Elles comprennent d'abord l'indication des

m « divisiones » ou diapsalniata, ([ue le nouveau

Psautier de Pie X (voir à la fin du présent livre)

remet en vigueur. Or, la division implique, ou

impliquait, le changement du refrain, antienne ou

30 LE (iRADLEL KT L'ANTIPHONAIRE ROMAINS

répons. De plus, le diapsalma correspond au mystérieux selah du Psautier hébraïque, dont le sens musical, indication d'une reprise ou dune vocalise^ paraît bien déterminé*.

Enfin — et nous croyons avoir été le premier à le signaler - — un certain nombre de psaumes ont, à la marge, l'indication des versets servant de reprises ou répons -^ Le sigle i^^, de même taille que les titres, en or comme eux, le marque. Parfois, il y en a plusieurs de rechange pour un même psaume. Les versets ainsi désignés sont en elFet ceux qui, dans les plus anciens antiphonaires notés, accompagnent les psaumes ; ils sont à rapprocher, d'un coté, des textes analogues mentionnés par saint Augustin'', et d'un autre, du psautier mozarabe*.

Voici (pielques-uns des versets ainsi marqués :

Ps. 5o, Miserere, i{. Asparges me hvsopo

R. Hcdde mihi laetitiam.

Le psautier mozarabe a deux autres autiennes pour ce i)saume, mais il orthographie à peu près de même :

Adsparges me ysopo.

' Voir uos (friffines du clinnl romnin, p. i5-iG.

- Jlisl. du chu ni liturgique à Paris, I, Paris, 1904, p. 8-9, ay-So.

■' A cette époque, les églises des (Jaules u'a\ aient pas encore l'usage de la psalmodie en chœur — donc des antiennes — . Les refrains n'étaient en conséquence que des réponses du chœur aux solistes.

' CA'. Doni (>AiiR<»i.. Diclinnnnire d'nrchc'olorfie chrétienne el de liturgie, t. 1. Paris, 1907, col. G3iS.

•' Piilr. Lut., l. LX\.\\l, col. 740 et s.

LES LIVRES PRHIITIKS

Ps. 109. IJixil.

\(. Tecum principium.

Ps. III. Beat 11 s uir.

i^. lucundus homo.

Ff . Iq memoria.

Ps. 1 13, In exila.

Page 1