‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 66 sur 76 · Notice sur les monuments primitifs, en appendice, n» xix · texte numérisé non relu

Notice sur les monuments primitifs, en appendice, n» xix

Si grand que soit le respect du à llUustre écrivain, il est permis de le trouver injuste pour Alain de la Roche, et mal renseigné au sujet des documents qu'il rejette avec tant de mépris. Mais il est regrettable qu'on Tait cité à l'aveugle et sans prendre le soin, bien naturel pourtant, de contrôler son témoignage.

En tout cas, s'il méconnaissait la valeur des documents allégués par Alain de la Roche, il est douteux qu'il eût traité de même ceux que produit le P. Touron, dans sa Vie de saint Dominique ^. Cet auteur, suffisamment connu et estimé pour n'avoir pas besoin de notre éloge, cite deux textes bolonais, — l'un de 1347, l'autre de 1430, — par conséquent antérieurs à la prédication d'Alain de la Roche.

Le premier appartient à Galvano Braggia, écrivant durant la peste qui ravagea l'Italie au quatorzième siècle, — « peste, anno salutis 1347, minitante », — et disant : « Rosarii demum tuo nostroque primum hic auctore Dominico. »

Le second est emprunté à la chronique d'Agostino Annelli, rédigée en 1430, d'après des manuscrits contemporains de saint Dominique et spécialement d'après Luminosi de Aposa, agent public de Bologne, au temps où le bienheureux patriarche habitait cette ville. Or, dans les notes de ce dernier, Annelli avait relevé la mention d'une image de Notre-Dame du Très saint Rosaire, placée par Dominique lui-même, en l'église de Saint-Nicolasdes-Vignes, le samedi, veille de la Pentecôte, l'an 1220. — Dans les mêmes notes, à la date de 1221, on rappelle la prédication, par Dominique, de la dévotion du Rosaire, dont il est dit : « La propria gran devozione Dei misteri del S. S. Rosario », — qu' Annelli appelle lui-même : « Le psautier de la sainte Vierge. »

Le P. Lacordaire n'a sûrement pas pris garde à ces documents : il n'aurait pu dire que « personne ne les a vus », et que leurs auteurs sont « des gens que personne ne connaît ».

De même pour le testament du prêtre Antonin de Sers, que Mamachi nous a conservé 2, et qui mérite de notre part une attention particulière.

D'après ce document, Antonin de Sers était originaire de Narbonne, et résidait à Palencia, où il était confesseur des étrangers et plus spécialement des marchands de Cahors {Caiurce), organisés en société ou corporation.

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