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messe n^ XVIII, Kyrie; messe n» XV, Glorin ; (^rcdo 11** I ; formules des Toni communes, etc.). La simple tradition orale et l'usage, quotidien ou pres({ue, suffisaient à en assurer la transmission fidèle.
A leur tour, les hymnes en vers, dont sjiint Ambroise fournit les modèles, s'introduisent dans Toflice divin. D'abord canti(|ues purement populaires, elles sont adoptées par les moines ; saint IkMioît les prescrit à ses disciples. Elles tardent, à Home, à faire partie du service officiel, et, de lono^temps, ne furent point admises dans la chapelle pontificale : on ne s'étonnera donc pas quelles n'aient point place dans le vieil antiphonaire papal.
(Cependant, èi la fin du vi^ siècle, Grégoire le Grand en écrivit pour le service monastique : mais ces hymnes étaient peu nombreuses, presque toutes sur la même versification, dans le style des amhrosiennes, et partant, pouvaient s'exécuter sur quelques rares timbres populaires et faciles, une demi-douzaine peut-être, que les recueils postérieurs ou hymnaires nous donnent, indépendamment de lantiphonaire, auquel ils ne furent joints que beaucoup plus tard'.
' I.a seule étude musicale de quelque importance faite sur les Hymnes de l'ofjïce rotnaiîi est celle de J. Pauisot, dans Tribune de Saint-Gervais^ V, 167 et s. Aux points de vue liturf;i(jue et historique, voyez Dom U. Bermîîki:, dans la Revue hénédicline, XX\\ oôy.
LE r.RADll-L RT L'AMIPHONAIRK ROMAINS
En dehors des récitatifs et des rares hymnes, hi plus grande partie du répertoire liturgique, au vi*^ siècle, consistait donc en antiennes et en répons (antiphonae, responsoria).
Les antiennes et répons soit de la messe, soit du cursus diurnal ou nocturne étaient tous — la plupart le sont encore — à reprises et à refrains.
Ce qui caractérisait le chant avec antiennes ^ c'est qu'il était exécuté par les chœurs alternés, lesquels se réunissaient pour reprendre l'antienne.
Dans le répons, un soliste ou un groupe seul chantait les versets auxquels répondait le chœur entier.
Le trait, cependant, n'avait, comme aujourd'hui ^ ni antienne ni répons; rolTertoire, bien que classé, à cause de ses toutes premières origines, parmi les antiennes, était chanté en grande partie comme un répons,
La forme de toutes les antiennes était donc, sans autre exception ; A
A, etc.
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Celle des répons :
G -f A, etc.
Mais, peu à peu, ces reprises ont paru interminables. Pour les refrains des antiennes, dont certaines n'étaient d'ailleurs que des akroteleuteiai primitives ', on est revenu, dès le x*" siècle, à l'usage de celles-ci, en se bornant à dire l'antienne seulement au début et à la lin de la psalmodie"-.
Quant aux répétitions des répons, déjà, au VIII* siècle, les usages différaient. Ainsi, à Rome, après chaque verset, on faisait toujours la reprise intégrale*, dans les Gaules, on en supprimait une partie, en ne faisant cette reprise qu'à partir de la seconde moitié du chant "^ L\isage gallican a fini par prévaloir. Même, pour le répons graduel, si la rubrique insérée dans l'Edition Vaticane a indiqué les reprises, elle a dû laisser la liberté de les faire ou de les omettre ; dans la pratique — et c'est souvent un tort — on ne les fait presque jamais, parce que la forme mélodique, en général, n'en .souffre pas ^.
' Les antiennes fériales, par exemple, du psautier traditionnel.
* ("A. la vie de saint Odon de Cluny, par Jean, 1^ I, c. lo, (Pair. Lit., t. CXXXIII, col. 48).
•'• Voir Amalairk, De ordine anliphonarii. Pair. Lat., t. G\', col. 124 et s,
* Nous indiquons les cas où ces reprises sont indispensables,
1 ; Li: (iHADi i:l i: t i/antiphonaire romains
Dans Tensemblo du texte et de la mélodie, les diverses variétés de ces antiennes et répons étaient les mêmes que l'on peut encore constater en parcourant les livres actuels, aux exceptions suivantes :
a) Les offertoires étaient tous pourvus de versets aux mélodies longues et très ornées, souvent d'exécution très difficile. Deux des plus anciens manuscrits grégoriens ne les contiennent pas* ; on devait sans doute ne les exécuter que là où une nombreuse assistance allongeait la cérémonie de l'ofFrande pour laquelle ils étaient composés.
La plupart sont à la longue tombés en désuétude» quelques-uns ont été détachés pour former de nouveaux offertoires sans versets -.
b) Les antiennes de communion avaient des versets semblables à ceux de l'introït.
Dans la messe des morts, plus tardive cependant conmie composition, Toirertoire et la communion offrent encore une partie de la physionomie primitive de ces genres de chant.
c) Enfin, certains répons de la messe et de l'office avaient deux ou trois versets. Pour les
dans Nouvelle tnêlhode prulique, p. 7.") et 7G, Paris, Socictô créditions du chant grt'i^orien, 1911.
' Le missel de Uheinuii, vin" siècle, et Tantiphouaire annexé {iu sacranientuirc écrit pur Uodrade d'Amiens au i.\c siècle.
* I^cs uns et les autres sont indicjués au cours de ce livre, dans l'analyse du (iraduel.
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répons clo la messe, chacpe verset avait une mélodie spéciale; leur suppression, ainsi que celle des versets d'olTertoire, est donc une diminution de la richesse mélodie [ue de Tanliphonaire gTé^orien. Quant à ceux de l ottice, leurs divers versets se chantaient sur la même formule, le même ton, qui convenait au mode musical de la pièce.
Encore une fois, ces sortes de répons étaient rares : VAspiciens des matines de l'Avent est resté sous cette forme * ; le Libéra de l'absoute a également le même jeu de versets et de reprises, mais, plus moderne de composition, change de mélodie
à chaque verset.
Tous ces chants s'exécutaient par cœur. Seul, le chef de chœur ou le soliste avait entre les mains le livre qui contenait les mélodies, et quelquefois seulement les textes.
Mais, la difficulté que nous soupçonnons, à étudier et retenir ainsi une si grande quantité de chants, est fort amoindrie, si nous songeons qu'un nombre considérable de ces pièces est exécuté sur les mêmes mélodies, timbres^ forum les et centons, adaptations.
Les érudits entendent par timbre une mélodie-
' Processioiiale monuslicum, Solesmes, 1893, p. 18,
type, comme celle par exemple des chansons populaires, susceptible de s'adapter à toutes sortes de textes variés.
Dans l'antiphonaire grégorien, le timbre règne en maître, pour beaucoup d'alléluias, et la plupart des antiennes de l'office *. Ainsi, sur quatorze versets alléluiatiques du 2"" ton, que Tusage a conservés de l'antiphonaire primitif, il y en a dix sur le même air; la proportion est à peu près la même pour ceux du 8e ton. Sur douze cents antiennes ordinaires, la majeure partie est réductible à une trentaine de types. Tous les graduels in A, saut' deux, suivent à peu de choses près la même mélodie, etc.
A côté du timbre, nous plaçons la formule. Ici, ce ne sont plus des mélodies entières, mais des cadences, déterminées d'avance, écrites en vue de servir soit d'initliini^ soit de médiat io ou de terminaison. Il en est pour chaque échelle musicale et pour chaque genre de chant. Aussi, lorsqu'on a étudié, par exemple, et (jue l'on sait, les sept répons-graduels du 5" ton servant aux fêtes qui vont de Noël à l'Epiphanie, on sait à peu près dans leur entier les soixante et quehpies compositions de même ordre.
1 Gi;vAi:i<T, 1,1 Mélopée unlifiuc, duns le chant de IJùjUsc latine, a dépouilK'* et étudie le catalogue Ihématique complet de CCS dernières, avec leurs diverses niodilieatifjiis.
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Le procédé de la formule, étendu à plus qu'une cadence, mais à toute une phrase ou partie de [)hrase, devenait le centon.
Les graduels du 5*^ ton plus haut sii^nalés, les traits, ont souvent leurs versets ainsi « centonisés », ot, sans doute, c'est ce qui faisait donner aussi au livre de chant grégorien, comme nous le rapporte Jean Diacre*, le nom à' antiphonarius cenlo.
Toutefois, certaines espèces de chant n'admettent point, dans l'Antiphonaire primitif, l'emploi de timbres ou de formules, non plus que de centons. Ainsi, les antiennes d'introïts, d'offertoires, de communions, pour la messe, celles à Benedictus et il Magnificat, pour les heures, avaient chacune leur mélodie propre.
Mais d'assez bonne heure, pour les textes nouveaux, à côté du timbre, de la formule ou du centon, on imagina l adaptation à des mélodies diverses. En soi, le genre est-il condamnable? On peut le soutenir. Cependant, deux parmi les plus grands génies musicaux, Bach et Haendel, en ont fait grand usage, en puisant dans leurs œuvres propres, ou même, comme ce dernier, parmi les icuvres des autres. Mais ces deux musiciens, en transcrivant ainsi des airs déjà composés pour d'autres paroles, avaient soin de les modifier en
• Vie de saint Grégoire, 1. H, c. vr, Pair. Lat., t. LXXV, col. QO.
CjASToiK, Graduel. 2
JS Li: GRADl I:L KT L'AMI l»HU> aire ROMAINS
quoique point. Les anciens maîtres jj;Té**oriens,. lorsque le genre commença à s'introduire parmi eux, suivirent exactement le même principe. Il fut depuis en grand honneur. Souvent dans les bas siècles, l'adaptation l'ut mal faite, et nous en citerons des exemples; k côté de ceux-là, il en est (le vraiment excellents.
Mais, dans V Antiphonaire authentique, il n'y avait point de ces adaptations. Le seul exemple, peut-être, (|u'an en puisse citer, est rofTertoire Exsultahunt^ pour Toctave des Apôtres. Encore ce chant, passé depuis au. commun des martyrs, est-il moins une adaptation, très large, qu'une imitation de YOfferentur du 4^ ton, au commun des vierges ; il faut être prévenu pour s'en apercevoir. Plus tard, on fut loin d'être aussi discret et habile, et, dès les additions (jue l'xVntiphonaire oi'èo-orien subit vers l'an 800, nous aurons à en. signaler.
Lors({u'il fut constitué, le livre qui contenait le répertoire du chant romain ne renfermait donc, uniquement, que des antiennes et des répons. Et la seule collection de ce genre dont on se soil servi dans les offices de l'Eglise Romaine porte, dès le VIl^ siècle^, le nom de saint Grégoire le Grand.
Quel(|ues esprits criticjues de notre temps ont
' ËouEiiT d'Vork le désigne aiiiHi (voir textes plus loin, p. /il).
LES LIVUrS IMUMITirS W)
paru étonnés qu'inie publication aussi importante que coUo do l'Antiplionaire grég'orien n'ait laissé aucune trace clans le r'C(jistrum des îictes officiels du pape Grég'oire P^ I^a raison en est fort simple : il ne s'est agi ici, tout d'abord, ([ue de détails intérieurs de la cour pontificale. L'AntiphonairCj c'était le répertoire de l;i Scola canloruni ou chapelle papale ; un point, c'est tout. Il est même probable que, pendant longtemps, à part Tintroduction du chant romain en Angleterre, ce répertoire resta simplement celui de la Scola pontificale. Ce n'est que peu à peu qu'il s'introduisit ailleurs : à Rome même et en Italie, au ix% au xf, au xiT siècle, quelques antiques basiliques conservaient encore la forme primitive du chant *.
Les livres de cette collection, dans l'ensemble, et dans les divisions générales, différaient de l'ordre actuel des livres aux({uels nous sommes accoutumés. 11 en était ainsi, d'ailleurs, des autres églises latines. Dans le rit vénérable de l'église de
' Dom Andovkk, le Chunt romain anlécjrégorien, dans H. C. G. XX (1912) p. G9-75 et 107-114. Une suite a été donnée par le même auteur, dans le tome XXI (1912-1913, comme étude sur la Liturgie hénévenline et ses formes spéciales de chant. Cf. d'ailleurs la bulle de saint Léon IV, publiée par Dom Moiu>, les Véritables origines du chant grégoricriy 3' édition, p. i5, Maredsous, 1912.
Nota. — Au cours de cet ouvrage, on désignera par R, C. G. la Bévue du chant grégorien publiée à (Jrenoble par les Béné- «liclins, et que nous aurons souvent à citer.
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Milan, par exemple, tous les chants sont contenus, messes ou offices diurnes et nocturnes, suivant Tordre même de leur exécution, dans une collection unique, nommée toujours antiphonaire.
En ce qui concerne le rit romain, depuis la recension grégorienne de ses chants, on a toujours séparé les unes des autres les mélodies chantées à la messe ou à la procession, et celles de l'office diurne et nocturne. Cependant, ainsi qu'à Milan, on nommait couramment l'ensemble de la collection Antiphonaire. A vrai dire, il ne pevit s'agir ici d un titre officiel, « antiphonaire » signifiant <( livre (les antiennes » ; or, loin de n'avoir que cette espèce <le chant, ce livre de chant contient aussi tout autant de répons.
De fait, aucun manuscrit, parmi les plus anciens, ne porte le titre d' « antiphonaire ». Ceux-ci n'ont d'ailleurs pas de titre spécial; ils offrent simplement, au début, la mention : Incipiunt responsoria et antiphonae per anni circiiluni, c'est-à-dire : \Ici] commencent les répons et antiennes pour le cours de Vannée, qu'il s'agisse soit des chants de la messe, soit de ceux des heures.
Ce recueil était donc le livre des antiennes et des réponse Sous le terme antiphonarius ou antipho-
» Voir Orinines, p. a45 cl 24O. Amai.viiu:, De online Antiphonnrii (prologue) dit cependant avoir vu à Home (juelqucs manuscrits séparés contenant uni(iuement des antiennes ou
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unie, on signifiait [)lus particulièrement la partie qui contenait les chants de la messe ; la partie qui contenait les autres cliants s'appelait plus spécialement responsale, surtout quand il s'agissait des chants de Toftice nocturne. Il y avait également un extrait de l'antiphonaire des messes : le f/radide (lihcr gradalh^ et plus tard graduale)^ ou cantatoj'iuin, qui comprenait les chants réservés aux solistes : graduels, alléluias, traits, offertoires. Les termes mêmes sous lesquels on désignait aux vm' et ix'' siècles ces parties du livre grégorien, ont peu à peu changé de sens. Le mot Antiphonaire a fini par être réservé au recueil du chant des heures, spécialement celles du jour; Responsal ou Responsorial sert pour le recueil de l'office de nuit ; le vocable de Graduel s'applique maintenant à la collection entière des chants de la messe.
Il est à remarquer qu'à l'époque ancienne, malgré l'institution de fêtes nouvelles, on n'augmentait presquepasTAntiphonaire des messes; au contraire, on ajoutait sans difficulté de nouvelles compositions à celui des heures, dont la majeure partie est ainsi très postérieure au Graduel. D'où les
des répons. On a récemment signalé des manuscrits espagnols analogues. Voir Dom M. Sabi.ayrolles, A la Recherche des M.'tnuscriis Grégoriens Espagnols (lier IlispanicumJ, dans Recueil de la Sociélé Inlernalionale de Musique, XIII (1912), Liv. 2 et 3.
•>> LE GRADIKL KT LAMIPHONAIRE ROMAINS
conclusions variées (jue certains auteurs ont tirées à propos de Tœuvre grégorienne, en envisageant soit l'une, soit Fautre, de ces parties de TAntiphonaire.
Mais ces compositions supplémentaires, avant la fin du vin^ siècle, n'étaient pas nécessairement insérées dans le livre ; certaines compositions que nous possédons par ailleurs sortirent même do Tusage romain avant d'avoir été transcrites dans le répertoire officiel. Aussi, tandis que les savants modernes n'iiésitent pas à considérer TAntiphonaire de la messe comme représentant à peu près intégralement une oi'uvre authentique de Grégoire le Grand, sont-ils moins affirmatifs quand il s'agit de l'Antiplionaire de l'office, tel que nous le connaissons.
L'Antiphonaire grégorien ne connaissait pas de <listinctions entre le « propre du temps » et le « j)ropre des saints ». Il suivait l'ordre du Sacramenlaire de même origine (v. p. .'Î6 ot 37), avec les fêtes du sanctoral mêlées parmi les dimanches et les fériés.
Le Graduel, ou Antiphonaire proprement dit, était de beaucoup la ])artie la plus importante à l'origine. Les mêmes fêtes, cpii avaient une série <omplèle de chants pour la messe, n'avaient parfois rien pour les heures. Au moment où l'Antiplionaire grégorien se répandit dans les Gaules, à
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partir de 700, surtout après 780^ son ordre général était le suivant :
1 Les crochets indiquent les additions des vu' et viu*^ siècles ; l'astérisque, les fêtes pourvues d'un office dans le responsal. j