‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 62 sur 76 · Les Béo-uînes ne portent ]c l»lcu que les jours de fôto · texte numérisé non relu

Les Béo-uînes ne portent ]c l»lcu que les jours de fôto

n KO r IN AGE — 9

LE GRAND BEGUINxVGE DE GAND

aisées et le langage est d'une simplicité charmante. Le temps fuit rapidement et, lorsque vient le moment de partir, on sent que pareille visite laissera d'aimables souvenirs.

SAINTE BEGCUE, PATRONKE DES BÉGUINES

On ne part pas toutefois sans parcourir Y infirmerie, dont la physionomie est déjà connue du lecteur, par les descriptions que nous avons faites du vieux Béguinage. Il est d'autant plus

inutile d*y revenir que les nouveaux bâtiments ont le même caractère archaïque et que le mobilier est celui des anciens locaux, disposé ici comme il Tétait là-bas. C'est une véritable reconstitution faite par des mains naïvement fidèles. S'il reste, parmi les infirmes et les malades, quelque demoiselle du vieux Beggynhof, elle peut s'y croire encore et mourir dans Tillusiôn de ne l'avoir jamais quitté.

Cependant, il faut l'avouer, l'oratoire annexé à l'infirmerie est bien différent de celui que la sœur Thérèse Verhaeghe avait érigé dans l'enclos de Gand, en l'honneur de saint Antoine : c'est presque une église, d'un style excellent, remarquable surtout par l'empressement des fidèles auprès du bienheureux patron et de la sainte Béguine, dont on y conserve l'image. '

Après leur avoir payé, à tous deux, le tribut de notre vénération, il ne nous reste plus qu'à repasser le seuil de la porte méridionale, en formulant le vœu adressé à saint Michel, le jour de l'inauguration, par les amis du Béguinage : « Sint Michiel, Gij goede ziel, zorg dat hier nooit fen'geuzenbend doe als de boozen der stad Gent. » — Saint Michel, ô bon patron, veillez à ce que jamais une bande de Gueux ne fasse ici ce qu'ont fait les mécréants de Gand !

Hélas 1 tout est possible et, s'ils en étaient libres, les mécréants d'aujourd'hui seraient bien capables d'imiter leurs devanciers. Espérons, toutefois, que l'archange, préposé à la garde de la paisible cité, la défendra de toute atteinte, et que ce paradis

terrestre — Aardsche Hemel, comme disaient les Béguines, en y entrant — restera, pendant des siècles, le jardin fermé, où, suivant l'Écriture, FÉpoux divin respire, dans le calme et la fraîcheur, le parfum des roses et des lys^,

1. tlJortus conclusus », Cant., iv, 12. — Jd, vi, 2, et EccîL, l, 8.

Fr. M.-J. OLLIVIER, des Fr. prêcb.

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