‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 61 sur 76 · lievue générale y ibld., p. 93 et · texte numérisé non relu

lievue générale y ibld., p. 93 et

m LE GRAND BÉGUINAGE DE GAND

en s'accotant au mur d'enceinte. La façade du logis dessine une large baie, au centre de laquelle un bas-relief de marbre blanc représente sainte Elisabeth, dans un encadrement trilobé dont la base est ornée des armoiries d'Arenberg ^. A droite et à gauche, des fenêtres éclairent la salle qui domine la voûte d'entrée. S'il y avait herse et pont-levis, l'illusion serait complète : mais c'est la cité de la paix, et le poste de garde est occupé par des Béguines, au lieu des reîtres et des lansquenets qu'on s'attendrait à y trouver. Par l'ouverture béante, l'arrivant aperçoit les contreforts de la chapelle Saint- Antoine et, tout au fond, la façade de Sainte-Elisabeth : il peut entrer sans crainte, — riche ou pauvre, — il est sûr d'être bien accueilli.

S'il lui plaît, avant de s'engager sous la voûte, de sonner à la petite porte qui s'ouvre à sa droite, il trouvera dans leur presbytère ^ l'aimable curé du Béguinage et ses deux coadjuteurs, tous trois religieux du couvent de Gand et continuateurs de la tradition, six fois séculaire, qui unit l'histoire des Béguines à celle des Frères prêcheurs ^. S'il a besoin d'un introducteur auprès de la Grande-Dame, il n'en saurait trouver de préférable, surtout s'il est de ceux qui se recommandent spécialement aux égards. Suivons-le jusqu'à Vinjirmerie, où sa visite est annoncée et sera la bienvenue.

Sur le perron de la pittoresque résidence, voici la Grande- Dame, en robe bleu de ciel, qui la distingue de ses subordon-

1. De gueules à trois quintefeuilles d'or, posées deux et une.

2. Le Béguinage a, près de la porte du Nord, un autre presbytère où réside un prêtre séculier.

3. Le directeur avec lequel je visitai, pour la première fois, le nouveau Béguinaiçe, était le R. P. Vincx^ raort en 1901 et remplacé par le R. P. Boen, actuellnincnt eu charge.

A LUNTÉRIEUR DU BÉGUINAGE

nées * ; avec un gracieux sourire elle reçoit les salutations de ses visiteurs et les introduit dans le petit parloir qui lui sert de salon. MmePhilomèneRaes, supérieure générale du Béguinage, depuis 1879, est une femme d'un esprit aussi bienveillant que fin, de manières gracieusement réservées, parlant très bien notre

EXTÉRIEUR DE l'ÉGLISE DU NOUVEAU BÉGUINAGE

langue et mettant à Taise ceux qui ont l'honneur de l'approcher. Elle est d'ordinaire accompagnée d'une secrétaire, dont la modestie s'efforce de cacher ses rares qualités, mais à qui l'on ne tarde pas à rendre pleine justice. La conversation prend vite une allure facile et gaie. Rien de plus propre à étonner ceux qui prêtent, si gratuitement, aux habitantes des monastères un langage et des formes de commande : les formes sont

Page 1