Sacerdotes adapté sur Confirma^ de la Pentecôte
C. Quotiescumque adapté sur Factus est repente (g^rég^orien).
Hymne Pange lingua adaptée sur P ange lingua de la S^ Croix, chant simple.
Hymne Verhuni supernum adaptée sur Aeterne rex, de l'Ascension.
Hymne Sacris solemniis adaptée sur Sanctorum merids des Martyrs.
Répons Imniolahil adapté sur Te sanctum^ de la fête de saint Michel dans le rit monastique, xi^ siècle.
Répons Comedetis adapté sur Stirps Jesse^, pour les fêtes de la Vierge, du roi Robert le Pieux, xi® siècle.
Répons Bespexit adapté sur Videte niiraculum^\, pendant Foctave de Noël.
Répons Coenantihus adapté sur Qui cum audisset, de l'office de saint Nicolas, (inédit) xi*^ siècle.
Répons. //omo quidam adapté sur Virgo fïagellatur^ de Toffice de sainte Catherine, xi^ siècle.
' Texte et mélodie dans Dom Phevost, Recueil des Proses dWdam, p. 182, Poitiers, 1901, et Albry et Misset, les Proses dWdam de Saint-Viclor, p. 260, I^aris, 1901.
* Variae Preces, 3" éd., p. 207, Solesmes, iSgS.
'^ Processionale monaslicum, p. 186, Solesmes, 1893.
* Td., 25i. Sur la même mélodie, on a aussi adapté le Quîs dahit du dimanche de la Passion.
^ Id., 214.
124 Li: GRADUEL ET L'ANTIPHONAIRE ROMAINS
Le beau répons Unus panis^ qui était le IX^ de Toffice composé par saint Thomas d'Aquin, et qui est conservé dans l'office monastique, est adapté au célèbre Ex ejus tiimha de l'office de saint Nicolas*, et l'autre répons monastique Calix benedictionis, l'est à Solem justitiae'^ de Robert le Pieux.
Les grandes antiennes de cet office ont l'origine suivante :
0 quant suavis, adapté sur 0 Chrisli pietas^^ de roffice de saint Nicolas.
Ego sum panis, adapté sur Pax huic domui^, du rituel français de la dédicace (xi« siècle).
0 sacrum, adapté sur l'antienne correspondante de l'office propre de saint Bernard (xni*^ siècle).
Enfin, les antiennes ordinaires de l'office du Corpus Christi sont en grande partie adaptées ou imitées principalement d'après celles des offices déjà cités, de saint Nicolas, de sainte Catherine, et de celui de la Trinité.
Ces adaptations marquent une date, closent une époque : la veine de la composition liturgique est alors pour longtemps épuisée.
A partir du xiii'' siècle, on introduit des messes et des offices nouveaux, dont quelques-uns n'ont
' Varlae preces, p. 67.
* 1(1., 202, ou Processionale, i85.
' /{. C. G., III, liy.
^' Processiomde, 240. La version mélodique de VEijo sum panis, donnée par l'Edition Vaticane, est plus pure que celle cpii figure au Processionale monaslicum sur Pax huic domui.
eu qu'un temps, sans se préoccuper de les mettre en musique, La messe Recordarc, par exemple, pour les temps d'épidémie*, la messe votive de sainte Geneviève, Veneremur, employée en maints « propres » diocésains, n'ont souvent reçu de notation qu'à l'époque moderne.
Dès ce moment, c'est la fixité d'une tradition, (fu'on n'éprouvait plus le besoin de modifier, mais qui, avec la variété des livres mentionnés plus haut, était, sinon dans son essence, du moins dans la disposition de ses textes^ diverse suivant les églises.
NOTES ET DESCRIPTIONS I. Un Graduel supplémenté du XI<^ siècle.
Le manuscrit dont nous parlons ici est un admirable livre : l'antiphonaire des messes, écrit au XI® siècle, sur l'ordre d'un abbé des chanoines de la cathédrale d'Albi, à l'usage de cette église. Livre
' Le manuscrit 608 de l'Arsenal, f» 433, donne sur celte messe la très curieuse note suivante (nous réalisons les abréviations) :
Missa pro euitanda mortalitate quam Dominus Papa Innocencius sextus constituit in collegio cum dominis cardinalibus. Et concessit omnibus dicenlibus et audientibus CC.LX. dies indulgencie. et omnes audientes missam ad offertorium portantes unam candelam ardentnm per qiiinqiie dies continue sequentes mors siihitanea eis nocere non poieril (!). Hoc sancitum et approbatum per Dominum nostrum papam Innocencium.
Le manuscrit d'où nous tirons cette note est un beau missel noté, provenant de la Sainte-Chapelle. Il date du .\iv« siècle.
admirable par son exécution, comme par le soin infini avec lequel ses chants furent recueillis, nous le considérons comme un des plus précieux spécimens du répertoire grégorien*.
Ecrit en notation diastématique aquitaine, avec une rigoureuse exactitude dans la disposition de ses notes-points, ses versions mélodiques sont d'une grande pureté. Et, fait à peu près unique dans l'histoire du Graduel et de TAntiphonaire, il semble que son auteur ait tenu à donner tout ce qu'il a pu recueillir des chants liturgiques, anciens et nouveaux. Tous les nouveaux versets composés à Rome ou ailleurs, sont dans ce merveilleux livre : tous les anciens chants gallicans conservés dans l'usage français des églises aquitaines sont insérés à leur place, parmi le répertoire grégorien ; enfin, un bon nombre de séquences, de proses, de tropes absolument particuliers y sont ajoutés. Fait caractéristique : des alléluias composés ici ou là sur un même texte, mais avec des mélodies différentes, sont rassemblés dans ce manuscrit. Il offre donc un choix absolument extraordinaire à celui qui veut étudier le chant liturgique de ce temps. Il est au moins curieux qu'on n'ait pas songé jusqu'ici à reproduire ce manuscrit si remarquable, beaucoup plus intéressant, à coup sûr, pour l'histoire de la
> Bibl. Nation. Paris, lat. 77C.
liturgie et celle de la musique, que certains de ceux qui ont déjà eu cet honneur.
Ce manuscrit, de très grand format, avec belles lettres ornées, débute, au folio i, par un curieux labi/rinthe formé de vers latins qui, par un caprice de l'auteur, se croisent chacun en plusieurs endroits, de telle fa(;on qu'il y ait toujours une lettre commune à deux vers et à deux hémistiches se coupant : cette lettre est la lettre T, symbole de la croix. On lit ainsi :
Te Pius abba coHTua psallere munere posciT. Tibi formula laudum fulta Tua gloria lausque crebrescaT.
Te recolens vigeaTua quem pia gratia ditaT.
L'Antiphonaire proprement dit commence au folio 4 ^^1 par le Gregorius praesal. Viennent alors les messes du temps de l'Avent, dans l'ordre suivant * :
A. Ad te levavi. R.-G. Universi. Ail. f. Osteiide. — Ail, y. Spirilus Sanctus. AU. f. Osanna filio David. AU. y. Ecc^^ virgo^. Ail. f . Ave Maria. — 0. Ad te Domine. Prosa Invocaui le. C. Dominus dabit.
Dominica III. ante Natalem Domini.
A. Populus Sion. R.-G. Ex Sion. Ail. ^. Laetatus,
• Comparez, d'une part, avec le missel de Rheinau et le cantatorium de Monza (voir ci-dessus, p. 55), et, d'une autre, avec le Graduel Vatican. Nous indiquons en italique les additions du manuscrit d'Albi.
* Se trouve aussi dans le Graduel de Fontevrault, f» i3 v» {xiv« s.), à la bibliothèque de Jvimoges.
2** f. Slaiites^ — AU. f. Vir Iules caeli. Ail. f. Deus a Lihano. — 0. Deus tu convertens. Pr. De caelo Deus; alia Prosa : De caelo plebem.
Natale S. Luciae.
A. Dilexisti. K.-G. Dilexisti. AU f. Diffusa est. — AU. f. In lua paciencia. AU. "J. Diffusa esl^ (autre mélodie). — 0. Offerentur. Pr. Lucis aucloris. G. Diffusa est.
Dominica II ante Natale {sic) domini.
A. Gaudete. R.-G. Qui sedes. AU. f. Excita. AU. f . Ve ni Domine '^. Pr. Facinora plein laae. Benedixisti. Pr. Da nohis potenti. G. Dicite.
[Hien de particulier pour les IV Temps ; la messe suivante est formée d'emprunts à diverses fêtes d'apôtres.]
S. Tome apostoli.
A. Michi autem. R.-G. Nimis. AU. f. Nimis. 2*^ f . Dinumerabo. — AU. ^. Conslitues. 0. In omnem. G. Vos qui seculi.
Dominica I ante Natalis (sic) Domini.
A. Mémento nostri^. R.-G. Prope est. — AU. f . Rex noster. AU.^. Propeest^. AU. f. Mémento. AU. f.Sion, noli limere. — 0. Ave Maria. Pr. Increpare opimo. Pr. Nilet Maria virc/o. G. Ecce virg^o.
Vig-ilia Natalis Domini.
A. Ilodie. R.-G. liodie. — AU. f. Ilodie. AU. f . Cras-
' Alléluia à deux versets, employé ainsi à la procession pascale. Le deuxiè-me verset, que d'excellents manuscrits ne donnent pas pour le II® dimanche de l'A vent, est sorti de rusaf^e.
- Gal({uc sur Pâruliiin, de la procession pascale, se trouve, suivant les manuscrits, tantôt à une messe, tantôt à une autre. Dans le Graduel romain, il est resté fixé au IV"' dimanche de l'Avent.
^ Voir ci-dessus, p. gS.
'• Graduel de Fontcvraull, f" 17 v".
LE >IOYK\ AGE 129
tina die. Ali. f. Crastina die (a® mélodie). AU. f . Crastina die ;i^'mélodieV AU. f. Veni^ Domine (mélodie différente decelle du II' dimanche). — 0. ToUite. Pr. Preparauit haec conditor solis. Pr. Preparauit aeternus et démens, G. Revelabitur,
De. I.Gallu(^sfcV.
A. Dominus dixit. R.-G. Tecum. AU. f . Dominus dixit. AU. ^.Dominus dixit {2" mélodie). 0. Laetentur. G. In splendoribus.
Deluce.
A. Lux fulg^ebit. R.-G. Benedictus. AU. f. Dominus regnauit. AU. f. Fulgebit lux vera. 0. Deus enim. Pr. Die nos Christe ista. Pr. Mirum fecit Dominus. G. Exulta.
Ad processionem antiphonas (sic).
0 quam casta mater. — 0 Maria, Jesse virga^. — O heata infantia^. — Laetare virgo^.
In die ad missam maiorem.
A. Puer. R.-G. Viderunt. AU. Pr. Natus est nobis hodie. ^. Multifarie^. Pr. Multis locutionibus . AU. Dies sanctificatus. 2® ^. Ortus est. AU. f. Dies sanctificatus (autre mélodie). Pr. Natus est nobis Dominus. 0. Tui sunt. Pr. Prolis ecce jam. Pr. Dextera Dei. Ant. Emitte Spiritum^. G. Viderunt.
' Pour / Gallicanlu.
- Processional de Solesmes, p. 253.
3 Id., p. 37.
* Id., p. 257,
^ Graduel romain, au i«r janvier.
•^ Admirable confractorium ou antienne accompagnant la fraction des hosties, à la communion générale du jour de Noël, reste du répertoire gallican. Cette antienne a été l'objet d'une étude de Dom Pothieh, dans Revue du chant grégorien, V (1896), p. 65 et s., et d'une de Dom Cagin, dans son livre sur le Te Deum^ Paris, 1907.
Dans les nombreux versets d'alléluia que contient le manuscrit albigeois, plusieurs ont les mêmes mélodies. Ainsi, dans ce qui précède, Ecce virgo est adapté sur le Laudatè Dominum grégorien (n'est plus en usage); le second chant de Diffusa est celui du Laefabitur (n'est plus en usage*, mais a servi à Caro mea, etc.); Ni mis est sur le chant diOstende, etc. Aux trois formes sous lesquelles cet antiphonaire donne le Crastina die, il faut en ajouter une quatrième, celle adoptée dans la Vaticane. Toutes quatre sont d'ailleurs des adaptations à des mélodies plus anciennes, excellente référence offerte au critique.