‹ Le graduel et l'antiphonaire romainsChapitre 47 sur 85 · III. Un Graduel du Xl\^ siècle · texte numérisé non relu

III. Un Graduel du Xl\^ siècle

Les Graduels, du xii'' au xvi® siècle, à l'usage de l'église de Paris, sont d'intéressants spécimens de livres très classiques, où les additions n'ont été admises qu'avec discrétion. Ces graduels offrent le type qui a fini par prévaloir, avec la division gélasienne: Dominical, Sanctoral. Nous les décrivons d'après le beau manuscrit qu'on vient de désigner, et qui en oflVe un type parfait. Ce livre noté date des premières années du xiv^ siècle, lorsque la Procession du Corpus Chi^lsti eût été instituée (voir illustration) ; il appartenait au collège de Navarre.

Par rapport à l'Edition Vaticane, voici les différences que présentent les graduels de ce genre : on verra qu'elles sont peu nombreuses.

Du I*''' dimanche de l'Avent au mercredi des Cendres, aucune divergence.

Le mercredi des Cendres, pour l'absoute des pénitents, l'imposition des cendres et la procession : rT. In sudore. Rf. Ecce Adam. Ant, Exaudi nos. Juxta veslibulum. A. Misereris, etc.

i*"'' Dimanche de Carême, le R.-G. Amjelis suis est du ^ ton; le lundi, c. Voce mea^', le

* Disparue du romain pur : la mélodie en a été utilisée par Dom Pothiep, dans le Graduel "S'atican, pour la communion Veritas mea.

samedi des Quatre-Temps, cantique Benedictus es^.

Le samedi avant les Rameaux : O.Collegerunt^ f. Ne forte, f, Unus. C'est la pièce usitée au romain comme Rf.- graduel pour la bénédiction des rameaux.

L'ordre de la bénédiction et de la procession des rameaux est très différent du romain. Nous regrettons que la place nous soit mesurée, pour reproduire ici au long cet ordo, avec les observations qu'il comporte mais qui sont surtout d'intérêt local. Il renferme les chants suivants (nous marquons d'un astérisque ceux qui ne sont pas ou ne sont plus au romain) :

Ant. Cum appropinquasset . r(. Circiimdederunt'^*, Ant. Cum audisset. Ave rex noster^* .Wymne, Gloria laus.ï{. Ingrediente. Ceperunt*. Occurrunt. Pueri Hebraeorum vestimenta. Pueri Hebraeorum tollentes ramos. Tota pulchra es''".

Le Jeudi Saint, au Mandatum, les antiennes sont les suivantes :

Mandatum. Diligarnus nos*. Postquam surrexit. In diebus illis^. Si ego. In hoc. Vos vocastis me. Ante diem fes(um*. Venit ad Petriini *. (Le touchant

^ Nous avons donne l'histoire, le texte et la mélodie de ce cantique dans Ilisloire du chnnl lilurçjique ;) P.iris^ p. aa et s.

* Processional de Solesmes, p. 52,

3 Utilisée par Dom PoMlicrpour le )'. d'alléluiaqui commence par les mômes mots, à la messe votive de la Passion.

* Môme Processional, p. 274.

'-> Antiphonaire, fôte de sainte Marie-Madeleine.

Ubi cari f as est une création probablement romaine, tt ne se trouve pas dans les anciens livres français.)

Les vêpres de ce jour sont notées dans ce missel : ellos sont semblables à celles de l'Antiphonaire Vatican. •

Le Vendredi-Saint, à l'Adoration de la Croix :

Popule meus (avec ses versets) et le Trisagion. Ecce lignum, avec le ps. Deus miserereatur. Tuam Crucein*. Crucem tuam. A dor émus Cruels signaculum*. Pange lingua. Vexilla. Super omnia **. (Les impropères commençant par Fgo sum ne se trouvent pas dans les anciens livres français.) 0 crux gloriosa-*.

Le Samedi Saint, l'antienne des Vêpres est Alléluia quoniam in aeternum.

Le dimanche de Pâques, l'alléluia, f. Pascha nostrum a le second ^. Epulemur ^. Depuis le lundi de Pâques jusqu'au dernier dimanche après la Pentecôte, les divergences ne portent guère que sur l'ordre et le choix des alléluias, qui est légèrement différent.

Dans le Sanctoral, ne figurent pas, bien entendu, les fêtes de saints instituées depuis ce temps. Les anciennes ont absolument les mêmes chants que dans le romain, à part les exceptions suivantes :

• De l'ofTice de la sainte Croix, à Benedictus,

* Variae precea de Selesmes, 3« éd., p. 147. " Publié dans notre Cours, p. 149,

SS. Innocents. A la place d'alléluia : Laus tua Deus. f. Herodes iratus^ .

Au 2 février, à la procession, en supplément, Ave gratia plena^, et Hodie beata,

S. Benoit : trait. Domine non aspicias. SS. Philippe et Jacques : 2'' ail. f. Ite nunciate. S^ Croix, 2^ ail. f . Surrexit. G. Per ligniim. S. Jean-Baptiste, ail. ^. Inter natos. SS. Jean et Paul, Isti sunt.

C'est l'Assomption (le primitif Natale sanctae Mariae du manuscrit de Monza) qui a le plus de changement vis-à-vis de ce qui a prévalu : R.-G. Benedicta ^, ensuite six versets d'alléluia ad libitum^ deux offertoires^ et trois communions ; la raison en est que c'est là qu'on puisait les éléments des messes votives de la S. Vierge, dont l'ordre n'avait rien de fixe.

S. Barthélemi, all.f . Vox sancti. S.Jean-Baptiste (décollation), ail. f . Mlsso. Nativité de la S. Vierge, ail. f. Gloriosa. SS. Anges, ail. f . In conspectu. S. Martin, ail. t- ^c Martinus.

Les Communs sont déjà formés, mais en agglomérant, comme on Ta vu pour l'Assomption, les

' Verset tradiLionnel dans l'ancienne liturgie parisienne, qui a son rôle dans l'origine et l'histoire des motets ; voir AunnY, Cent motets du XI IL siècle, t. III, p. 16-21, Paris, 1908.

« V urine preccs, p. 99.

" Des messes votives.

Li: MOVKN AGK 137

pièces du même p^enre. Nous prenons comme type le Commun d'un martyr; il comprend à la suite :

A. Letabitur. In virfufe. Prolexisti. Juslus ulpalma. Jnstus non conlurbabilur*. Gloria et honore*.

R.-G. Posiu'sti ^ *. Juslus ut palma. Beatus vir. Juslus non conlurbabilur {= Juslus cum cecideril).

Ail. Lelabilur*. Preciosa. Juslus ut palma. Posuisti. Bealus vir qui su/ferl. Gloria et honore. Beatus vir qui limet. Juslus non conlurbabilur.

0. In virtule. Juslus ut palma. Gloria et honore. Confilebunlur. Bepleli sumus* . Posuisti.

C. Posuisti. Magna est. Qui vult. Letabitur. Ego suni vitis *. Qui michi ministrat.

Enfin, il y a un Ordinaire de la messe, dont voici l'analvse :

1 . Aux vigiles de Pâques et de la Pentecôte : Kyrie, g-enre du XVIII de la Vaticane, Gloria I (mais avec finale du VIP ton), Sanctus et Agniis de la même messe.

Page 1